Thierry Solère : « Je ne me définis pas comme étant dans l’opposition »

Tandis que certains chez Les Républicains considèrent qu’il a trahi son parti d’origine, Thierry Solère, l’un des chefs de file du groupe Les Constructifs proche de la majorité présidentielle, souhaite contribuer à l’élaboration des « bonnes réformes » pour le pays.

Tandis que certains chez Les Républicains considèrent qu’il a trahi son parti d’origine, Thierry Solère, l’un des chefs de file du groupe Les Constructifs proche de la majorité présidentielle, souhaite contribuer à l’élaboration des « bonnes réformes » pour le pays.

Décideurs. Quelle est l’ambition du groupe Les Constructifs ?

Thierry Solère. L’objectif initial était de fédérer les élus de la droite républicaine et du centre  ̶  actuellement trente-cinq  ̶  qui n’ont plus leur place chez Les Républicains depuis le glissement identitaire opéré à la suite de la présidentielle.

Allez-vous fonder un parti politique indépendant ? Pensez-vous aux futurs échéances électorales ?

Peut-être, ces questions sont à l’étude. Nous réfléchissons aussi à l’idée de rallier La République en marche. L’autonomie nous permettrait d’être libres et de faire nos propres choix, mais si nous rejoignons une structure déjà existante, notre force d’action sera plus importante. C’est tout l’enjeu des prochains mois. Nous prendrons une décision d’ici la fin de l’année. Quoi qu’il en soit, je ne prépare pas 2022. Pour l’instant, nous travaillons mois après mois pour améliorer la situation du pays. La vie politique et politicienne reprendra dès les prochaines élections mais, pour l’heure, nous sommes au travail, décidés à aider ce gouvernement pour que les bonnes réformes voient le jour.

« Nous réfléchissons aussi à l’idée de rallier La République en marche »

En quoi êtes-vous alors un parti d’opposition ?

Nous sommes enregistrés de façon administrative dans l’opposition. Nous ne pouvions pas nous inscrire comme un parti de la majorité, n’ayant pas été élus grâce à En marche !. Pour autant, je ne me définis pas comme étant dans l’opposition. Je ne me suis jamais reconnu dans le schéma consistant à voter tous les textes lorsqu’on est dans la majorité et à voter contre dès qu’on se trouve dans l’opposition. Nous voulons que les réformes soient menées, ce qui est pour l’instant le cas. Pour autant, si certaines déclarations ou mesures nous déplaisent, ou si certains sujets ne sont pas traités, nous le dirons clairement et ouvertement. 

Quelles sont les priorités qui vous tiennent à cœur aujourd’hui ?

Il faut d’abord lancer la réforme de la fiscalité, réduire le coût du travail et les impôts sur les entreprises, et ainsi permettre à nos PME d’être compétitives. Concernant le travail, le code sera modifié dès le 22 septembre prochain, la majorité a travaillé de façon rapide et constructive. Rarement nous n’avons eu des syndicats à ce point mesurés sur la critique face à des réformes aussi importantes. Il y aura ensuite la question de l’apprentissage et de la sécurité publique. C’est très compliqué car il faut que l’État puisse dégager des marges de manœuvre budgétaires. Il faut stopper le déficit et faire des économies. Pour cela nous devons entreprendre des réformes structurelles.

« Quand Emmanuel Macron a nommé Edouard Philippe comme Premier ministre, je me suis dit qu'il y avait des choses à faire »

Vous semblez particulièrement séduit par la politique d’Emmanuel Macron…

Je suis content de voir ce qu’il entreprend aujourd’hui. Surtout quand je constate la situation dans laquelle notre pays se trouve depuis trente ans. Pas question néanmoins de lui accorder une confiance a priori ni un chèque en blanc. Nous sommes simplement pragmatiques.

Comment avez-vous vécu les événements de ces derniers mois chez Les Républicains ?

J’ai déployé beaucoup d’énergie pour que la primaire soit une réussite. Puis j’ai quitté la campagne de François Fillon lorsque celui-ci a décidé de se maintenir malgré sa mise en examen. J’ai ensuite hésité à me présenter devant les électeurs à Boulogne-Billancourt pour les législatives. Mais quand Emmanuel Macron a nommé Édouard Philippe comme Premier ministre, je me suis dit qu’il y avait des choses à faire. Leur feuille de route comprenait les réformes que la droite n’a jamais mises en œuvre.

« Je préfère la France à des organisations partisanes »

Avez-vous songé à rester pour reconstruire le parti ?

Toutes les fondations qui ont fait l’UMP – union de la droite et du centre avec un programme réformateur, pro-européen et anti-Front national – sont aujourd’hui tombées. La droite a toujours été multiforme, mais elle est aujourd’hui dirigée uniquement par son aile dure. Si je me suis présenté aux législatives, ce n’est pas pour défendre des idées, mais pour redresser mon pays. J’y consacre toute mon énergie. Je préfère la France à des organisations partisanes.

Vous êtes élu à Boulogne-Billancourt, quel regard portez-vous sur la victoire de la candidature de Paris pour les JO de 2024 ?

C’est une très bonne nouvelle. Je suis très heureux pour Paris et pour la France. Au-delà des partis politiques, tout le monde s’est mis en ordre de bataille autour de cette candidature. C’est un joli projet collectif et fédérateur, pour un pays qui, touché de plein fouet par les attentats , a beaucoup souffert ces dernières années.

Propos recueillis par @CapucineCoquand

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