Schneider Electric : Une croissance toujours plus verte

Les bonnes performances s’enchaînent pour Schneider Electric. En 2015, le géant français des équipements électriques présentait son nouveau plan stratégique. Un programme dans lequel le digital et le développement durable tiennent le haut du pavé.

Les bonnes performances s’enchaînent pour Schneider Electric. En 2015, le géant français des équipements électriques présentait son nouveau plan stratégique. Un programme dans lequel le digital et le développement durable tiennent le haut du pavé.

Schneider Electric est en bonne santé. Le spécialiste des équipements électriques a multiplié son chiffre d’affaires par 2,5 en moins de dix ans pour atteindre vingt-cinq milliards d’euros en 2014. Portées par la croissance externe, les ventes ont encore progressé de 6,8 % en 2015. Jean-Pascal Tricoire, son P-DG, prévoit de continuer sur cette lancée avec le plan «?Schneider is On?» annoncé en février 2015. Objectif?: 3?% à 6?% de croissance par an jusqu’en 2020.

 

Un plan quinquennal privilégiant la rentabilité

 

À l’occasion de la publication de ses résultats annuels, Schneider Electric a présenté un nouveau plan stratégique. Succédant à «?Connect?», «?Schneider is On?» se décline sur cinq axes?: «?faire plus?», «?simplifier?», «?digitaliser?», «?innover?» et «?former [les collaborateurs]?». Si les programmes précédents avaient fait la part belle à la croissance externe, l’industriel a cette année changé son fusil d’épaule. En cause, le jugement sévère des analystes qui ont qualifié de «?décevante?» la croissance organique. Depuis 2003, le groupe a réalisé une centaine d’acquisitions pour un montant total de dix-neuf milliards d’euros. Une stratégie volontariste qui a certes élargi la présence internationale de l’équipementier, mais qui s’est faite au détriment de la rentabilité. «?Nous sommes l’entreprise la plus globalisée de notre secteur?», se félicite néanmoins Jean-Pascal Tricoire tout en faisant des gains de productivité sa priorité. Un milliard d’euros, c’est l’objectif auquel s’ajoute des économies de frais de structure fixées entre 400 et 500 millions d’euros. L’industriel espère ainsi limiter l’érosion de sa marge opérationnelle, passée de 14,7?% en 2010 à 13,9?% en 2014. L’indicateur ultime de ce plan stratégique sera toutefois le retour sur capitaux employés, le fameux Roce. S’il s’établissait à 11?% l’année dernière, une amélioration à 14?% est attendue pour 2017. Un enjeu majeur pour l’entreprise comme pour ses dirigeants. De la progression du Roce dépend en effet le calcul de leurs rémunérations.

 

Schneider 2.0

 

Parmi les cinq axes du plan stratégique, la digitalisation fait partie des chantiers phares de 2015 pour Jean-Pascal Tricoire. «?Il faut faire converger les technologies opérationnelles et celles de l’information?», précise le patron. Récemment, Schneider Electric a multiplié les initiatives connectées. À l’instar des tableaux électriques reliés à Internet et des logiciels tels que StruxureWare dédié à la gestion des installations électriques des data centers. Pour se renforcer, l’industriel tisse des partenariats stratégiques. Au début de l’été, il a rejoint l’alliance LoRa (pour long range, «?longue portée?» en anglais) dont l’objectif est de développer un mode de communication bas débit pour l’Internet des objets.

 

L’association réunit déjà une cinquantaine d’entreprises parmi lesquelles IBM, Bouygues Telecom et Cisco. Schneider a d’ailleurs signé en juin un accord avec ce dernier, leader mondial des réseaux. Objectif, proposer une offre de réseaux locaux à destination des industriels. Mais dans cette course à la digitalisation, le cap le plus décisif aurait pu être franchi avec Aveva. Une pépite britannique, issue des centres de recherche de l’université de Cambridge, spécialisée dans les softwares de gestion techniques d’infrastructures industrielles pour les secteurs de l’extraction pétrole et gaz, mines, de la production d’électricité et de la papeterie. Après avoir racheté Invensys en 2014, cette acquisition aurait propulsé l’industriel français au rang de leader mondial des logiciels industriels mais «?après une période extensive de due diligence?», selon les mots d’Aveva, les deux parties ont décidé de couper court aux négociations par consentement mutuel.

 

Vert au-delà du logo

 

Pour Jean-Pascal Tricoire, le développement durable est l’autre composante incontournable de la croissance. Un engagement qui se vérifie dans les faits. L’Institut RSE considère Schneider comme «?l’entreprise la plus durable du CAC 40?». L’industriel français a intégré l’indice de référence Dow Jones Sustainability et se classe à la neuvième place des entreprises les plus durables au monde selon le magazine Corporate Knights. «?Les entreprises ont compris qu’écologie rime avec économie?», insiste-t-il lors du Business & Climate Summit qu’il copréside en mai dernier avec Pierre-André de Chalendar, P-DG de Saint-Gobain. Sans précédent, ce sommet a mobilisé les géants français sur les enjeux du changement climatique. M. Tricoire a appelé à «?des prix clairs et pérennes sur le carbone?».

 

L’homme d’affaires dope son carnet de commandes et sa compétitivité en s’appuyant sur une stratégie de développement durable. Pour Neoen, Schneider Electric achève en 2015 la plus grande centrale solaire d’Europe (la deuxième au monde) à Cestas en Gironde. Les sites du groupe sont soumis à une obligation d’optimisation énergétique afin de réduire leurs factures de 10?% tous les trois ans. L’équipementier va même jusqu’à appliquer les principes sacro-saints durables à ses projets philanthropiques. Comme en Afrique où il a participé à la fondation d’Energy Access Venture, un fonds de 54,4 millions d’euros qui ambitionne de financer l’électrification d’une dizaine de pays du continent. Pour Schneider Electric, qui fêtera ses 180 ans en 2016, l’avenir est à la croissance verte. Son patron, qui a grandi dans la campagne angevine, y voit «?le seul modèle qui permette aux neuf milliards d’habitants que comptera bientôt la planète de connaître un développement équitable?».

 

J.-H. F.

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