Veolia devra encore patienter pour réaliser son OPA sur Suez

Nouveau rebondissement dans le feuilleton de l’année. Veolia a lancé ce lundi une OPA, contestée quelques minutes après par Suez devant le tribunal de Nanterre. Le candidat à la reprise devra encore patienter pour obtenir les 70,1 % restants du capital.

Nouveau rebondissement dans le feuilleton de l’année. Veolia a lancé ce lundi une OPA, contestée quelques minutes après par Suez devant le tribunal de Nanterre. Le candidat à la reprise devra encore patienter pour obtenir les 70,1 % restants du capital.

La bataille entre les deux groupes n’en finit pas. Veolia a annoncé le 7 février, "le dépôt d’une offre publique d’achat sur l’ensemble du capital de Suez, au prix de 18 euros par action". Cette OPA fait suite au dégel, quelques jours auparavant, par le tribunal de Nanterre, des droits de vote des 29,9 % du capital acquis auprès d’Engie. Si la nouvelle n’est pas surprenante, elle s’inscrit cependant en porte-à-faux des promesses délivrées et notamment à l’engagement d’amicalité prévu par les deux acteurs pour la réalisation de cette opération. 

L’abandon des faux-semblants

Ce revirement peut s’expliquer par les récentes relations entretenues par les dirigeants des deux groupes, Bertrand Camus et Antoine Frérot. Ce dernier, président directeur général de Veolia, soupçonne des manœuvres destinées à "gagner du temps" du côté de son concurrent qui serait en discussion avec un consortium de financiers mené par le fonds Ardian. Après leur rencontre de vendredi, M. Camus, directeur général de Suez, affirmait ne pas souhaiter couper court à ces discussions, un préalable pourtant nécessaire pour que les deux géants puissent entamer une négociation amiable.

Il devenait alors nécessaire, pour Veolia, de se lancer en premiers dans une opération d’OPA sur son concurrent, avant qu’Ardian ne se positionne. Le fonds, qui a toujours soutenu ne pas vouloir s’opposer au groupe d’Antoine Frérot, pouvait jusqu’alors procéder à une OPA à 18 euros sans respecter sa promesse. Il lui faudra désormais entrer dans un jeu d’enchères pour pouvoir réaliser une telle opération, en proposant un prix au moins 2 % plus élevé. Les deux groupes ont donc finalement cessé les faux-semblants. D’un côté Suez qui arguait vouloir d’une OPA en bonne et due forme, démontre aujourd’hui y être opposé et Veolia, qui avait promis une démarche amiable prend les armes. 

Guerre judiciaire et interventionnisme 

En réponse à cette nouvelle tentative, le groupe de Bertrand Camus a saisi le tribunal de Nanterre aux fins de suspendre cette opération. L’ordonnance en référé, émise à 7h23 ce matin, a cependant été précédée, de quelques minutes, par le dépôt de l’offre publique d’achat de Veolia qui affirme donc que leur "offre est valable". L’imbroglio juridique n’est donc pas encore terminé. 

Et comme si la situation ne se suffisait pas à elle-même, le ministre de l’Économie et des finances, Bruno Le Maire est intervenu pour rappeler la nécessité d’une opération amiable. Il a notamment annoncé saisir l’AMF afin de lever le voile sur la "précipitation" de Veolia, appelant les deux groupes à "retrouver le chemin de la raison et du dialogue". Une nouvelle intervention de l’État dans cette opération d’envergure. 

Seules certitudes de cette affaire, Antoine Frérot a réaffirmé qu’il ne comptait pas vendre les 29,9 % que Veolia détenait sur Suez et l’horizon d’une entente amiable semble s’éloigner, d’un côté comme de l’autre. 

David Glaser

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