S. Bureau (HumaKey) : "Le property manager devra identifier les nouveaux besoins et y répondre"

Alors que les property managers continuent à assurer leurs missions dans cette situation inédite, Stéphane Bureau, président fondateur de HumaKey, décrit à Décideurs son quotidien et livre ses projections sur l’après-crise.
Stéphane Bureau (@Stéphane de Bourgies)

Alors que les property managers continuent à assurer leurs missions dans cette situation inédite, Stéphane Bureau, président fondateur de HumaKey, décrit à Décideurs son quotidien et livre ses projections sur l’après-crise.

Décideurs. La solidarité est le leitmotiv des professionnels de l'immobilier depuis le début du confinement. Comment cela se matérialise-t-il au sein de votre activité ?

Stéphane Bureau. Le property management fait partie de ces activités qui se poursuivent malgré la crise. Nous avons donc dû réagir rapidement pour continuer à assurer nos missions tout en protégeant nos 30 collaborateurs. Le télétravail nous a permis de répondre à cette exigence. La solidarité, c’est également penser aux autres acteurs de la chaîne de valeur immobilière avec qui nous sommes en lien. En amont, nous informons régulièrement nos investisseurs, parfois même en temps réel. En aval, nous veillons à ce que les immeubles partiellement occupés par nos locataires soient totalement opérationnels d’un point de vue technique. C’est possible grâce à nos partenaires prestataires qui se sont également organisés pour maintenir leur activité. Dernière manifestation de la solidarité, des initiatives plus personnelles en faveur des personnes isolées.

Qu’en est-il de l’aspect financier ?

Nous n’avons pas eu recours au chômage partiel car nous maintenons 100 % de notre activité. Concernant nos fournisseurs, nous avons mis en place un système de règlement. Ce dispositif est opérationnel et fonctionne à plein. Nous restons également très attentifs au recouvrement des loyers et des charges.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous faites face actuellement dans votre activité ? 

Le property management est basé sur un travail d’équipe avec trois pôles de compétence : la gestion locative, comptable et technique. Cette dernière nécessite une présence physique au niveau des immeubles. Elle a été limitée au strict minimum pendant le confinement car nous pouvons monitorer à distance l’exploitation des bâtiments grâce à différents outils et des dispositifs spécifiques que nous avons positionnés sur certains actifs avec des sociétés de maintenance. La principale difficulté consiste finalement à réussir à garder le lien physique avec les propriétaires, les locataires et les parties prenantes, ce qui constitue l’ADN de HumaKey. La perspective d’un prochain déconfinement va nous permettre de retrouver de la sérénité de ce point de vue.

Quel regard portez-vous sur l’action du gouvernement dans cette situation ?

L’exécutif a dû traiter de front les volets sanitaire, social et économique de cette crise, sans un effet de panique qui aurait pu être dévastateur. Lorsque le déconfinement s’amorcera, le gouvernement devra promouvoir une autre écologie centrée sur l’humain car cette crise agit comme un révélateur. Chacun a sa place dans la société, et nous devons saisir l’occasion qui nous est donnée pour repenser tous ensemble notre modèle. Nous vivons dans un monde qui est en perpétuelle surchauffe, ce qui multiplie les risques et fait oublier à l’Homme sa vulnérabilité.... Personne n’est épargnée par la crise sanitaire actuelle et nous devrons nous en souvenir.

Dans quelle mesure cette crise sanitaire pourrait faire évoluer à moyen terme votre stratégie et les grands principes de fonctionnement du secteur immobilier selon vous ? 

Notre stratégie a été bâtie dès la première heure autour de l’humain et cela va continuer. De nouveaux besoins s’exprimeront au cours des prochains mois et le property manager devra les identifier et y répondre. Cela se traduira notamment par une nouvelle dimension donnée aux relations, plus authentiques au sein des entreprises et à des attentes plus fortes en matière de sécurité, de santé au travail, et d’opérabilité des m² utilisés. De même, je suis convaincu que l’immeuble de demain sera guidé par la valeur émotionnelle, captée par le biais de nos 5 sens, une nouvelle étape dans le bien-être des utilisateurs sur laquelle nous travaillons déjà et qui nécessitera d’adapter la gestion des immeubles et de repenser les aménagements des espaces. Enfin, de manière plus large, nous devrons tous être contributeurs d’actions collectives sur des sujets de société. Les acteurs de l’immobilier entre eux auront un rôle majeur à jouer dans cette dynamique.

Propos recueillis par François Perrigault (@fperrigault)

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Sommaire C. Murciani (Acofi Gestion) : "Notre solidarité s’exprime notamment envers nos emprunteurs" L. Camilli (Clearwater International) : "Les fonds de garantie thématiques constituent une solution intéressante" C. Lamaud : "Les investisseurs comme Anaxago doivent être présents dans les bons et les mauvais moments" C. Journo-Baur (Wishibam) : "Notre solution est d’utilité publique dans cette situation de crise sanitaire" B. Heurteux (HBS-Research) : "Des associations entre start-up devront être réalisées" C. Rayssac : "Bazimo a lancé des nouveaux projets de développement pendant le confinement" A. Emery : "La RICS va poursuivre ce qui a été initié depuis un an en France" B. Fremaux (Idex) : "La crise nous a touché de manière assez disparate" C. van Appelghem (Atlante Gestion) : "Le capital investissement devra porter un regard différent sur des actions de société" B. Marzloff (Chronos) : "La pandémie a été un laboratoire formidable pour la réforme de la ville"
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