Thibaut de Ladoucette (Egis) : « contribuer à prendre collectivement la mesure des opportunités »

Confrontées à une situation tendue depuis 2008, les sociétés du secteur de la construction, des infrastructures et des grands projets voient une certaine reprise se dessiner. Pour Egis, leader sur ces secteurs, la répartition géographique des activités à l’international guide les orientations de la direction financière. Entretien.

Confrontées à une situation tendue depuis 2008, les sociétés du secteur de la construction, des infrastructures et des grands projets voient une certaine reprise se dessiner. Pour Egis, leader sur ces secteurs, la répartition géographique des activités à l’international guide les orientations de la direction financière. Entretien.

Décideurs. Egis est reconnu comme une société européenne d’ingénierie leader avec une activité internationale importante. Comment répartissez-vous votre activité géographiquement ? 

Thibaut de Ladoucette. Nous sommes la première société d’ingénierie dans le domaine de la construction en France mais notre particularité est de réaliser plus de 60% de notre chiffre d’affaires à l’international (un milliard). En fait, si la France est initialement notre premier marché, nous avons considérablement élargi notre exposition et notre offre  hors de nos frontières, où nous sommes largement reconnus. Le Moyen-Orient est globalement notre deuxième zone géographique, avec une forte activité en infrastructures de transport et bâtiment. Les futurs métros de Doha et de Ryad, ce sera Egis qui en aura assuré la supervision. Nous sommes positionnés au niveau mondial sur les zone en plus fortes croissance, comme en Inde et au Brésil. Villes nouvelles, aéroports, métros, routes… l’Inde se métamorphose et est extrêmement propice pour nous car nous y intervenons sur l’ensemble de nos secteurs d’activité : les grandes infrastructures de transports, , bâtiment, l’eau... Nous y réalisons d’ailleurs 20% de croissance. Sur la zone Afrique où nous sommes implantés depuis cinquante ans, notre rôle est similaire. La chute du prix du pétrole entraîne un certain ralentissement dans la zone  mais les besoins en infrastructures restent considérables.  La Turquie, l’Australie  sont aussi des pays où nous sommes très bien implantés à travers l’exploitation et la maintenance d’autoroutes et de tunnels.


Quelle est votre vision de la reprise française ? Est-elle aujourd’hui avérée ? 

La baisse de la commande publique a été à l’évidence constatée en France concernant les grands projets. En 2016, le bâtiment a vu une certaine embellie. 2017, sans être spectaculaire, est une année de reprise. En France, nous visons d’ailleurs une croissance de 3%. Par rapport à notre croissance mondiale qui s’élève à 8%, c’est peu mais il y a du mieux. Le Grand Paris est un élément déclencheur. Sur les lignes de métro et les gares qui vont sortir de terre nous avons décroché de nombreux contrats. Ce sont des chantiers  emblématiques et très complexes où Egis se distingue.  Notre force est d’être sur plusieurs marchés différents. Cela nous permet de parvenir à un équilibre même lorsque certains de nos segments connaissent de fortes fluctuations.   
 

Notre force est d’être sur plusieurs marchés différents

 

L’une des missions fondamentales du DAF est la gestion des risques.  Comment l’abordez-vous, sachant que vous êtes filiale à 75 % de la Caisse des dépôts ?

La Caisse des dépôts est très vigilante et nous accompagne par des dispositifs de gestion des risques avec des standards identiques à ceux des sociétés cotées.  Par ailleurs, de par notre présence dans une multiplicité de pays, les risques contractuels, fiscaux et juridiques sont considérables. Dès l’amont des remises des offres, c’est une préoccupation de chaque instant de les anticiper.

 

Estimez-vous que votre rôle du DAF doive être appréhendé différemment aujourd’hui avec une vision plus globale ?

En tant que DAF, la sensibilité au risque est plus aiguisée. Mais notre rôle ne s’arrête pas là. Il s’agit de contribuer à prendre collectivement les bonnes décisions pour le développement du groupe, notamment en matière d’acquisitions.  Je porte également un certain nombre de sujets visant à une plus grande harmonisation des règles et pratiques à l’intérieur du groupe ; le dénominateur commun c’est la conduite du changement. Cela est décisif pour un groupe d’envergure mondiale.

 

 Propos recueillis par Laetitia Sellam

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