S. Paetzold (Paetzold Avocats) : "D'anciens adversaires sont devenus clients du cabinet"

S. Paetzold (Paetzold Avocats) : "D'anciens adversaires sont devenus clients du cabinet"
Stéphan Paetzold, associé chez Paetzold Avocats

Fort d’une équipe internationale aux avocats multilingues, Paetzold Avocats accompagne principalement des industriels aux côtés de leurs assureurs pour la gestion de leurs risques en amont et en aval des dossiers contentieux. Son associé Stephan Paetzold revient sur le développement du cabinet et nous présente ses plus beaux succès récents.

Décideurs. Paetzold Avocats est avant tout une histoire de famille. Pouvez-vous nous présenter votre structure ? 

Stephan Paetzold. Ce n’est pas seulement une affaire de famille puisque nous avons, associé, depuis longtemps, plusieurs avocats ayant commencé à collaborer avec la structure dès le début de notre aventure entrepreneuriale. Les origines du cabinet remontent aux années 1960. En 1986, mon frère Andreas a intégré la structure, l’a développée et lui a donné visibilité et notoriété sur le marché franco-allemand. J’ai moi-même rejoint la structure en 1997 après quelques années passées dans de grands cabinets de la place parisienne. Grâce à notre organisation souple, notre travail et notre engagement auprès de notre clientèle, nous nous sommes agrandis, avons associé des collaborateurs et sommes devenus une référence dans les cabinets franco-allemands de droit des affaires.
Nous ne traitons pas uniquement des dossiers de sinistres et de risques : nous intervenons dans tous les secteurs du droit des affaires. Bien entendu, l’activité de gestion des risques au sens large présente une part importante dans notre activité et nous comptons rester présents dans ce domaine d’activité. Mais il faut être lucide : le nombre de dossiers baisse au fil du temps et l’intelligence artificielle, les nouveaux modes de résolution des conflits au détriment de la procédure judiciaire que le régulateur décourage entraineront nécessairement une contraction de ce marché dans les années à venir !
Après une très forte croissance ininterrompue pendant plusieurs années, nous avons fait face, comme de nombreux cabinets à un resserrement du marché et l’arrivée de nombreux concurrents dans ce secteur. Nous avons donc adapté notre structure et sommes repartis de l’avant au service de notre clientèle.

Selon vous, qu’est-ce qui fait votre force, ce qui vous distingue de vos concurrents ?

Notre force est la cohésion et la stabilité qui règnent au cabinet, mais également notre souplesse de fonctionnement, la qualité de nos avocats ainsi que notre approche pragmatique et réaliste des dossiers. Notre force de travail et notre engagement auprès des clients font la différence. La meilleure preuve en est que d’anciens adversaires sont devenus clients du cabinet !
Concernant particulièrement le domaine des risques, nous voyons loin dans la stratégie judiciaire : nos récents succès dans des dossiers importants, où les experts judiciaires avaient considéré la responsabilité technique de nos clients engagés, confortent notre approche des dossiers.

"Notre force : la cohésion et la stabilité qui règnent au sein du cabinet"

Quelles sont vos ambitions ?

Exercer notre profession selon notre serment avec motivation et engagement au bénéfice de notre clientèle, sans course à la taille.

Vous êtes reconnu en risques industriels, en contentieux des assurances ainsi qu’en responsabilité du fait des produits. Quelles sont vos plus belles réalisations ?

Cette dernière année, nous avons encore remporté de très beaux succès. Nous avons les premiers jugements de débouté dans le très important sinistre sériel photovoltaïque dit "Scheuten" qui font suite à 100 % de rapports d’expertise favorables. Cela ne fut pas une chose aisée car les assureurs dommages ne manquaient pas d’imagination pour essayer de faire porter une part de responsabilité à notre cliente, dont les produits n’ont jamais été défaillants.
Nous avons obtenu une très belle décision de la cour d’appel de Reims (chambre civile, 1re section, 03/03/2020, 19/00039) dans une affaire où l’expert judiciaire avait retenu la responsabilité technique de notre cliente dans l’explosion d’une chaudière industrielle. Notre analyse du dossier, suivant laquelle les recours étaient prescrits selon le droit (allemand) applicable, a été intégralement validée par la Cour. Ce dossier est à l’examen de la Cour de cassation, mais nous sommes très confiants. Ceci pose la question de certaines expertises judiciaires longues et coûteuses engagées sans véritable analyse juridique préalable, spécialement en matière de droit international privé. Certains de nos concurrents ne sont à l’évidence pas au fait de ces questions juridiques et engagent leurs mandants dans des aventures judiciaires vouées à l’échec. Je pourrais multiplier ces exemples !
Nous avons également obtenu une décision favorable de la Cour de cassation (3e civile, 01/10/2020 Arrêt 709 F-D), dans laquelle le recours d’un constructeur contre les sous-traitants a été déclaré prescrit, après une lourde condamnation de notre cliente en appel sur rapport d’expertise défavorable. Ici encore, nos concurrents avaient fait preuve de peu de perspicacité, car ils n’avaient pas suspendu le cours de la prescription après notre intervention volontaire aux opérations d’expertise et avaient laissé filer le temps !

"Nous intervenons dans quasiment tous les secteurs du droit des affaires"

Enfin, une dernière décision remarquable de la Cour de cassation (1re civile, 24/06/2020, Arrêt 356 F-D) mérite d’être citée : nous avons contribué à conforter la jurisprudence dite de la "compétence-compétence" et permis de délocaliser un important litige entre cotraitants et maître de l’ouvrage relatif à l’exécution d’un contrat de rénovation d’une usine chimique du tribunal de commerce français au tribunal arbitral suisse et éviter ainsi une expertise judiciaire "à la française" à notre cliente, qui n’était pourtant pas liée par contrat aux cotraitants et n’avait de ce fait pas convenu de clause compromissoire avec ses contradicteurs. Notre bonne maîtrise des questions de procédure internationale a fait la différence !

Connaissez-vous un afflux de dossiers depuis le début de la crise sanitaire ?

Oui, malgré les perturbations engendrées par la crise sanitaire, nous enregistrons une très bonne dynamique. Les dossiers récents portent beaucoup sur des incendies et désordres de matériels électroniques et photovoltaïques dans les secteurs de l’énergie et des nouvelles mobilités. Nos activités dans le secteur ferroviaire se sont beaucoup développées depuis le début de la crise sanitaire. Nous y enregistrons des succès considérables en expertise.

Quelles sont les grandes tendances du moment dans votre secteur ?

Le règlement des dossiers en amont, pour tenter d’éviter les procédures judiciaires longues, coûteuses et aléatoires, mais aussi la contractualisation de la réduction des risques avant leur survenance : c’est d’ailleurs l’une de nos forces, nous intervenons pour de nombreux clients industriels dans la mise en place d’une gestion des risques. Enfin, je pense à la nécessité de faire preuve de souplesse, dans un marché en pleine évolution.

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