Stupeur au Bundestag

La nouvelle, tombée dans la nuit du 19 au 20 novembre, a pris tout le monde par surprise. La « coalition Jamaïque » qui devait assurer une majorité gouvernementale à Angela Merkel n’aura pas lieu, plongeant l’Allemagne dans une crise politique inédite. Retour sur les raisons d’un échec et sur les options qu’il soulève.

La nouvelle, tombée dans la nuit du 19 au 20 novembre, a pris tout le monde par surprise. La « coalition Jamaïque » qui devait assurer une majorité gouvernementale à Angela Merkel n’aura pas lieu, plongeant l’Allemagne dans une crise politique inédite. Retour sur les raisons d’un échec et sur les options qu’il soulève.

Les pourparlers ont duré des semaines. Destinés à assurer une majorité gouvernementale à Angela Merkel, ils devaient mener à un accord entre conservateurs de la CDU-CSU, libéraux du FDP et Écologistes. Mais, il y a quelques jours, la chancelière n’a pu que reconnaître l’échec des négociations qui, désormais, laisse le pays sans majorité pour être gouverné. Du jamais vu depuis 1949.

En cause, le caractère irréconciliable de certaines positions politiques autour de sujets clés – tels que celui de l’immigration et du durcissement des conditions du regroupement familial –, bien sûr, mais aussi les ambitions de Christian Lindner, chef de file des Libéraux, déterminé à ne pas réitérer l’expérience infamante d’une coalition, deux mois seulement après avoir réintégré le Bundestag.

Christian Lindner, artisan de la rupture

Christian Lindner ne s’en est pas caché. Pour lui, mieux valait « ne pas gouverner que mal gouverner ». Une position critiquée pour être à l’origine de la rupture des négociations mais qui, analyse Hans Stark, secrétaire général du Cerfa (Centre d’études des relations franco-allemandes) à l’Ifri, s’explique aisément. « Si Lindner a décidé de claquer la porte des négociations, c’est parce que le FDP a connu une très mauvaise expérience de cohabitation entre 2009 et 2013, période durant laquelle il n’a pu faire entendre ses positions, ce qui lui a valu, aux élections de 2013, d’être éjecté du Parlement qu’il n’a pu réintégrer que suite aux législatives de septembre.» De quoi, en effet, justifier ses réticences, surtout dès lors qu’il ne s’agit plus de composer avec le seul parti conservateur mais de s’aventurer dans une configuration à trois, avec la CDU et les Verts.  

Et maintenant ?

Alors que chacun s’interroge sur la suite, le Président allemand, Frank-Walter Steinmeier, semble pour l’heure écarter l’option de législatives anticipées, préférant exhorter les parties prenantes à se rasseoir à la table des négociations. Si ses appels ne sont pas entendus, alors de nouvelles élections s’imposeront en 2018. D’ici là, le pays entre dans une période d’incertitude et d’immobilisme d’une durée indéterminée, avec tous les risques que cela implique puisque, souligne Hans Stark, « si le FPD refuse de rentrer dans un gouvernement de grande coalition et que des élections anticipées ont lieu, rien ne garantit qu’elles déboucheront sur un résultat différent de celui de septembre ». En revanche, elles permettront à l’AFD, le parti d’extrême droite, d’espérer progresser de quelques points. Un scénario d’autant plus crédible que, rappelle-t-il, « les coalitions gouvernant nécessairement au centre, elles favorisent la montée des extrêmes ». Risqué.

Caroline Castets

 

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