Veolia : Recyclage réussi

Le leader mondial du traitement de l’eau et des déchets a achevé son plan de restructuration en 2015. Bilan ? Veolia Environnement renoue avec la croissance et part à la conquête des marchés industriels et de l’économie circulaire.

Le leader mondial du traitement de l’eau et des déchets a achevé son plan de restructuration en 2015. Bilan ? Veolia Environnement renoue avec la croissance et part à la conquête des marchés industriels et de l’économie circulaire.

« Le nouveau Veolia est là, Veolia est de retour et Veolia est en conquête. » Le P-DG du numéro un mondial des services aux collectivités, Antoine Frérot, n’a pas caché sa satisfaction devant ses actionnaires en avril dernier. Après quatre ans de restructuration, Veolia a réduit sa dette par deux et restauré sa rentabilité. En 2015, son chiffre d’affaires a progressé de 4,5 % à 24,9 milliards d’euros. Pour le patron, c’est donc bien un Veolia rénové qui se prépare à entrer dans une nouvelle phase de croissance.

 

La transformation s’achève

 

Les objectifs que s’était fixés Antoine Frérot en 2011 sont presque tous atteints. Certains seront même dépassés. Sur les 750 millions d’euros d’économies visés, 692 millions ont déjà été réalisés à la fin juin. Dans l’activité eau, où la restructuration a été l’une des plus sévères (près de 800 départs effectifs et 1 400 mutations), les collaborateurs sont passés à une « deuxième phase » depuis septembre avec la réorientation de l’offre commerciale. « Nous allons créer des sociétés spécialisées par type d’expertise, pour vendre nos services de traitement de l’eau non seulement aux régies municipales mais également au secteur privé », expliquait le P-DG en août. En ligne de mire pour cette activité qui représente 46 % du chiffre d’affaires : les marchés industriels. Avant de tourner définitivement la page, Veolia doit toutefois sortir de Transdev. La Caisse des dépôts et consignations (CDC) qui détient 50 % des parts est prête à racheter l’ensemble de ce spécialiste du transport. Seul obstacle : la SNCM. Cette filiale de Transdev était suspendue à la décision du tribunal de commerce de Marseille qui a retenu fin novembre l’offre de reprise de la SNCM du transporteur corse Patrick Rocca. Les choses devraient pouvoir s’accélérer pour Antoine Frérot qui souhaite se concentrer sur ses trois métiers phares – eau, déchets et énergie – et leurs nouveaux marchés.

 

Cap sur l’industrie

 

Recentré, Veolia part en effet à la conquête de nouveaux relais de croissance. Historiquement fournisseur de services aux collectivités, le champion du recyclage cherche désormais à développer sa clientèle privée. « Les industriels vont assurer le futur de Veolia », affirmait Antoine Frérot dans les colonnes du Monde en février. Au début de l’année, ces marchés représentaient 39 % du chiffre d’affaires du groupe. L’objectif est d’augmenter cette part à 50 % d’ici 2018. L’ex-Compagnie générale des eaux a ainsi signé pour près de 900 millions d’euros de contrats avec des acteurs non municipaux au cours du premier semestre. Le plus important est celui obtenu avec l’irlandais Mayo Renewable Power. D’un montant de 450 millions d’euros, il prévoit la construction et l’exploitation d’une unité de cogénération de biomasse. En février, Veolia s’est aussi vu confier par Kepco, l’équivalent coréen d’EDF, le traitement de l’eau de la plus importante centrale nucléaire de la péninsule avec le tiers de ses capacités atomiques. Si le montant de ce contrat est limité (quinze millions d’euros), il marque néanmoins une étape significative.

 

Avec l’extraction minière et l’oil & gas, le nucléaire est en effet un des secteurs sur lesquels Veolia souhaite se positionner. Sur les 440 réacteurs existants dans le monde, 330 vont être arrêtés dans les vingt prochaines années. Misant sur son expertise dans le recyclage, Veolia veut « devenir le premier intégrateur indépendant sur le marché du démantèlement », a insisté Antoine Frérot à l’occasion de la signature du contrat.

 

Rien ne se perd, tout se transforme

 

Dans ce nouveau Veolia, les déchets semblent donc promis à un avenir radieux. Le P-DG qui veut faire des poubelles une source de matière première à part entière, parie sur l’économie circulaire. « C’est une solution à la rareté croissante des ressources. Elle contribue à la lutte contre le dérèglement climatique en faisant des déchets des uns les ressources des autres. » Début septembre, le groupe a ainsi mis la main sur la société néerlandaise AKG Kunststof. Son chiffre d’affaires atteignait trente-trois millions d’euros en 2014. Spécialiste du plastique, elle est la seule capable de recycler le polypropylène aujourd’hui.
Le P-DG souhaite en faire « un tremplin pour le développement de sa plate-forme européenne de fabrication de matières premières plastiques recyclables ». Seul bémol, ces matériaux coûtent encore cher par rapport aux plastiques traditionnels issus de la pétrochimie. « Il y aura de la demande si les produits pétroliers sont frappés d’une taxe carbone suffisamment élevée », explique Antoine Frérot. 

 

Pour développer l’économie circulaire à plus grande échelle, Veolia a rejoint le comité directeur du projet Mainstream lancé par la Fondation Ellen MacArthur, à l’occasion du Forum économique mondial en janvier 2014. Ce modèle permettrait d’économiser mille milliards de dollars par an et de créer 100 000 emplois dans le monde. Plus que jamais, le groupe semble avoir le sens du service public.  

 

J.-H. F.

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