Time for the Planet : la transition crowdfundée

Née de l’initiative de six entrepreneurs, Time for the Planet ambitionne d'accélérer la transition en misant sur l’investissement citoyen. L’objectif : financer 100 entreprises bénéfiques pour le climat d’ici à 2030, dans des secteurs clés. Le collectif vient d’annoncer le financement de ses trois premiers projets.

Née de l’initiative de six entrepreneurs, Time for the Planet ambitionne d'accélérer la transition en misant sur l’investissement citoyen. L’objectif : financer 100 entreprises bénéfiques pour le climat d’ici à 2030, dans des secteurs clés. Le collectif vient d’annoncer le financement de ses trois premiers projets.

Et si l’accomplissement de la nécessaire transition écologique de nos économies venait d’une alliance de citoyens et d’entrepreneurs innovants ? C’est le pari de Time for the Planet. Lancée en 2019, l’entreprise à mission a déjà levé près de 7 millions d’euros auprès de plus de 33 000 citoyens, devenant ainsi l’une des plus grosses opérations de crowdfunding d’Europe.

Comment ça marche ?

Tout citoyen peut devenir actionnaire-associé de Time for the Planet sur la base suivante : une action est égale à 1 euro. 90% des fonds collectés financent des innovations à impact, les 10% restants étant alloués aux frais de fonctionnement. Amateurs de retours sur investissement rapides, s’abstenir. Les dividendes seront reversés aux actionnaires "uniquement le jour où nous aurons réalisé notre mission, régler le problème du réchauffement climatique. Clairement, ce n'est pas pour tout de suite !", assume Time for the Planet. Mais l’essentiel est ailleurs. En contrepartie, le citoyen-actionnaire recevra un suivi précis de la quantité de gaz à effet de serre non émise ou stockée grâce à son investissement, ainsi que la garantie que toutes les innovations financées seront disponibles en open source. Près de 600 projets ont déjà été soumis aux actionnaires et au comité scientifique en charge de les évaluer, avant de passer un test de marché. Le 13 décembre, les trois premières innovations de ce processus ont été dévoilées.

Beyond the sea : le cargo met les voiles

Développé par le célèbre navigateur Yves Parlier, Beyond the sea® consiste en une solution de tractation par un cerf-volant d’une superficie pouvant aller jusqu’à 200 mètres carrés, issue de la technologie du kitesurf. Avec des applications pour la marine marchande, mais aussi la plaisance ou la pêche. Ce recours à Eole est-il suffisant pour avoir un véritable impact sur les émissions du secteur ? "L’objectif principal de notre projet est de proposer des solutions durables afin de réduire de 20%, dès aujourd’hui, la consommation de carburant des navires marchands mondiaux, et d’amener cette réduction à 30% ou 40% dans un futur proche", assure Beyond the sea. Avec un impact économique certain pour les transporteurs : "Quand on sait qu’il faut plus de 10 000 tonnes de carburant pour faire un aller-retour Asie Europe, soit une facture d’environ 5 millions de dollars par voyage, suivant le prix du pétrole, on peut envisager une économie de 1 million de dollars par trajet et par cargo. Sur une flotte entière, en plus de l’impact écologique, l’économie se compterait en millions de dollars."  Aujourd’hui, 90% du commerce mondial passe par le transport maritime.

Carbon impact : minéraliser le carbone

Réduire les émissions, c’est bien. Mais l’urgence est telle qu’il nous faudra développer en parallèle des solutions de captation du carbone. C’est le projet de Carbon Impact, qui mise sur l’olivine, une roche volcanique qui capte naturellement le CO2. Selon les projections de l’entreprise, concassé en grains très fins et déposé sur les plages, ce minéral pourrait capter "322 millions de tonnes de CO2 chaque année, soit l’empreinte carbone annuelle de la France". Le tout pour un coût dix fois moindre que les technologies de capture actuelles. Avec les 1,5 million d’euros de Time for the Planet, l’objectif pour Carbon Impact est de trouver des sites expérimentaux pour faire la preuve de sa solution avant d’enclencher un développement industriel.

Leviathan Dynamics : la clim’ écologique

Avec la hausse des températures, la climatisation va devenir de plus en plus nécessaire, quand bien même elle est déjà fortement émettrice. En cause : les gaz fluorés que Leviathan Dynamics remplace par… de l’eau. En effet, "les progrès technologiques ont rendu possible et économiquement viable une solution qui a été préjugée trop complexe au début de l'ère de la réfrigération. Non seulement l'eau peut être utilisée comme réfrigérant, mais son exploitation permet aussi d'avoir un meilleur rendement que la plupart des réfrigérants fluorés. Et sa neutralité environnementale rend possible l'optimisation du cycle thermodynamique de telle sorte que, pour des conditions de fonctionnement similaires, on peut s'attendre à une efficacité de 30% supérieure par rapport aux solutions conventionnelles" , assure l’entreprise créée en 2016. Objectif ? Une commercialisation en 2023.

Et si vous mettiez quelques actions Time for the Planet sous le sapin ?

Antoine Morlighem

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