Rodolphe Carle, le roi des crèches

Cofondateur, aux côtés de son frère Édouard, du groupe Babilou, Rodolphe Carle est aujourd’hui à la tête d’un réseau de crèches privées international. Les deux coprésidents, entrent dans une nouvelle ère et passent, cette année, sous le contrôle d’un fonds d’investissement.

Cofondateur, aux côtés de son frère Édouard, du groupe Babilou, Rodolphe Carle est aujourd’hui à la tête d’un réseau de crèches privées international. Les deux coprésidents, entrent dans une nouvelle ère et passent, cette année, sous le contrôle d’un fonds d’investissement.

La boucle est bouclée pour Rodolphe Carle. Celui qui a commencé sa carrière au sein de fonds d’investissements a annoncé, cet été, que la majorité du capital de son entreprise, Babilou, allait être cédée à un fonds d’investissement, Antin Infrastructure Partners. La finalisation de l’opération est attendue d’ici à la fin de l’année. C’est la première fois, depuis la création en 2003 du groupe de crèches, que ses fondateurs cèdent le contrôle de leur entreprise.

Un projet familial

Ce diplômé de l’Essec capitalisera sur son début de carrière en finance au cours duquel il découvrira le modèle anglo-saxon des crèches privées pour décliner le concept dans l’Hexagone. En 2003, il cofonde, avec son frère Édouard, le leader des crèches d'entreprise en France : Babilou, qu’ils coprésident ensemble aujourd’hui.

Rodolphe avait pressenti que le gouvernement français devrait agir sans tarder face à la pénurie des places en crèches publiques. Au bout d’un an seulement, le premier groupe français privé du secteur est assuré de la pertinence de son projet. Les gestionnaires privés, à condition d’être conventionnés par la CAF, sont autorisés à ouvrir des structures d’accueil pour les enfants de moins de 3 ans. Babilou s’engouffre sur le marché et mise sur les entreprises. Pari réussi grâce à un premier partenariat conclu avec l’Oréal en 2006. Désormais, la structure de garde compte plus de 1 500 entreprises clientes dans toute la France.

Ces deux pères de huit enfants à eux deux, tous passés par Babilou, connaissent bien leur sujet et le modèle entrepreneurial s’en ressent. Dix mètres carrés par enfant, couches triées sur le volet, zéro écran, ateliers, focus mis sur le langage pour ce qui est du bien-être de leurs petits résidents. Maximisation du taux de remplissage de chaque crèche, salaires des puériculteurs élevés, formation du personnel en matière de gestion d’entreprise. "Nous voulons que notre travail ait du sens et que tous nos collaborateurs s’identifient aux valeurs que nous portons", explique le président de la société qui emploie aujourd’hui 10 000 personnes. Une méthodologie qui a fait ses preuves tout au long de la montée en puissance de Babilou qui misait l’an dernier sur un chiffre d’affaires de près de 500 millions d’euros en 2020.

"La société emploie 10 000 personnes et son CA est de 470 millions d'euros"

Sur tous les fronts de la croissance

En 2014, Rodolphe Carle et son frère Édouard ont agrandi leur cour de récréation entrepreneuriale en choisissant de faire grandir le groupe à l’international. Babilou devient Babilou Family et Rodolphe Carle s’installe à Munich pour réussir ses premiers pas à l‘international. "Il faut progresser avec votre société", explique l’entrepreneur. Le groupe s’implante tout d’abord en Europe, en commençant par le Belgique puis l’Allemagne, le Luxembourg et la Suisse, pour ensuite se lancer à l’assaut de l’international avec l’Inde, Singapour, les États-Unis, la Colombie, l’Argentine et Abu Dhabi. Dernier développement en date, la Chine. En novembre 2019, Rodolphe Carle, a été convié par Emmanuel Macron à l'accompagner en Chine. L’occasion pour l’entrepreneur de signer une prise de participation majoritaire dans le groupe familial local Grace Preschool Education. Babilou Family est aujourd’hui présent dans 13 pays à travers le monde. "Babilou est aujourd’hui une communauté d’entrepreneurs riche du savoir-faire éducatif français qui se nourrit d’un partage d’expériences à l’international", expliquent Rodolphe et Édouard Carle.

En 2018, l'entreprise a franchi une nouvelle étape en lançant ses propres écoles sous la marque Wi School, un continuum éducatif de la crèche aux écoles bilingues Montessori, lui permettant d'accueillir des enfants de 0 à 13 ans.

D’après Rodolphe Carle, "le meilleur moyen pour réussir est de vouloir se servir de son entreprise pour avoir un impact sur la société". Dans le cadre de son projet d’entreprise Grandir Ensemble 2020, la crèche a créé la Fondation d’entreprise Babilou. Éducation, santé, protection de l’environnement et insertion sociale sont les grands axes d’action de la fondation qui compte faire valoir les valeurs de Babilou à une plus grande échelle.

Béatrice Constans

Vous avez apprécié cet article ? Likez Magazine Décideurs sur Facebook !

D. Marie-Jeanne (Hartwood), "La formation coûte trop cher ? Essayez l’ignorance !"

D. Marie-Jeanne (Hartwood), "La formation coûte trop cher ? Essayez l’ignorance !"

Comment rendre opérationnelles de jeunes recrues tout en améliorant sa marque employeur ? En proposant, comme le fait Hartwood, un programme d’on-boar...

Wemean : "La raison d’être est plus que jamais un levier de transformation concrète"

Wemean : "La raison d’être est plus que jamais un levier de transformation concrète"

Les quatre associés et cofondateurs du cabinet Wemean plaident pour une raison d’être concrète et opérationnelle à tous les niveaux de l’organisation....

Sophie Cluzel : "La France consacre 2,2% de son PIB aux personnes en situation de handicap"

Sophie Cluzel : "La France consacre 2,2% de son PIB aux personnes en situation de handicap"

Aides aux entreprises, baromètre, mentorat… Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées revient sur les initiatives destinées à...

G. Halpern (philosophe), "L’hybridation représente une stratégie de survie"

G. Halpern (philosophe), "L’hybridation représente une stratégie de survie"

Classes, évènements, télétravail, formations, etc : la crise sanitaire a consacré le règne de l’hybride. Mais comment dissocier ce qui en relève vraim...

"Oui, malgré le télétravail, le bureau reste indispensable"

"Oui, malgré le télétravail, le bureau reste indispensable"

Certains, conquis par le télétravail, ne veulent retourner au bureau qu'avec parcimonie. Pour autant, le bon vieil open space semble promis à un bel a...

F. Zocchetto (PayFit) : "Nous voulons devenir leader européen des solutions RH"

F. Zocchetto (PayFit) : "Nous voulons devenir leader européen des solutions RH"

En mars 2021, la start-up française PayFit a bouclé une nouvelle levée de fonds de 90 millions d'euros. L'entreprise, qui a connu une croissance à deu...

S. Spindler (Tryba) : " La digitalisation, sans les hommes,  cela ne fonctionne pas "

S. Spindler (Tryba) : " La digitalisation, sans les hommes, cela ne fonctionne pas "

Les forces commerciales du spécialiste des menuiseries Tryba ont réussi à tirer leur épingle du jeu pendant la crise sanitaire grâce à la digitalisa...

Nicolas Hieronimus. Qui est le nouveau patron de L’Oréal ?

Nicolas Hieronimus. Qui est le nouveau patron de L’Oréal ?

Nicolas Hieronimus, prendra la tête du leader mondial de la beauté à compter du 1er mai. La récompense ultime pour ce fidèle de la maison qui a grimpé...

Lire plus d'actualités

Newsletter savoir pour agir

N'avancez plus à l'aveugle

Ne plus afficher ce message

Ce site utilise des cookies. En continuant la navigation, vous acceptez nos conditions d'utilisation des cookies.
Plus d'informations

J'accepte