Sébastien Bazin, le frénétique

Sébastien Bazin n’a rien oublié de son passé de financier. À la tête d'Accor depuis 2013, il mène la transformation du groupe hôtelier présent dans une centaine de pays et enchaîne les acquisitions à un rythme effréné.

Sébastien Bazin n’a rien oublié de son passé de financier. À la tête d'Accor depuis 2013, il mène la transformation du groupe hôtelier présent dans une centaine de pays et enchaîne les acquisitions à un rythme effréné.

Responsable de la diversification et de la montée en gamme d’Accor, grâce à une série d’opérations de croissance externe, Sébastien Bazin porte également la transformation de l’opérateur hôtelier vers un modèle plus léger. Grâce à lui, le groupe aux 300 000 collaborateurs semble résister aux confinements et fermetures des frontières.

Les débuts dans la finance

Après une maîtrise de gestion de la Sorbonne, l’enfant du XVIe arrondissement se retrouve à 24 ans, grâce à son beau-père, propulsé trader à New York. En 1990, il rentre à Paris pour diriger la banque d'investissement Hottinguer Rivaud Finances, avant de rejoindre l’Immobilière hôtelière deux ans plus tard, où il prend goût au secteur. En 1997, il est nommé directeur général Europe de Colony Capital. Au sein du fonds de private equity, il mène diverses opérations, dans l’hôtellerie et l’immobilier notamment. Il investit dans Club Méditerranée, Lucien Barrière ou encore dans des tours à La Défense et dans Buffalo Grill, qu’il revendra à prix d’or, mais surtout dans Accor, dont il rejoint le conseil d’administration en 2005.

À l’été 2013, Sébastien Bazin devient président-directeur général d’Accor, dont il lance la profonde réorganisation, en zones géographiques et par gamme de marques, mais surtout en le scindant en deux pôles. D’un côté HotelServices, opérateur et franchiseur, de l’autre HotelInvest, en charge des investissements immobiliers, dont il a depuis cédé 70 % du capital pour près de 5 milliards d’euros.

La conquête internationale

De son ancienne vie, Sébastien Bazin conserve le goût des acquisitions. En six ans, il enrichit le portefeuille du groupe de trente nouvelles marques. Une nécessité de taille, dans un marché dominé par les américains. Du sixième groupe hôtelier au monde, il en fait le deuxième opérateur, derrière Marriott International, dans le haut de gamme et le luxe, grâce au rachat des hôtels Fairmont, Raffels et Swissôtel en 2016. Une jolie prise, suivie notamment de l’acquisition du suisse Mövenpick Hotels & Resorts deux ans plus tard.

En six ans, il enrichit le portefeuille du groupe de trente nouvelles marques.

Quand il prend ses fonctions, la France représente 60 % de l’activité du groupe. "Aujourd’hui, c’est 20 %", précise-t-il. Sans arrêter le développement de l’Hexagone, il accélère considérablement celui de l’Asie pacifique, de l’Afrique, du Moyen-Orient et des Amériques. Il va chercher la croissance dans des zones géographiques dans lesquelles le groupe n’était pas assez présent, comme l’Afrique et le Moyen-Orient, "des marchés en croissance de 5% à 7% par an", ou la Chine, où il noue une alliance avec Huazhu (China Lodging).

L’ouverture aux nouveaux marchés

Sébastien Bazin consolide le groupe en se débarrassant des murs, "car on ne pouvait pas investir dans l’immobilier et la maintenance, et en même temps dans le digital et la relation client". Il n’est donc plus qu’un financier, mais un professionnel de l’hôtellerie, qui a su transformer Accor et en faire le premier groupe hôtelier en Europe, en Amérique latine et en Asie – hors Chine. Depuis maintenant quatre ans, il élargit la palette des actifs. Il met ainsi la main sur les auberges de jeunesse Mama Shelter, les résidences de luxe Onefinestay, les bureaux partagés Wojo, la conciergerie John Paul ou le traiteur Potel & Chabot. Il investit également dans divers services digitaux comme Gekko ou Verychic.

Malgré les bons résultats du groupe de services, les marchés financiers n’adhérent pas à la stratégie, et "Accor reste sous-coté", selon Sébastien Bazin. Le dirigeant, dont le mandat a été renouvelé pour la deuxième fois fin décembre 2019, a donc trois ans pour convaincre les investisseurs.

Anne-Gabrielle Mangeret

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