Sartorius Stedim Biotech, la pépite franco-allemande de la santé

Le chiffre d’affaires de ce fournisseur de l’industrie biopharmaceutique a bondi de 34,6% en 2020, à 1,9 milliard d’euros. La crise sanitaire lui a permis d’augmenter significativement ses ventes de produits servant à la fabrication de vaccins et de médicaments. Retour sur les clés du succès de cette star de la santé.

Le chiffre d’affaires de ce fournisseur de l’industrie biopharmaceutique a bondi de 34,6% en 2020, à 1,9 milliard d’euros. La crise sanitaire lui a permis d’augmenter significativement ses ventes de produits servant à la fabrication de vaccins et de médicaments. Retour sur les clés du succès de cette star de la santé.

Des poches, des membranes ou encore des filtres, des produits à usage unique fabriqués en grande quantité et au bon moment, en pleine crise sanitaire. Résultat ? Sartorius Stedim Biotech, pépite franco-allemande créée en 1870, s’est envolée haut, très haut, dépassant les objectifs fixés pourtant relevés trois fois en cours d’exercice. Mais la pandémie n’explique pas, à elle seule, le succès de cette entreprise créée il y a 151 ans, qui repose sur des bases robustes et éprouvées et qui a l’intelligence, et surtout l’agilité, de humer les vents porteurs pour surfer sur la vague du succès.

Un modèle très rentable

"Nous avons enregistré une forte croissance dans toutes les catégories de produits et toutes les régions. La demande accrue, notamment dans le domaine des médicaments et vaccins contre le Covid-19, a dépassé nos prévisions", s’est ainsi félicité Joachim Kreuzburg, le président du conseil d'administration et le président-directeur général du groupe, ajoutant qu’"en dépit des restrictions actuelles, l'intégration des parts acquises du portefeuille de sciences de la vie de Danaher progresse bien. Aussi entamons-nous le second semestre de l'année pleinement confiants malgré les incertitudes et les défis considérables qui subsistent face à la pandémie de coronavirus."

Au sujet des deux acquisitions majeures effectuées en 2020, à savoir les parts du portefeuille de sciences de la vie de Danaher initialement consolidées depuis mai 2020 et les activités du spécialiste des milieux de culture cellulaire Biological Industries consolidé depuis en décembre 2019,"celles-ci ont représenté près de 3 points de pourcentage de cette croissance", a indiqué le groupe.

"Les économies d'échelle significatives ont joué le rôle le plus important pour cette augmentation considérable de la rentabilité"

Côté rentabilité, tout va pour le mieux puisque l'Ebitda courant a grimpé de 39,2% à 434,7 millions, faisant ressortir une marge de 31,5%. "Les économies d'échelle significatives ont joué le rôle le plus important pour cette augmentation considérable de la rentabilité et la réduction des coûts dans certains domaines suite à la pandémie", a commenté le groupe.

Pour 2021, les dirigeants de Sartorius visent une nouvelle hausse des ventes de 20% à 26% ainsi qu’une marge d’Ebitda courant à 32%. Un ratio qui pourrait monter à 33% en 2025 selon leurs projections contre un objectif initial de 30%. À cet horizon, les revenus devraient atteindre les 4 milliards d’euros, loin des 2,8 milliards précédemment fixés !

Impact limité de la pandémie

Le groupe suppose que la pandémie a participé au bond de son chiffre d’affaires à hauteur d'environ 9 points de pourcentage. Près de la moitié de cette contribution est liée à l'accélération des capacités de production de vaccins et médicaments contre le coronavirus, et l'autre moitié à l'augmentation des stocks par les clients.

En décembre 2020, le carnet de commandes global du groupe atteignait 2,4 milliards d’euros, en hausse de 54,3% sur un an. Mais la dynamique de l'entreprise ne repose pas uniquement sur la pandémie car les trois quarts des revenus sont récurrents et expliquent le succès et la robustesse du modèle Sartorius.

Haute technologie à usage unique

Sartorius Stedim Biotech est l'un des principaux fournisseurs internationaux de produits et services dans l'industrie biopharmaceutique, destinés au développement et à la fabrication de produits pharmaceutiques. Mettant en avant la sûreté, la rapidité et la rentabilité, l’entreprise s’est ainsi construit une solide réputation mondiale. Les principales catégories de produits qu’elle fabrique sont la culture cellulaire, la fermentation, la filtration, la purification et la gestion des fluides. En tant que fournisseur de solutions intégrées, le portefeuille de Sartorius Stedim Biotech couvre ainsi presque toutes les étapes de la production biopharmaceutique. Avec sa forte concentration sur les technologies à usage unique et les services à valeur ajoutée, l’entreprise franco-allemande se place ainsi au cœur de la mutation technologique fulgurante que connaît son secteur d'activité.

L’entreprise, qui a son siège social en France, à Aubagne, jouit aujourd’hui d’une présence mondiale avec des sites de production, des points de vente et des pôles de recherche et développement dans plus de 20 pays d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie. Le groupe emploie plus de 6 200 collaborateurs à travers le monde.

Anne-Sophie David

Top chrono

  • 1870 : création de Sartorius en Allemagne
  • 2007 : fusion de la division biotechnologie de Sartorius AG avec le fournisseur biotech français Stedim. La nouvelle société est cotée à la Bourse de Paris.
  • Octobre 2011 : fermeture de l’établissement (PSE) de Sartorius Mechatronics à Palaiseau à la suite de la décision du groupe de séparer en deux entités distinctes Industrie et Laboratoire, et le projet de la vente de cette division industrie.
  • Avril 2020 : clôture de l’acquisition de certaines parts du portefeuille de sciences de la vie de Danaher Corporation.
  • Novembre 2020 : acquisition de BIA Separations pour 360 millions d'euros, une acquisition qui devrait doter Sartorius "d'une technologie de pointe unique au monde pour la purification et l'analyse de grandes biomolécules, telles que les virus, les plasmides et l’ARN messager".
  • Stratégie 2025 fondée sur l'élargissement de l'offre par acquisitions, notamment en Amérique du Nord et Asie, sur l'optimisation des process industriels et la hausse des capacités de production.

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