S. de Frouville (Comgest) : "À ce stade du cycle, il y a peu d’alternatives aux actions de qualité"

Depuis sa création en 1985, Comgest demeure fidèle à la même philosophie d’investissement : la recherche de sociétés à la qualité éprouvée avec de solides perspectives de croissance durable. Une politique qu’elle met en œuvre pour toute la gamme dont les fonds phares Comgest Monde, CG Nouvelle Asie, Magellan ou encore Renaissance Europe. Sébastien de Frouville nous explique les choix des gérants à l’heure où les perspectives du commerce international s'assombrissent.
Sébastien de Frouville

Depuis sa création en 1985, Comgest demeure fidèle à la même philosophie d’investissement : la recherche de sociétés à la qualité éprouvée avec de solides perspectives de croissance durable. Une politique qu’elle met en œuvre pour toute la gamme dont les fonds phares Comgest Monde, CG Nouvelle Asie, Magellan ou encore Renaissance Europe. Sébastien de Frouville nous explique les choix des gérants à l’heure où les perspectives du commerce international s'assombrissent.

Décideurs. Votre philosophie d’investissement est bien connue. Vous visez des sociétés ayant une croissance durable, de qualité et en capacité de se développer. Quelle typologie de société cela implique ? Vos fonds ont-il un biais sectoriel ?

Sébastien de Frouville. C’est l’une des conséquences de notre approche : les secteurs de la technologie, plutôt les software, de la santé et de la consommation sont bien représentés dans nos fonds. À l’inverse nous sommes complètement absents du secteur bancaire, des matières premières et de l’énergie, autrement dit des sociétés trop dépendantes des cycles ou du prix des matières premières. Parmi les principales lignes de nos fonds figurent L’Oréal dont la croissance en Chine est supérieure à celle du marché et le groupe chinois Ping An Insurance. Une société qui est parfaitement positionnée pour répondre au besoin de la population chinoise de sécuriser leur avenir dans un pays sans protection sociale.

La dette des entreprises mondiales tend à s’accroître. Cela fait-il l’objet d’une vigilance accrue de la part de vos analystes ?

Les sociétés de notre portefeuille sont dans la grande majorité très peu endettées. Elles ont des retours sur capitaux propres supérieurs à 15 % et une croissance des bénéfices prévisionnelles pour les cinq prochaines années que nous estimons à deux chiffres. Deux voies sont possibles pour que la croissance soit au rendez-vous. Soit elles bénéficient de « megatrend » (vieillissement de la population, occidentalisation du mode de consommation, le big data, la sous traitance, gain productivité). Environ 75 % des sociétés qui composent nos portefeuilles bénéficient de ces tendances. Soit elles gagnent des parts de marché. C’est le cas avec le japonais Makita, spécialisée dans le petit outillage ou de Fast Retailing qui détient Uniqlo. La longévité de leur croissance vient de la franchise, c’est-à-dire de la barrière à l’entrée qu’ils ont su installer. Cet avantage concurrentiel est le plus souvent la conséquence de leur capacité d’innovation et / ou de la force de la marque.

"Pour faire de la croissance les entreprises doivent bénéficier de « megatrend » ou gagner des parts de marché" 

Les valorisations élevées vous conduisent-elles à privilégier une situation d’attente ?

Nous maintenons une certaine discipline de valorisation. Mais si les actions peuvent paraitre chères en absolu, elles ne le sont pas nécessairement en relatif, au regard notamment dû niveaux des taux d’intérêt. Chaque univers a ses histoires. Nos portefeuilles couvrent plusieurs zones géographiques. Les valorisations des marchés émergents demeurent inférieures à la moyenne long terme. En Europe, elles sont à peine supérieures à celle-ci.

Certains parlent d’une rotation de style vers les titres plus « value », pensez-vous que ce phénomène va s’installer dans le temps ?

Il y a toujours eu des mouvements de rattrapage de court terme. Nous pensons qu’il n’y a pas beaucoup d’alternative aux actions cotées et à ce stade du cycle peu d’alternatives aux actions de qualité.

Les désaccords commerciaux récurrents entre les États-Unis et la Chine influencent-ils la gestion de vos portefeuilles ?

Suivre un process qualité revient à choisir des sociétés qui sont peu sensibles aux facteurs externes dont une hypothétique de globalisation. La grande majorité des firmes sur lesquelles nous sommes investies sont d’envergure mondiale et ont ce grand avantage de fabriquer / embaucher très souvent là où elles vendent leurs produits et services. Nous avons également quelques sociétés purement domestiques, par exemple au Japon. C’est le cas d’Hikari Tsushin, une société qui propose depuis de nombreuses années des services liés à la sous traitance a un portefeuille de pme japonaises.

Propos recueillis par Aurélien Florin

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