Stanislas Guerini, dans la bataille du second tour

En duel avec une candidate EELV, le délégué général de la République en marche va tenter de conserver son siège dans une circonscription traditionnellement de gauche. Il compte pour cela mettre en avant son profil social-démocrate et pointer les incohérences de la Nupes.

En duel avec une candidate EELV, le délégué général de la République en marche va tenter de conserver son siège dans une circonscription traditionnellement de gauche. Il compte pour cela mettre en avant son profil social-démocrate et pointer les incohérences de la Nupes.

C’est une règle qui n’est pas inscrite noir sur blanc dans la Constitution mais qui est devenue un usage. Un ministre ou un secrétaire d’État défait lors d’une élection législative doit démissionner de son poste. Emmanuel Macron lui-même a confirmé qu’il maintiendra la coutume. Pour le moment, seul Alain Juppé en 2007 a été contraint au départ pour cause de combat électoral perdu. Ce cru 2022 met plusieurs membres du gouvernement Borne en ballotage défavorable : Amélie de Montchalin, Clément Beaune et Stanislas Guerini.

Une circonscription plutôt à gauche

Le délégué général de LREM et ministre de la Transformation et de la Fonction Publiques se présente dans la troisième circonscription de Paris qui a plutôt le cœur à gauche. Elle est composée du nord du XVIIe arrondissement et d’une petite partie du XVIIIe, soit le quartier gentrifié des Batignolles, les Épinettes, la Fourche et les Grandes carrières. Il y’a cinq ans, profitant d’une gauche divisée, l’ancien strauss-kahnien a remporté son siège avec 45% des suffrages au premier tour et 65% au second. Cette fois-ci, il fait face à une gauche unie autour de l’écologiste Léa Balage el Mariky. Dimanche 12 juin, cette dernière a viré en tête avec 38,6% contre 32,5% pour le marcheur. La bataille du second tour s’annonce indécise sur le papier.

Parler à la gauche…

Pour conserver sa place au Palais Bourbon et dans le gouvernement Borne, Stanislas Guerini va devoir se livrer à un exercice de "en même temps" et convaincre abstentionnistes, électeurs de gauche qui n’ont pas voté Nupes et électeurs de droite. Son credo est simple, convaincre plutôt que s’en prendre à sa rivale.

À gauche, des réserves de voix se trouvent chez les 4,1% recueillis par la candidate divers droite Avodélé Ikuesan, chez les 2,2% d’électeurs animalistes représentés par le présentateur Laurent Baffie ainsi que chez les électeurs ayant boudé les urnes. Pour s’adresser à eux, Stanislas Guerini peut mettre en avant les réalisations sociales réalisées durant son mandat, notamment la loi Pacte et la RSE ou la raison d’être. Il pourra également vanter son passé d’entrepreneur dirigeant de Watt&Home, société spécialisée dans les énergies renouvelables. De quoi incarner une écologie responsable et non dogmatique dans la lignée des Verts finlandais, du communiste Fabien Roussel ou d’une partie des écologistes. Stanislas Guerini pourra également séduire la gauche pro-UE échaudée par les appels des Insoumis à ne pas respecter les traités européens. Au niveau national, Stanislas Guerini a affirmé que son parti ne devait donner aucune voix au RN, de quoi rassurer les électeurs de gauche de sa circonscription.

Attirer la droite

Pour conserver son siège, Stanislas Guerini aura aussi besoin des voix de LR qui reste "en vie" dans la circonscription puisque la candidate Alix Bougeret a obtenu 13,5%, soit deux points de plus que la moyenne nationale. Les électeurs de droite peuvent être préoccupés par une Nupes capable d’empêcher un gouvernement libéral et pro business de réformer le pays. Leur vote peut donc avoir un impact d’autant plus que le projet incarné par Jean-Luc Mélenchon est aux antipodes de leur valeur. À l’échelle locale, le député sortant est donc un "rempart".

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