Yves Schmidt : « Nous restons une boutique »

Au début de l’été, l’annonce est tombée : les deux cabinets d’avocats Viguié Schmidt et SLVF ne font dorénavant plus qu’un. Bâties sur le même business model et culturellement très proches, les équipes réunies font de leur taille un élément indispensable de réussite de leurs objectifs de développement. Entretien avec trois des quatre managing partners, Yves Schmidt, Nicolas Viguié et Fabrice Veverka.
Les treize associés des deux cabinets Viguié Schmidt et SLVF réunis au sein de la même structure.

Au début de l’été, l’annonce est tombée : les deux cabinets d’avocats Viguié Schmidt et SLVF ne font dorénavant plus qu’un. Bâties sur le même business model et culturellement très proches, les équipes réunies font de leur taille un élément indispensable de réussite de leurs objectifs de développement. Entretien avec trois des quatre managing partners, Yves Schmidt, Nicolas Viguié et Fabrice Veverka.

Décideurs. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Yves Schmidt. Sur un dossier de M&A en 2013. Il y a un an, nous avons entamé des discussions entre nous en envisageant un avenir commun.

Pourquoi fusionner vos deux cabinets ?

Fabrice Veverka. Pour mutualiser les expériences, augmenter nos capacités et ainsi fournir un conseil encore plus pertinent à nos clients. S’agissant des anciens associés de SLVF, nous ne nous serions probablement jamais rapprochés d’un cabinet de notre génération. Nous savons que nous avons manqué quelques opportunités par le passé avec certains clients institutionnels en raison de notre « jeunesse » et de notre taille. L’idée de grandir de manière raisonnée était présente chez SLVF depuis la création du cabinet en 2012. C’est la raison pour laquelle nous avons accueilli très rapidement de nouveaux associés.

Y. S. Nos deux cabinets ont été créés à dix ans d’écart avec la même vision : dédier de la compétence d’associé à des dossiers complexes. Et, au-delà de cette culture similaire, nous nous sommes découvert des affinités personnelles fortes. Chez Viguié Schmidt, nous avions besoin d’un nouveau chalenge tout en poursuivant notre démarche entrepreneuriale.

Nicolas Viguié. Lorsque nous avons créé notre cabinet en 2003, le marché était différent d’aujourd’hui. Nous cherchions à faire évoluer ce que nous avions construit en discutant avec des professionnels qui, comme nous, avaient créé leur structure. Nous n’avions pas un besoin mais bien une envie.

C’est-à-dire ?

N. V.  Depuis quinze ans, nous avons toujours été attentifs aux évolutions du marché. Tout en restant des artisans du droit, nous voulions conforter l’idée selon laquelle nous pouvons intervenir sur les opérations les plus importantes.

Y. S. Notre objectif a toujours été de rester positionnés sur les dossiers comme on les aime, c’est-à-dire conflictuels, mêlant le conseil et le contentieux. Et si on n’a pas besoin d’être nombreux pour la résolution des litiges, les opérations les plus importantes nécessitent parfois une certaine force de frappe.

« Aujourd’hui nos clients peuvent encore davantage compter sur nous. »  

Votre objectif est donc éloigné du full service…

N. V. Tout à fait, puisque nous ne gagnons pas de département avec l’intégration de SLVF, excepté évidemment le droit fiscal. Il n’y a ni le besoin ni l’envie d’une piste de full service. Au contraire, nous cherchons à cultiver notre différence.

Y. S. En effet, lors des cessions difficiles par exemple, notre valeur ajoutée est indéniable. Mais nous ne voulons pas industrialiser de process.

F. V. Du côté de SLVF, les choses étaient un peu différentes. Nous avons rapidement étoffé le groupe des associés fondateurs parce que nous avions besoin d’expertise en tax et en antitrust, en plus de renforts en M&A. Mais le marché évolue vite, et nous devions faire de nouveaux choix stratégiques.      

Comment peut-on qualifier la nouvelle structure ?

Y. S. Nous restons une boutique, un cabinet de niche puisque nous n’accompagnons pas nos clients dans tout ce qu’ils entreprennent. Un des objectifs est de leur montrer que dans nos spécialités - les opérations financières complexes, le contentieux commercial et le droit de la concurrence -, nous sommes efficaces. Le positionnement de chacun des deux cabinets avant la fusion était déjà orienté vers le M&A et le contentieux. Ensemble, nous le renforçons. Et certains dossiers devraient nous revenir

F. V. Ce qui a forgé ma conviction, c’est le point de vue de tout directeur juridique qui peut se dire : « Ils sont compétents, mais, en cas d’imprévu, d’absence de mon associé référent, je me mets en risque alors que je suis responsable de cette opération. » Aujourd’hui, avec treize associés épaulés par des collaborateurs de très haut niveau, nos clients savent qu’ils peuvent encore davantage compter sur nous.  

Cette fusion a-t-elle entraîné des départs d’avocats ?

F. V. Deux collaborateurs seniors sont partis, mais ce sont des choix indépendants de la fusion – un départ prévu de longue date et une passerelle vers l’entreprise. Excepté ces deux cas, les avocats de nos structures ont tous adhéré au projet. Nous réunissons à présent treize associés, quinze collaborateurs, dont deux juniors qui arriveront dans les prochains jours.

 

Propos recueillis par Pascale D'Amore                                                                                                                                                       

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