Le rôle clé des juristes de la french tech

Le potentiel des juristes dans les sociétés technologiques françaises est sous-estimé. C’est du moins ce qu’il ressort d’une étude publiée par Leeway, Fed Legal et Andco Law consacrée à ces professionnels qui constituent pourtant un vecteur de croissance de la french tech.

Le potentiel des juristes dans les sociétés technologiques françaises est sous-estimé. C’est du moins ce qu’il ressort d’une étude publiée par Leeway, Fed Legal et Andco Law consacrée à ces professionnels qui constituent pourtant un vecteur de croissance de la french tech.

La start-up du droit Leeway, le cabinet de recrutement Fed Legal et l’alliance d’avocats Andco Law se sont alliés pour récolter et analyser des chiffres inédits. Le cœur de leur étude : le rôle des juristes dans la french tech, destinée à mieux connaître leur identité, leur parcours, leur position dans l’entreprise, le profil des directions juridiques dans lesquelles ils évoluent, leurs priorités pour 2021 mais aussi les difficultés auxquelles ils font face quotidiennement. Pour rappel, la french tech rassemble les entreprises des secteurs du numérique et de la technologie. Les juristes sollicités dans le cadre de cette étude sont des salariés en poste et non des avocats. Ils ont été plus d’une centaine à répondre à un sondage diffusé du 23 juin au 17 juillet dernier.

Il s’agit d’une population de professionnels, en majorité des femmes (à 64 %) pour une moyenne d’âge de 34 ans, qui jouent un rôle crucial dans la croissance d’une entreprise en intervenant sur de nombreux sujets liés à sa viabilité (levées de fonds, internationalisation, social, business, actionnariat…) et en y apportant un cadre légal. Ils sont néanmoins 71,9 %, issus de directions juridiques à déclarer ne pas participer au comité de direction de leur entreprise, un chiffre qui reflète leur manque criant de moyens mis à leur disposition. Et ce, alors que les besoins des entreprises technologiques se concentrent sur des profils expérimentés, un élément stratégique pour Audrey Déléris, consultante chez Fed Legal : "Disposer en interne de la compétence d’un juriste est un atout indéniable pour la croissance de la start-up. Recruter un juriste n’a pas pour but de supprimer tous les honoraires d’avocats, mais au contraire de mieux anticiper le risque et accompagner la croissance de l’entreprise". Dans leur précédente vie professionnelle, les juristes de la french tech étaient à 29,5 % des avocats. La moitié d’entre eux vient du monde de l’entreprise, dont 27,7 % de grands groupes. Une pluralité de profils riches et complémentaires existe sur le marché. "Cette enquête répondait à plusieurs objectifs, l’un étant de créer un référentiel commun pour les juristes de la tech et de mettre en lumière ces professionnels trop souvent relégués au second plan que ce soit dans l’écosystème juridique ou start-up", explique Thibaut Caoudal, cofondateur de Leeway.

La gestion contractuelle comme priorité

Pour Pierre Landy, cofondateur d’Andco Law, un groupement d'avocats représentant les cinq principaux marchés de la région Emea, la vision du juriste comme fonction support et non comme un élément stratégique de l’entreprise reste encore ancrée dans la culture française. "Cette conception du rôle du juriste est relativement archaïque et n’existe presque plus dans les sociétés anglo-saxonnes où le rôle stratégique de “trusted advisor” du juriste n’est plus à démontrer". Si à l’instar de n’importe quel juriste d’entreprise, celui exerçant dans la french tech a encore, aux yeux des dirigeants, besoin de faire ses preuves en matière de stratégie, il ne manque pas d’ambition pour y parvenir : 85 % des répondants souhaitent mettre en place une solution de gestion des contrats à horizon 2021 auprès de leur direction juridique. Rien de surprenant lorsqu’on sait que les contrats sont de véritables actifs d’une société, encore plus en période de crise sanitaire.

Onze levées de fonds

L’écosystème français occupe une place prépondérante dans la technologie en Europe avec déjà 11 levées de fonds à plus de 100 millions d’euros en 2020 contre seulement 4 sur toute l’année 2019. Et les initiatives ne manquent pas, à l'instar du programme French Tech 120 et la liste du Next 40 mis en place par l’État français qui ont vocation à réunir une sélection des start-up prometteuses. La dynamique d’une alliance entre les acteurs de la tech qui se dessine renforcera quant à elle, sans doute encore plus le rôle de cette catégorie de juristes. De quoi leur assurer un avenir des plus florissant. 

Marine Calvo

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