Serge Clemente (Vinci Park) : «Le management package, le meilleur outil pour réussir un LBO»

Le chairman et CEO de Vinci Park réaffirme l'intérêt des management packages dans le cadre d'un LBO.

Le chairman et CEO de Vinci Park réaffirme l'intérêt des management packages dans le cadre d'un LBO.

Comment articuler la gestion opérationnelle d’une société sous LBO avec la mise en place de management packages ?

Le mode de gestion est double : d’une part, le fonctionnement de l’entreprise avec beaucoup d’échanges, une implication de chacun au quotidien, et d’autre part, un rôle d’investisseur. Il faut complètement dissocier les deux, la barrière entre les deux est étanche. D’un côté, il y a le contrat de travail avec des objectifs et des bonus affectés à ces derniers, et de l’autre côté, sont présents des investisseurs dont le revenu économique est lié à la performance des fonds. D’ailleurs, un LBO ne peut pas fonctionner sans cette distinction fondamentale. L’avantage d’investir dans sa société reste quand même celui de la connaissance de l’écosystème dans lequel on évolue, source de confiance pour des managers prêts à travailler dans un environnement sain tout en délivrant le bon message aux collaborateurs.

Le management package est-il le meilleur moyen d’obtenir le maximum d’une équipe dirigeante ?

Au sein d’un LBO, deux populations cohabitent : les managers et le reste des collaborateurs. Ainsi, l’alignement des intérêts des actionnaires se fait tant avec les managers qu’avec les salariés. En ce qui nous concerne, les dirigeants ne sont pas les seuls à investir dans l’opération. S’il y a un outil de partage de la valeur au niveau des managers, les salariés bénéficient également d’un fonds commun de placement d’entreprise (FCPE). Cette situation correspond au postulat suivant : les managers investissent à risque alors que le reste des collaborateurs a la faculté de participer au succès du LBO de manière moins risquée. Dans le cadre du FCPE, l’entreprise finance un abondement important permettant de valoriser et de sécuriser l’investissement des salariés. Sous réserve que l’intéressement du management soit assez large et que l’ensemble des salariés de Vinci Park puisse participer aux fruits de la croissance, la mise en place de management packages est le meilleur moyen d’aligner les intérêts de toutes les parties et de partager la valeur. Finalement, c’est l’actionnaire qui demande aux managers d’investir sur la même base que lui et ce, sans garantie ou presque, car la seule protection réside dans la confiance de l’investisseur qui a participé à la vendor due diligence et qui a conçu le plan stratégique. Le fonds demande ensuite à l’investisseur d’allier la parole aux gestes et de montrer qu’il croit en l’opération. D’ailleurs, il faut bien comprendre que si les sommes investies ne représentent qu’au maximum 2 % du capital, elles constituent un engagement important à titre personnel. Pour conclure, le management package est aujourd’hui le meilleur outil pour favoriser la réussite d’un LBO.

Quel modèle de management package retenir ?

Notre modèle est celui où les investisseurs portent directement leurs économies au capital. Certains managers pourront avoir recours à des prêts individuels. Encore une fois, l’investissement est à risque. L’effort personnel atteste de la crédibilité du management au projet de création de valeur. De plus, tout cela reste sur la base du volontariat. Dans notre environnement, il n’y a aucun lien entre contrat de travail, position dans l’entreprise et investissements personnels dans le cadre du LBO. Pour autant, la participation des équipes au management package comme au FCPE est un critère de réussite de l’opération : si sur cinquante managers, seulement dix adhèrent au projet, il convient de se poser des questions, notamment du côté des actionnaires majoritaires. En ce qui concerne les fruits de la création de valeur, ils sont alignés sur la performance des fonds. Chose particulière, Vinci Park est un actif hybride (en partie infrastructure) et par conséquent les fonds Ardian et Predica sont actionnaires avec une vision à long terme. Leur sortie n’a donc pas été fixée à cinq ou sept ans et d’une certaine manière, cela assouplit leurs objectifs de rentabilité et ainsi, la pression sur le management. Nous travaillons sur le long terme pour créer de la valeur pour nos clients, nos collaborateurs et nos actionnaires.


Propos recueillis par Firmin Sylla

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