Viviane Chaine-Ribeiro, présidente de la fédération, Syntec « Nous sommes les moteurs de la transformation de notre économie »

La fédération Syntec entend développer son influence auprès des pouvoirs publics et devenir la fédération la plus importante représentant les métiers de prestations intellectuelles à forte valeur ajoutée. Une particularité, elle représente une branche au sein de laquelle la jeunesse est fortement représentée : 31 % des salariés ont moins de trente ans. Rencontre avec sa présidente.

La fédération Syntec entend développer son influence auprès des pouvoirs publics et devenir la fédération la plus importante représentant les métiers de prestations intellectuelles à forte valeur ajoutée. Une particularité, elle représente une branche au sein de laquelle la jeunesse est fortement représentée : 31 % des salariés ont moins de trente ans. Rencontre avec sa présidente.

Décideurs. Où en est la fédération Syntec des engagements qu’elle a pris dans le cadre du Pacte social pour la compétitivité??

 

Viviane Chaine-Ribeiro. Notre fédération s’est engagée fin 2014 dans le cadre de ce pacte, signé avec la CFDT et la CGC, à créer 3 % d’emplois nets d’ici 2018 dans la branche. Ces objectifs ont été atteints fin 2015. La Fédération Syntec, par les syndicats qui la composent et les nombreux métiers qu’elle représente, est une pierre angulaire du dispositif pour l’emploi?! Nous sommes les moteurs de la transformation de notre économie et de l’évolution des compétences indispensables qui l’accompagne. Nos métiers sont créateurs d’emplois et cette amélioration intervient alors même que tous les engagements du Gouvernement n’ont pas été tenus.

 

Décideurs. Pouvez-vous nous parler du «?plan d’action?» proposé au Premier ministre et à la ministre du Travail visant à relancer l’emploi?? Comment a-t-il été accueilli??

 

V.C.-R. Nous avons proposé à Myriam El Khomri six propositions concrètes destinées à relancer l’emploi et à encourager l’alternance. Notre plan d’action pour l’emploi et l’alternance a pour objectif de déployer au niveau national des actions et des expérimentations que nous avons lancées et dont nous avons pu mesurer l’efficacité. La logique de notre plan part d’un constat?: les entreprises ont des besoins réels en compétences non satisfaits alors que les demandeurs d’emploi répertoriés dans le même domaine ne trouvent pas de travail. Deux millions de jeunes entre 15 et 29 ans sont hors de l’emploi, sans diplôme ni formation?! Les régions sont des partenaires incontournables dans le domaine de l’emploi et de la formation. C’est pourquoi nous avons développé une véritable politique intégrant les spécificités régionales à destination des entreprises. Nos propositions ont reçu une écoute attentive et certaines ont d’ailleurs été reprises et intégrées dans les différents travaux pilotés par le ministère du Travail. En matière d’alternance, nous sommes satisfaits par exemple que le projet de loi El Khomri ait repris l’idée d’élargir les possibilités de formation par contrat de professionnalisation. En revanche, nous suivons avec attention l’expérimentation prévue dans deux régions sur de nouvelles modalités de répartition des fonds libres de la taxe d’apprentissage, qui comporte le risque de diminuer nos moyens pour déployer une politique de formation cohérente, alors que nous savons tous combien l’apprentissage est un levier clé à la fois d’accès à l’emploi de notre jeunesse et de compétitivité de nos entreprises.

 

Décideurs. Concernant la loi travail, quelle est la position de la fédération Syntec sur l’évolution de la négociation collective??

 

V.C.-R. Nous aurions souhaité faire de l’entreprise le lieu principal de dialogue social. Force est de constater que le projet de loi tel qu’il a été porté par le 49-3, échoue sur cette dimension. C’est d’autant plus regrettable qu’il y a véritablement une urgence sociale et économique à ces réformes. Le texte engage la démarche «?d’inversion de la hiérarchie des normes?» mais sans lui donner de réalité concrète hors du champ du temps de travail. Il se contente d’apporter de petits assouplissements marginaux. Cette loi refuse le «?pari de l’intelligence collective?», alors qu’il est aujourd’hui indispensable de donner aux entreprises les moyens concrets d’un dialogue social de terrain fructueux. Nous sommes loin de ce dont nos entreprises auraient besoin pour repartir et croire à nouveau en un avenir meilleur dans notre merveilleux pays?: un environnement social à la hauteur des défis de compétitivité et d’internationalisation qui les attendent.

 

Propos recueillis par Roxane Croisier

 

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