Fondé en 1947, l’empire H&M est le fruit d’une histoire familiale construite depuis trois générations. De son ascension fulgurante aux difficultés rencontrées plus récemment, le groupe traverse les époques, permettant aux Persson de figurer parmi les plus grandes fortunes européennes.

Fin 2020, H&M comptait plus de 4 400 magasins dans le monde. Une prouesse quand on sait que le groupe ouvrait sa première boutique en 1947 à Vasteras, une ville suédoise située à une centaine de kilomètres de Stockholm. À l’époque, l’enseigne s’appelle Hennes (pour elles) et elle est spécialisée dans le prêt-à-porter féminin à bas prix. Fabriquer des vêtements à coûts réduits et les revendre à des tarifs attractifs ? Cette idée est venue au fondateur, Erling Persson – un homme qui avait déjà les pieds dans le commerce pour avoir délaissé les études au profit de la ventes de stylos et de montres –, à la suite d’un voyage aux États-Unis.

Essor international

Très vite, ce fils de charcutier voit plus grand. Un premier changement d’échelle est opéré grâce au rachat du magasin d’équipements de chasse Mauritz Widforss qui ouvre à l’entreprise les portes de la mode pour homme puis pour enfant. En 1968, l’entreprise change de nom pour devenir Hennes & Mauritz. S’ensuivent une introduction en Bourse et l’ouverture d’une premier magasin hors de Scandinavie. Et c’est Londres qui est choisi pour démarrer cette expansion internationale qui s’étendra dans les années 1980 et 1990 à l’Allemagne, aux Pays-Bas, à la Belgique, à l’Autriche, au Luxembourg, à la Finlande ainsi qu’à la France. Dans ce développement, l’intervention d’un autre homme se révèle clé : celle de Stefan Persson, fils du fondateur. En 1973, ce titulaire d’une maîtrise en économie rallie Londres pour y créer le premier bureau d’achat européen du groupe. Trois ans plus tard, il prend en charge l’expansion de H&M au Royaume-Uni. Dauphin naturel, il devient directeur général en 1982 avant de prendre le titre de PDG. Sous sa houlette, l’enseigne ouvre son premier magasin aux États-Unis et part chasser sur les terres espagnoles d’Inditex, la maison-mère de Zara. L’un des coups de maître de H&M ? Ses collaborations avec de grands noms de la mode. Outre H&M, la famille lance la marque COS et rachète d’autres enseignes comme Monki ou Cheap Monday.

La famille Persson possède également les marques COS, Monki ou Cheap Monday

Une nécessaire transformation

Malgré son succès, la société fait face à des vents contraires. Elle prend du retard sur sa digitalisation et essuie les critiques de plus en plus appuyées sur son empreinte écologique. "Nous avons fait des erreurs qui nous ont ralentis. Il faut accélérer la transformation encore davantage", reconnaît Karl-Johan Persson, petit-fils du fondateur, DG depuis 2009 et PDG depuis 2020. Avant de rejoindre l’entreprise familiale, Karl-Johan Persson, diplômé en économie et gestion, a acheté une entreprise d’événementiel qui a su s’imposer en Scandinavie avant d’être revendue en 2007. De quoi montrer, lui aussi, ses qualités entrepreneuriales même si la question de l’arrivée d’un CEO extérieur a pu être évoquée. Son père garde un œil sur l’empire et la famille est également connue pour soutenir le club de foot Djurgardens ou pour ses diverses acquisitions immobilières telles que les vingt-et-un chalets du village de Linkenholt en Angleterre. La passion de l’implantation à l’international ne semble pas connaître de limites chez les Persson.

Olivia Vignaud

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