Un bond des levées de fonds

Le montant des levées de fonds réalisées par un secteur d’activité est un marqueur incontestable de sa santé économique.

Le montant des levées de fonds réalisées par un secteur d’activité est un marqueur incontestable de sa santé économique.

Un total de 52,1 millions d’euros. C’est le montant cumulé des fonds levés en 2019 par la legaltech française selon le baromètre édité par Wolters Kluwer et Maddyness. Les acteurs du secteur réunis au sein du groupe France Digitale ont à eux seuls levé 35,3 millions d’euros en 2019. Et les premiers mois de l’année 2020 ont cumulé 3,5 millions d’euros en 2020 avant que la crise sanitaire ne freine bon nombre de projets. Pas pour longtemps, ces outils technologiques étant devenus incontournables durant cette période : "Le confinement a provoqué une accélération phénoménale du développement des outils digitaux et de l’intérêt pour la legaltech", explique Olivier Chaduteau, fondateur et managing partner du conseil en stratégie Day One.

Les principales levées de fonds réalisées par la legaltech entre janvier 2019 et juillet 2020 en France 


Un petit nombre de start-up du droit a réuni la très grande majorité des LBO réalisées depuis les dix-huit derniers mois. Il s’agit des acteurs les plus matures, aux technologies les plus avancées et à la réputation déjà faite. En haut du podium se trouve Legalstart: le spécialiste de la création de documents juridiques et de formalités administratives a levé entre 15 et 20 millions d’euros auprès du groupe Isai, son fonds d’investissement, afin de développer une solution B2B à destination des professionnels du droit.  LegalPlace a, de son côté, obtenu 6 millions d’euros auprès de Day One Entrepreneurs & Partners, l’AFIR et Bpifrance afin d’accélérer la digitalisation des opérations juridiques de ses clients. Le même montant a été investi dans Jenji, start-up spécialisée dans l’expertise comptable afin d’optimiser les dépenses professionnelles. Suivent ensuite les opérations réalisées par Predictice, Hyperlex ou encore YouSign qui ont respectivement levé 5, 4 et 3,5 millions d’euros pour développer leurs offres. De la même manière, Seraphin Legal auprès du Groupe Turenne, fonds d’investissement et de business angels, et Case Law Analytics – auprès de fonds d’investissement – ont réalisé une levée de 2 millions d’euros. La première dans le but de poursuivre le déploiement de son offre de produits et services à destination des professionnels du monde juridique et la seconde pour acquérir de nouveaux clients par investissement en marketing et développement commercial. 

"Le confinement a provoqué une accélération phénoménale du développement des outils digitaux et de l’intérêt pour la legaltech"

Les opérations moins importantes sont aussi le signe de l’attrait des investisseurs pour la legaltech. En effet, les investisseurs voient dans les start-up du droit des sociétés innovantes qui s’adressent à un marché potentiel important et avec de fortes perspectives de développement.  

La période 2019-2020 a été celle des premières levées de fonds pour bon nombre d’acteurs. C’est notamment le cas de Call a Lawyer et easyQuorum qui ont bénéficié d’une augmentation de capital à hauteur de 500 000 euros chacun, ainsi que V pour Verdict avec ses 200 000 euros. Closd a, pour sa part, réalisé pour la première fois depuis sa création en 2018 une levée de 600 000 euros auprès de fonds d’investissement afin de créer un nouveau standard de marché pour la gestion et la réalisation des opérations juridiques. À noter que cette opération ainsi que celle réalisée par easyQuorum se sont finalisées en plein confinement. 

La legaltech française contre le reste du monde 

Bien sûr, la France reste encore bien loin derrière les États-Unis en la matière. Malgré une croissance du montant des LBO dans la legaltech française de plus de 100 % (111,8 % exactement) entre 2018 et 2019 relevée dans le baromètre précité, le montant cumulé des opérations demeure relativement faible face à celui réalisé par les mastodontes américains : aux États-Unis, le secteur a levé plus de 1,6 milliard de dollars depuis 2018. La start-up Evisort par exemple, spécialiste de la gestion des contrats, a bénéficié d’un investissement extérieur d’une valeur de 15 millions de dollars fin 2019. Malgré tout, les observateurs du marché français sont confiants quant à l’avenir de la legaltech tricolore. Le professeur italien Gianclaudio Malgieri, qui rejoint le corps enseignant de l’Edhec en septembre 2020, la qualifie de "très avancée, notamment en matière de conformité". La France semble, en effet, nettement se distinguer des autres pays européens. L’écosystème hexagonal est l’un des marchés les plus matures du continent avec plusieurs centaines de marques couvrant de nombreux segments. 

Massilva Saighi

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