Rupture déclarée pour TechnipFMC

Le M&A n’est pas toujours la solution. Annoncé en grande pompe comme « un succès retentissant » en 2016, le mariage entre les deux groupes parapétroliers, Technip et FMC, se solde par un divorce.
Le M&A n’est pas toujours la solution. Annoncé en grande pompe comme « un succès retentissant » en 2016, le mariage entre les deux groupes parapétroliers, Technip et FMC, se solde par un divorce.

Le M&A n’est pas toujours la solution. Annoncé en grande pompe comme « un succès retentissant » en 2016, le mariage entre les deux groupes parapétroliers, Technip et FMC, se solde par un divorce.

Machine arrière toute pour TechnipFMC ? Alors qu’il y a trois ans le français Technip et l’américain FMC fusionnaient et donnaient naissance à TechnipFMC, un projet de scission a été approuvé à l’unanimité par le conseil d’administration du groupe. Un revirement salué par le marché qui s’accompagne d’un véritable rebond en Bourse. L’opération permet la création de deux sociétés leaders de leurs secteurs, indépendantes et cotées. La première, RemainCo, conserve l’activité sous-marine de TechnipFMC, sera basée à Houston et comptera environ 22 000 salariés. La seconde, SpinCo, continuera avec les projets industriels à cycles longs, avec 15 000 employés dont 3 000 basés à Paris et un siège social aux Pays-Bas. Cette séparation devrait permettre de retrouver flexibilité et croissance pour chaque entreprise, ce qui n’est pourtant pas sans alarmer les salariés qui redoutent l’affaiblissement des deux nouvelles entités et le passage sous contrôle américain. Le coup de maître de la société texane est de sortir du jeu tout en récupérant des technologies de Technip sans verser d’argent en contrepartie.

Ironie du sort

À l’époque, la fusion se réalisait entre partenaires considérés comme « égaux ». Technip avait un chiffre d’affaires deux fois supérieur à celui de FMC, mais le groupe Texan compensait avec une rentabilité plus élevée. Alors que le moteur pour le PDG français, Thierry Pilenko, était d’éviter l’absorption par un groupe plus puissant, l’emprise de la PME américaine sur le Français ne s’est pas fait attendre. Au grand dam des salariés, le Texan à progressivement englouti son homologue avec une direction 100 % américaine et une gestion depuis Houston. Cette réalité fait basculer les deux sociétés. La stratégie portée sur le M&A amorce la dégringolade du groupe, une perte de valeur de 40 % en Bourse et une perte nette de 1,9 milliard d’euros en 2018. Des résultats à l’origine de la scission, qui devrait être finalisée dans le courant du premier semestre 2020. Celle-ci sera-t-elle synonyme de renaissance pour les deux groupes ?

Inès Giauffret

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