T. Robet et G. du Halgouët (Fibus) "l’affacturage est le financement préféré des entreprises en croissance et sous LBO"

T. Robet et G. du Halgouët (Fibus) "l’affacturage est le financement préféré des entreprises en croissance et sous LBO"

Thibaut Robet et Gaëtan du Halgouët à la tête de Fibus (ex-Chateaudun Crédit), référence européenne du conseil en affacturage, nous aident à mieux comprendre les enjeux de cette solution de financement pour le private equity.

DÉCIDEURS. Pouvez-vous nous rappeler ce qu’est l’affacturage

Thibaut Robet. L’affacturage est une technique de financement qui permet de transformer une grande partie du poste clients d’une entreprise en liquidité disponible. Pour les entreprises BtoB qui sont payées en moyenne à 60 jours par leurs clients, c’est la plus grande ligne de financement à court terme possible.

À qui s’adresse cette solution de financement ?

Gaëtan du Halgouët. Les premiers utilisateurs sont les entreprises en croissance. Celles qui ont besoin de ressources pour accélérer. L’affacturage leur fournit le matelas de trésorerie nécessaire pour continuer à s’approvisionner et à embaucher. C’est une ressource peu coûteuse, non plafonnée et qui s’adapte à l’évolution de l’entreprise. Ces entreprises performantes et rentables trouvent dans l’affacturage un financement fiable et durable. Enfin, si l’affacturage est souvent utilisé comme un booster de croissance, c’est également un outil adapté en situation de crise car les sociétés d’affacturage savent maintenir leur engagement même lorsque l’entreprise publie des comptes dégradés.

"L’affacturage est le financement court terme présentant le meilleur rapport coût / ressource dégagée"

Ne dit-on pas que l’affacturage est coûteux ?

T. R. On entend encore souvent cette idée reçue. En réalité, c’est sans conteste le financement à court terme qui présente le meilleur rapport entre le coût, le montant de la ressource dégagée, et la durée d’engagement du prêteur.

Si une entreprise a recours à l’affacturage, doit-elle en informer ses clients ?
G. du H. Dans la plupart des pays européens, comme dans la majorité des États américains, il n’y a pas d’obligation légale de le faire. Cependant, certains contrats commerciaux prévoient que le fournisseur obtienne l’accord de son client pour transférer ses factures à un tiers financeur. Ainsi, 95% des contrats d’affacturage que notre équipe a mis en place au cours des 5 dernières années sont confidentiels.

Où faire de l’affacturage dans de bonnes conditions financières ?
T. R. Les conditions financières et même l’éligibilité à l’affacturage dépendent de la situation géographique de l’entreprise émettrice de la facturation. Si je facture depuis l’Allemagne un client qui se situe au Brésil, je bénéficierai de conditions de financement européennes. En revanche, si je facture mon client brésilien depuis ma filiale brésilienne, ce seront les taux brésiliens qui s’appliqueront. Nous avons pu expérimenter l’affacturage dans 25 pays en Europe, en Amérique du Nord et en Australie.

"L’affacturage reste toujours opérationnel...De plus, lorsqu’il est sans recours, il n’affecte pas l’endettement."

L’affacturage est un outil de financement du bas de bilan, en quoi intéresse-t-il les fonds d’investissement ?

G. du H. Les sociétés sous LBO disposent le plus souvent de lignes de crédits confirmées (RCF : revolving credit facility) pour faire face à d’éventuels besoins de trésorerie. Ces lignes sont limitées en montant et sont toujours assorties d’une clause (covenant) qui exige le remboursement anticipé en cas de difficultés. Y compris dans ce cas, l’affacturage reste toujours opérationnel...De plus, lorsqu’il est sans recours, il n’affecte pas l’endettement. Il permet ainsi à l’entreprise d’augmenter fortement le niveau de sa trésorerie tout en améliorant la présentation de ses états financiers. De plus en plus de fonds de Private Equity souhaitent que leurs participations utilisent l’affacturage.

À quel moment les fonds de Private Equity ont-ils recours à l’affacturage dans leurs participations ?

T. R. Le sujet de l’affacturage est en général envisagé avant l’acquisition pour être mis en place dans les mois qui suivent le closing. Il nous est arrivé de le négocier juste après le signing pour un premier financement disponible le jour même du closing. Souvent, il est mis en place pour financer une croissance externe, participer au refinancement de l’entreprise ou encore faciliter des remontées de dividendes.

Pouvez-vous nous parler d’un deal récent ?

G. du H. En 2021, notre équipe a travaillé à la mise en place d’une trentaine de nouveaux contrats, que ce soit pour des programmes internationaux sans recours ou pour des PME françaises. Pour l’un de ces dossiers, nous avons accompagné un groupe européen réalisant 2,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans le remplacement et l’extension de son programme d’affacturage. En trois mois, nous l’avons aidé à obtenir une ligne de 300 millions d’euros confirmée sur cinq ans et à basculer, sans interruption de financement, 23 entités dans neuf pays. Nous avons aussi accompagné plusieurs de nos clients dans l’extension de leur programme à d’autres entités de leur groupe, ce qui est pour nous un témoignage fort de l’utilité de l’affacturage pour les entreprises utilisatrices.

Pourquoi Chateaudun Crédit devient- elle Fibus ?

T. R. Au cours des 5 dernières années, nous avons réalisé 50 % de nos missions auprès de groupes internationaux. Et ce, en dépit de notre nom… Un de nos partenaires nous le demandait récemment : "Comment une entreprise portant un nom si peu international et si difficile à prononcer parvient-elle à se développer à l’international ?" Nous sommes obligés de reconnaître que notre nom, qui est celui de la rue où se trouvait notre premier bureau, ne dit rien de notre activité. Nous avons alors décidé d’abandonner Chateaudun Crédit pour devenir Fibus, toujours avec la même mission: financer et sécuriser votre business !

Rappelez-nous ce que fait Fibus ?

T. R. Fibus aide les entreprises françaises et les groupes internationaux à financer et sécuriser leur business. Nous répondons à ce besoin au travers de trois lignes métier : l’affacturage, l’assurance-crédit et les solutions digitales. En affacturage, nous gérons le projet de nos clients depuis le diagnostic de faisabilité jusqu’à la mise en place opérationnelle en passant par la formation des équipes et l’appel d’offres. En assurance- crédit (assurance du risque client) nous aidons nos clients à choisir la meilleure couverture possible et à l’intégrer au mieux dans leurs processus de credit management. Enfin, notre équipe IT solutions développe et intègre chez nos clients des outils permettant de faciliter et d’automatiser certaines tâches de gestion des financements et du risque client. Fibus est donc composée de trois équipes, l’équipe affacturage animée par Romain Chaufour et Maxime Bertin, l’équipe courtage en assurance-crédit dirigée par Marc Chaqués et enfin l’équipe IT solutions dont le patron est Frédéric Pouhet.

Quoi de neuf chez Fibus en 2022 ?

G. du H. En ce début d’année, nous avons accueilli deux nouveaux directeurs : Frédéric Pouhet qui a en charge d’accélérer la transformation digitale du groupe Fibus et Marc Chaqués qui a pour mission de renforcer l’activité assurance-crédit. Nous prévoyons de recruter 6 personnes dans les trois activités de Fibus. Nous travaillons également à une nouvelle offre pour notre solution logicielle avec de nouvelles fonctionnalités permettant de faciliter le suivi opérationnel des contrats d’affacturage et d’assurance-crédit.

 

 

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