Trump dictera-t-il sa loi à la Fed ?

La Maison Blanche va désigner l’un des cinq candidats en lice pour la présidence de la banque centrale. Cette décision très attendue par le secteur financier indiquera le taux de politisation de l’institution et son éventuel durcissement en matière de politique monétaire.

La Maison Blanche va désigner l’un des cinq candidats en lice pour la présidence de la banque centrale. Cette décision très attendue par le secteur financier indiquera le taux de politisation de l’institution et son éventuel durcissement en matière de politique monétaire.

Si la Fed est officiellement considérée comme indépendante, c’est bien le Président américain qui en nomme le dirigeant, ensuite confirmé par le Sénat. Pour montrer leur volonté de ne pas interférer dans les décisions de l’institution, les précédents locataires de la Maison Blanche avaient joué le jeu en renouvelant le mandat du gouverneur nommé par l’ancien Président. Par exemple, Ben Bernanke, qui avait été choisi par George Bush en 2006, avait été reconduit par Barack Obama en 2010. Ce n’est qu’en 2014 qu’il avait mis en place sa favorite, Janet Yellen. Une tradition qui était respectée depuis Ronald Reagan et que Donal Trump pourrait arrêter.

La régulation au centre des enjeux

Depuis son arrivée au pouvoir, il s’est montré très critique au sujet de Janet Yellen, en mettant en cause sa politique de taux bas. Un argument difficilement recevable tant son bilan est positif. Après les mesures exceptionnelles prises par Ben Bernanke après la catastrophe financière de 2007 – taux d’intérêt quasi nuls et achats massifs de titres qui avaient fait passer son bilan de 900 milliards de dollars avant crise à 4 200 milliards de dollars –, Janet Yellen a réussi à organiser le désengagement de la Fed. Depuis décembre 2015, les taux d’intérêt ont été relevés à quatre reprises pour être compris entre 1 % et 1,25 %. L’institution a également cessé d’acheter toujours plus de titres sur le marché. Elle a enfin engagé cet automne un processus de désengagement des créances de la Fed. Des mesures qui n’ont pas eu d’impact sur la croissance américaine puisqu’elle s’est maintenue à plus de 3 %. Quant au taux de chômage (4,2 %), il est au plus bas depuis seize ans.

La politisation de la Fed concerne en réalité la réforme du système bancaire. Or,  l’actuelle patronne de la Fed ne soutient pas le Président américain sur ce point. Donald Trump en a fait l’un de ses grands chantiers pour satisfaire ses soutiens de Wall Street qui réclament un assouplissement suite aux réglementations imposées par l’administration Barack Obama. Pour tenter de concilier politique monétaire accommodante et déréglementation, Donald Trump pourrait prendre une décision inédite.

Double nomination

Interrogé par Fox News, il n’a pas exclu de procéder à une double nomination en installant Jérôme Powell au poste de président et John Taylor à celui de vice-président. Le premier, en tant que modéré, pourrait poursuivre la politique monétaire mise en place par Janet Yellen, tandis que le second, nouvel ami du Président, pourrait accélérer la réforme du système bancaire. Pas sûr néanmoins qu’installer deux hommes aux visions diamétralement opposées soit source de stabilité pour l’institution financière la plus puissante au monde. Réponse avant le 3 novembre.

Vincent Paes

 

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