Therese Pritchard et Lisa Mayhew (BCLP) : « Partager la même vision sans se détourner de nos spécificités »

Après avoir voté en faveur de la fusion le 26 février 2018, l’américain Bryan Cave et l’anglais Berwin Leighton Paisner (BLP) ont uni leurs forces. De cette alliance est né Bryan Cave Leighton Paisner (BCLP), qui rassemble plus de 1 400 avocats répartis dans 32 bureaux de 13 pays différents, figurant ainsi parmi les plus grands cabinets au monde. À la tête de la nouvelle entité, deux femmes ambitieuses : Therese Pritchard, l’associée dirigeante de Bryan Cave et spécialiste du droit pénal des affaires, et Lisa Mayhew, son homologue chez Berwin Leighton Paisner et spécialiste du droit social.
Therese Pritchard et Lisa Mayhew, comanaging partners de Bryan Cave Leighton Paisner (BCLP)

Après avoir voté en faveur de la fusion le 26 février 2018, l’américain Bryan Cave et l’anglais Berwin Leighton Paisner (BLP) ont uni leurs forces. De cette alliance est né Bryan Cave Leighton Paisner (BCLP), qui rassemble plus de 1 400 avocats répartis dans 32 bureaux de 13 pays différents, figurant ainsi parmi les plus grands cabinets au monde. À la tête de la nouvelle entité, deux femmes ambitieuses : Therese Pritchard, l’associée dirigeante de Bryan Cave et spécialiste du droit pénal des affaires, et Lisa Mayhew, son homologue chez Berwin Leighton Paisner et spécialiste du droit social.

Décideurs. Comment est né ce projet de fusion ?

Therese Pritchard. Après mon arrivée à la tête de Bryan Cave en 2014, la firme a lancé un plan stratégique afin de se différencier de ses concurrents sur le marché. Nous voulions nous développer dans trois domaines particuliers : l’immobilier, les services financiers et le droit du secteur de l’agroalimentaire. Nous cherchions un cabinet qui partageait cette ambition.

Lisa Mayhew. Chez BLP, nous avons entamé notre propre plan stratégique simultanément en identifiant un axe de développement dans l’immobilier et les contentieux, tout en continuant à approfondir notre intervention dans les services financiers et le droit des sociétés. Nous avions aussi envie de poursuivre notre internationalisation. Nous avions déjà traversé l’Atlantique, mais nous avions besoin d’une alliance pour la dernière ligne droite. Nous étions déjà en discussion avec un cabinet américain mais ce projet s’est soldé par un échec. Quand Therese et moi sommes entrées en contact, nous avons été rapidement convaincues que nos cabinets pourraient facilement fusionner. Nous nous sommes très vite impliquées dans la préparation de nos deux structures en vue de réaliser le même voyage, même s’il nous a fallu plus de temps que nous l’aurions souhaité pour réaliser cette fusion.

Comment la fusion changera-t-elle votre relation avec les clients ? Comment ont-ils réagi ?

T. P. Avant de rendre publique notre décision, nous les avons consultés pour recueillir leurs avis sur notre projet. Nous étions ravis de découvrir qu’ils nous soutenaient.

L. M. Au cours du seul mois de mai - un mois seulement après la fusion - nous avons ouvert cent nouveaux dossiers. Je crois qu’ils sont ravis que leurs besoins soient maintenant couverts à plus grande échelle. Therese et moi étions récemment à Londres et à Paris pour célébrer notre union. Au total, nous avons rencontré quelques 800 clients, dont plusieurs nous suivent depuis très longtemps. Il est indispensable de ne pas oublier qu’en fin de compte, ce sont eux qui font notre succès.

Néanmoins, vos modes de fonctionnement en matière de relation client et de politique de facturation n’étaient pas identiques. Comment conciliez-vous ces paramètres ?

T. P. Au Royaume-Uni, les cabinets appliquent plus souvent des taux fixes, aux États-Unis la facturation à l’heure est plus fréquente. Les cultures régionales sont souvent très différentes, mais nous ne croyons pas qu’il y ait une unique façon de travailler. Nous sommes un cabinet mondial et voulons que nos avocats partagent la même vision sans se détourner de leurs spécificités.

Avant d’unir ses forces, vos deux cabinets avaient misé sur l’innovation. Comment allez-vous poursuivre ce chantier ?

L. M. Nous avons chacun de notre côté développé plusieurs outils innovants. Chez Bryan Cave, c’est l’utilisation d’une plateforme appelée Crosslite qui sert d’interface avec les clients, tandis que chez BLP nous utilisons l’intelligence artificielle de la technologie RAVN permettant aux clients de se servir d’un codage prédictif lors de l’examen de documents. Même si nous ne sommes pas une legaltech, nous sommes favorables au développement du rôle joué par la technologie dans nos activités juridiques afin de mieux servir nos clients. Parmi toutes les autres affinités, cette route commune pour l’innovation tracée des deux côtés de l’Atlantique a façonné notre conviction que nos cabinets étaient faits pour s’unir.

Envisagez-vous d’autres fusions à l’avenir ?

L. M. et T. P. Pas de cette échelle. Mais nous n’éliminons pas la possibilité d’intégrer d’autres petits cabinets dans des villes où nous avons besoin de forces supplémentaires. Notre stratégie est guidée par l’idée d'être une équipe unie qui continue à répondre aux besoins des clients à travers le monde.

Propos recueillis par Camille Guével

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