Stéphane Courbon (BofAML) : « Consolider notre position de première banque internationale en France »

Présente en France depuis soixante-cinq ans, Bank of America Merrill Lynch a fait de son ancrage sur le marché français l’une de ses priorités. À la tête de l’activité banque d’affaires
parisienne, Stéphane Courbon revient sur les temps forts de l’année et les projets à venir de la banque.

Présente en France depuis soixante-cinq ans, Bank of America Merrill Lynch a fait de son ancrage sur le marché français l’une de ses priorités. À la tête de l’activité banque d’affaires parisienne, Stéphane Courbon revient sur les temps forts de l’année et les projets à venir de la banque.

Décideurs. Quels ont été les temps forts de l'année 2017 ?

Stéphane Courbon. L'année a été très bonne, voire record pour le secteur bancaire. L'ensemble des segments de marché ont performé, de la dette aux IPOs en passant par le M&A. Nous avons réalisé des opérations d'envergure, comme l’acquisition de Zodiac Aerospace par Safran ainsi que la mise en place du financement ou encore la vente de la branche exploration et production d'Engie à l'américain Neptune Energy. Sur le marché de l'IPO, nous avons été coordinateur global de l’introduction en bourse de SMCP, un an après avoir conseillé KKR lors de la vente de SMCP à Shandong Ruyi. Nous avons également agi en tant que coordinateur global de l’IPO de Carrefour Brésil. L'année 2018 a également très bien commencé, avec l'acquisition par Schneider d'une partie de l'indien Larsen & Toubro pour près de 2 milliards d’euros. Ce deal est intéressant car Schneider s’est associé à Temasek pour le réaliser.

Bank of America Merrill Lynch a annoncé avoir choisi Dublin et Paris pour sa réorganisation post-Brexit. Que prévoyez-vous ?

Bank of America a annoncé le choix de Dublin pour ses principales entités légales au sein de l’Union européenne car nous y disposons déjà d’une licence bancaire. Nous allons aussi transférer des employés du front office vers un certain nombre de sites au sein de l’UE, en fonction des besoins de nos clients ; la plus grande concentration pour les activités européennes de vente et de trading étant prévue à Paris. Nous avions annoncé que 200 personnes des ventes et du trading seraient déplacées de Londres à Paris, dans l’objectif de servir au mieux nos clients, mais ce nombre peut encore évoluer.

Mifid II est entrée en vigueur en janvier 2018. Quel impact a-t-elle eu sur votre activité ?

Cela a demandé beaucoup de travail tout au long de 2017. Ces discussions nous ont permis de renforcer les liens avec nos clients, la recherche devant désormais être séparée des autres services et facturée en tant que telle. Finalement, 99%  de nos clients ont choisi de souscrire à notre produit de recherche et nous avons ainsi un des taux de souscription les plus élevés de la place. 

Quelles sont vos ambitions pour les années à venir ?

Nous voulons consolider notre position de première banque internationale en France. Nous avons des concurrents à la fois français et internationaux et tous considèrent le marché français comme stratégique. Nous misons sur le développement de relations de long terme avec nos clients ainsi que sur une qualité de service irréprochable afin d’atteindre ce but.

« Nous misons sur le développement de relations de long terme avec nos clients »

Comment vous différenciez-vous de vos concurrents ?

Notre premier axe de différenciation est la qualité et la fidélité de la relation avec le client, que nous suivons sur le long terme et que nous aidons même lors d’opérations plus petites ou qui s’éloignent de notre cœur de métier. Notre deuxième stratégie est d'offrir un panel de services extrêmement large. Nous sommes présents partout dans le monde, ce qui permet d'élargir les opportunités pour nos clients. Nous travaillons également avec des équipes sectorielles qui peuvent nous fournir des éléments très précis sur les secteurs comme les TMT, la santé, ou encore les institutions financières. Enfin, nous avons la capacité d'agir vite, seuls et pour des montants importants. Nous pouvons mettre jusqu'à 20 ou 25 milliards d'euros sur la table pour une opération. Cette capacité est unique.

La banque a-t-elle développé une stratégie RSE ?

La croissance durable et la responsabilité sociale font partie intégrante de la stratégie de Bank of America. Nous sommes un leader et pionnier au niveau mondial en matière de finance durable et d’ « obligations vertes », qui visent à financer des projets d’énergies « propres » et renouvelables.

En ce qui concerne la conduite de notre activité, nous avons mis en place des règles éthiques sur lesquelles nous ne faisons pas de concessions. La réputation de BofAML est en jeu, donc nous exigeons de nos collaborateurs une attitude irréprochable.

Nous jouons pleinement notre rôle d’entreprise citoyenne partout où nous sommes présents. En France, nous soutenons depuis 10 ans de nombreuses initiatives artistiques. Nous avons notamment contribué à la restauration de la Victoire de Samothrace au Louvre et finançons actuellement la restauration du chef-d’œuvre de Pablo Picasso, Femmes à leur toilette, pièce maîtresse du Musée Picasso. C’est aussi grâce à notre soutien que l’exposition Roy Lichtenstein et la rétrospective David Hockney ont pu effectuer une étape parisienne, au Centre Pompidou, dans le cadre de leurs tournées mondiales. Nous prêtons également des œuvres de notre propre collection aux musées pour leurs expositions.

Enfin, nous soutenons des associations caritatives dans chaque pays. Nous avons accompagné pendant six ans l’association Force Femmes, qui aide des femmes âgées de plus de 45 ans à créer leur entreprise ou à retourner dans le monde du travail. En 2018, nous soutenons les associations Sport dans la ville, pour l’insertion professionnelle des jeunes par le biais du sport, et Simplon, qui propose des formations techniques dans le domaine du numérique. 

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