Y-E.Le Gall (groupe Rocher): "Former nos collaborateurs à une conscience écologique encore plus militante"

En décembre 2019, le groupe Rocher annonçait son changement de statut juridique, devenant ainsi la première entreprise à mission en France, une étape dans son développement, s’inscrivant dans la continuité de la volonté de son fondateur. Yann-Étienne le Gall, directeur général adjoint,  explique comment le groupe familial reconnecte les gens à la nature.

En décembre 2019, le groupe Rocher annonçait son changement de statut juridique, devenant ainsi la première entreprise à mission en France, une étape dans son développement, s’inscrivant dans la continuité de la volonté de son fondateur. Yann-Étienne le Gall, directeur général adjoint, explique comment le groupe familial reconnecte les gens à la nature.

Décideurs. Pourquoi avoir fait du groupe Rocher une entreprise à mission ?

Yann-Etienne Le Gall. Depuis soixante ans, le groupe mène de nombreuses actions en matière de RSE. C’est aujourd’hui une nouvelle page de notre histoire que l’on adopte en devenant entreprise à mission, au sens de la loi Pacte, mais cela s’inscrit dans la continuité de la bataille engagée par Yves Rocher. Nous avions commencé ce travail avant la loi qui nous permet de régulariser notre situation : « reconnect people to nature ». Il était donc évident de faire du groupe Rocher la première entreprise française à mission.

Comment avez-vous défini la mission ? Les collaborateurs ont-ils été associés ?

Cela nous a pris une année. Le comité exécutif a travaillé sur le sujet avec le concours d’un shadow comex de « millennials » de 24 personnes basées en France et aux États-Unis. Des conférences, menées par un facilitateur, ont été organisées avec ces deux comités, qui ont reçu carte blanche pour écrire la feuille de route du groupe pour les dix prochaines années.

"La loi Pacte permet de régulariser notre situation "

D’un point de vue RH, que vous apporte « cette mission » ?

Au-delà de la mission, à proprement parler, nous nous sommes fixés des objectifs comme la baisse des émissions des gaz à effets de serre, faire de 100 % de nos sites des refuges biodiversité, planter 100 millions d’arbres dans le monde à travers notre fondation Yves Rocher en 2020 et au moins 200 millions en 2030. Nous voulons que nos marques soient certifiées B Corp d’ici dix ans. La Nature Academy est en cours de création et formera nos collaborateurs à une conscience écologique encore plus militante. Ce sont eux, par exemple, qui plantent des arbres, ils sont associés aux actions RSE du groupe afin d’en être les ambassadeurs. Par ailleurs, nous réduisons chaque année notre consommation d’eau et d’électricité sur l’ensemble de nos sites.

Comment le choix de devenir une entreprise à mission a-t-il été accueilli par vos collaborateurs ?

Ils sont très fiers ! Cette volonté s’inscrit dans la continuité de l’œuvre de Monsieur Rocher auquel ils sont très attachés. Nous avons publié et diffusé en interne « L’œuvre d’une vie », racontant son parcours, les raisons qui l’ont poussé à inventer la cosmétique végétale. Cela renforce le sentiment d’appartenance au groupe de nos collaborateurs et consolide notre marque employeur en externe. Les retours que l’on nous fait sont très positifs.

Avez-vous rencontré des difficultés ?

Peu. Il y a certes des questions juridiques à traiter, mais notre actionnaire est unique, familiale, inutile d’aller convaincre des fonds ou des actionnaires minoritaires. Le changement de statut s’est donc opéré assez rapidement.

Qu’est-ce que cela va changer au quotidien ?

Devenir entreprise à mission nous donne un cadre, des garde-fous et un niveau d’exigence. C’est à nous de trouver le moyen d’embarquer tout le monde, même nos franchisés et nos collaborateurs en usine.

Les managers ont-ils un rôle particulier à jouer ?

Nous finalisons notre plan d’action 2030 qui sera décliné en KPI annuels permettant de mesurer les progrès réalisés par rapport aux objectifs que l’on se fixe. Cela fera partie des missions individuelles ou collectives de nos managers et de leurs équipes.

Roxane Croisier

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