Vitibot : la technologie mise en bouteille

Chaque semaine, Décideurs vous propose un focus sur une start-up prometteuse ou un acteur incontournable de la tech française. À l’occasion du salon de l’agriculture, l’intérêt est porté sur le domaine de l’agritech, avec Vitibot.

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La popularité du breuvage viticole n’est plus à prouver en France. À l’inverse des "si" permettant de mettre Paris en bouteille, les 3,5 milliards de bouteilles consommées en 2019 en France requièrent le travail assidu des vigneronnes et vignerons. Le vin, résultat liquide de la rencontre entre la terre, le ciel et l’homme est le fruit d’un savoir-faire ancien, et d’efforts agricoles importants.

In robot "vinum veritas"

Avec Vitibot, Cédric Bache, ingénieur et fils de viticulteur, a voulu atténuer une partie de la pénibilité du travail. L’intérêt porté à son projet de fin d’étude, un chenillard aidant dans les vignes, lui a permis de prendre le pouls d’une demande réelle de modernisation du secteur. L’engouement pour le projet le convainc de la nécessité de développer des outils robotiques aidant à réduire la pénibilité. En 2016, portant son choix sur la création d’un enjambeur modernisé – traditionnellement, il s’agit d’un tracteur permettant d'enjamber un rang de vignes – Bakus voit le jour.

Vin d’assemblage, robot d’engrenages

Le robot en est à présent à sa troisième génération. Si la première comprenait un panneau solaire, la seconde s’en est passée, au profit d’un système d’arche permettant de passer sous la machine, laissant l’air s’engouffrer plus facilement en son sein. De potentielles surchauffes sont ainsi évitées, tout comme l’effet délétère des grandes chaleurs sur la machine. La dernière génération se veut multifonctionnelle, usant de nombreux outils, interchangeables, permettant une grande diversité d’utilisation du produit, polyvalent dans l’accompagnement qu’il offre aux vignerons. L’un des aspects plus méconnus du métier touche à la dangerosité du maniement des tracteurs dans les vignes. Le Dionysos robotique des temps modernes, par son autonomie, vise à empêcher les nombreux accidents de retournement des machines.

Stakhanovisme à boulons

Sur le plan écologique, l’intérêt réside dans une réduction de l’usage d’intrants, en cohérence avec les nouvelles normes françaises et européennes. L’arrêt de l’usage du glyphosate ne peut être compensé que par un long travail mécanique. Le Bakus, avec une autonomie approximative se situant entre 10 et 12 heures – la durée dépendant principalement de la complexité du terrain sur lequel se situe la vigne – et une durée de charge de 2 heures, peut travailler la vigne 20 heures par jour durant. À titre comparatif, un tractoriste travaille la terre 8 à 10 heures par jour environ. Michael Fontanin, directeur marketing et communication de Vitibot, rappelle  "la large crise de la main-d’œuvre que connaît le secteur agricole" que peut permettre de pallier l’usage du robot.

Les sentinelles de la vigne

D’un point de vue technique, le robot affiche des performances impressionnantes. Entièrement électrique et autonome, le système emploie le GPS RTK (Real Time Kinematic) et transmet en temps réel les données de corrections d'une base d'observation à un smartphone, facilitant l’usage et la manœuvre du robot. En plus d’un dispositif de sécurité important, le Bakus peut s’engager dans les vignes sur des pentes allant jusqu’à 45 pourcent. Les quatre roues motrices et directrices permettent quant à elles une maniabilité importante. Facile d’usage, la machine est pensée pour être utilisée par n’importe qui. Le robot contient la possibilité d’utilisation d’un outil de pulvérisation, dont la solution est développée par les équipes de l’entreprise, avec une récupération du produit allant de 20 % à 80 %. Bien que le Bakus ne soit pas développé pour procéder lui-même à un travail de vendange, l’un des outils disponibles permet la taille de la vigne à la rogneuse.

Logique de wine-wine

Fort de son succès, le Bakus est d’ores et déjà déployé dans toutes les régions viticoles de France, en plus d’être vendu  prochainement dans plusieurs pays du monde, comme la Belgique, l’Espagne, les États-Unis, l’Italie, ou encore le Portugal. En plus d’une collecte de fonds envisagée dans les mois à venir, Vitibot a déjà levé 3 millions d’euros en 2019 et 11 millions en 2020. L’entreprise, pour le moment composée de 45 collaborateurs, pour la plupart issue de l’ingénierie, souhaite embaucher à nouveau du personnel au cours de l’année à Reims et à Bordeaux.

Un succès qui laisse présager un perfectionnement pour la quatrième génération de robots, pour le moment en élaboration dans les laboratoires de recherche et de développement. Si "le vin est la caverne de l’homme", la vigne est aujourd’hui la vitrine de la réussite de Vitibot.

Émile Le Scel

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