Édito. Présidentielle 2022, vive les sondages !

Aussi décriés que commentés, les sondages suscitent le débat dans la classe politique et dans les médias. Si les critiques sont entendables, ils constituent un indicateur pertinent pour analyser les rapports de force. Décideurs continuera à s’appuyer dessus. Voilà pourquoi…

Aussi décriés que commentés, les sondages suscitent le débat dans la classe politique et dans les médias. Si les critiques sont entendables, ils constituent un indicateur pertinent pour analyser les rapports de force. Décideurs continuera à s’appuyer dessus. Voilà pourquoi…

C’est une décision qui, dans le landerneau politique et médiatique, fait du bruit. Ouest France a décidé de ne publier "aucun sondage politique avant la présidentielle" et s’est engagé à ne pas commenter "ceux des autres". Pour certains, cette approche est salutaire. Par leur fréquence, les sondages influenceraient les électeurs et prendraient l’avantage sur les débats d’idées. Sans compter de nombreux biais : les candidats ne sont pas tous connus mais sont déjà classés, les marges d’erreurs rendent certaines interprétations peu fiables, les questions peuvent être orientées, les coefficients de redressement sont jalousement gardés secrets par les instituts. Et d’ailleurs ces derniers se trompent souvent. Après tout, ils n’ont pas vu venir le flop du RN aux dernières régionales…

Oui mais. Les sondages n’ont pas la prétention d’être une science exacte, de désigner les candidats aux primaires, de rédiger les programmes électoraux ou d’indiquer pour qui voter. Ils ne sont, et c’est souligné dans chaque rapport d’études, qu’une photographie de l’opinion à l’instant T. En somme, si les résultats sont surinterprétés, ce ne sont pas les sondeurs qui sont le plus à blâmer. La responsabilité est plutôt dans le camp de certains dirigeants politiques qui se basent dessus pour se mettre en avant. Xavier Bertrand revendique de meilleurs sondages que ses concurrents pour porter les couleurs de LR, Jean-Luc Mélenchon demande aux Verts et aux socialistes de se ranger derrière lui car il serait le mieux placé à gauche (en revanche, lorsque les intentions de vote sont mauvaises, sa garde rapprochée s’en prend aux sondeurs, accusés de tous les maux).

Du côté de Décideurs, la position est claire. Les sondages ont des avantages et leur succession permet de mettre en avant des éléments structurants de la vie politique qui sont validés par les urnes : la gauche est en voie de disparition dans les classes populaires sur lesquelles le RN a fait main basse, l’électorat de la droite traditionnelle est vieillissant, Emmanuel Macron n’est pas que le candidat des riches mais dispose d’un socle stable et solide dans toutes les catégories de la population…

Ces données sont extrêmement importantes pour couvrir l’actualité politique. Nous ne nous privons pas de nourrir notre analyse en nous basant sur les études d’opinion. Et nous continuerons à le faire. Les sondages sont un outil utile avec leurs avantages et leurs défauts. Au même titre que les interviews de candidats ou d’experts et les reportages sur le terrain. Dans les mois qui viennent, nous aurons recours à toutes ces "armes" pour remplir notre mission : vous fournir une information à forte valeur ajoutée.

Lucas Jakubowicz

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