Rima Abdul Malak, ministre de la Culture de l’ombre à la lumière

Le monde de la culture connaît bien cette conseillère de l’Élysée qui remplace Roselyne Bachelot rue de Valois. Proche d’Emmanuel Macron, elle devrait être immédiatement opérationnelle.

Le monde de la culture connaît bien cette conseillère de l’Élysée qui remplace Roselyne Bachelot rue de Valois. Proche d’Emmanuel Macron, elle devrait être immédiatement opérationnelle.

La France est un pays dans lequel le portefeuille de la Culture occupe une place centrale. Chaque gouvernement, qu’il soit de droite ou de gauche, cherche à insuffler une politique culturelle en nommant des personnalités de renom telles qu’André Malraux ou Jack Lang. Si la nouvelle titulaire du poste, Rima Abdul Malak, est peu connue du grand public, elle est bien au fait des politiques culturelles et ne manque pas d’ambitions.

Madame culture de l’Élysée

Depuis novembre 2019, Rima Abdul Malak était la "Madame culture" de l’Élysée. Dans un contexte de crise sanitaire, elle a joué un rôle central dans la mise en place de l’année blanche pour les intermittents du spectacle, du pass Culture, mais aussi dans l’élaboration du plan  "Mondes nouveaux", lancé en 2021 pour soutenir l’industrie culturelle française. Parfaitement opérationnelle, familière du fonctionnement de l’Élysée et de la haute administration, écoutée par le Président, sa nomination ne constitue pas une surprise pour les spécialistes du secteur. Dans la machine de l’État, son influence était telle que L’Obs l’a surnommée "l’autre ministre de la Culture" dans un des rares portraits consacrés à cette femme discrète dont le nom était d’ailleurs cité pour remplacer Franck Riester lors du dernier remaniement.

Beyrouth, Paris, New York : trajectoire d’une globe-trotteuse

Le parcours de Rima Abdul Malak commence à Beyrouth où elle est née en 1979. C’est à l’âge de 10 ans que sa famille s’installe en France. Son parcours professionnel commence chez Clowns sans frontières, association dont la mission est "d’apporter rire spectacle et soutien psychosocial aux enfants et aux populations victimes de crises humanitaires".

En 2008, elle intègre un lieu où, à l’époque, les hauts potentiels se bousculent et s’émulent : l’Hôtel de ville de Paris alors dirigé par Bertrand Delanoë. Elle devient conseillère spectacle vivant pour la directrice de cabinet de Christophe Girard, adjoint à la Culture. À cette époque, elle a peut-être croisé dans les couloirs sa nouvelle "patronne" Élisabeth Borne, elle aussi à la Ville de Paris.

En 2014, elle traverse l’Atlantique pour occuper le poste d’attachée culturelle, cheffe du département des arts visuels et performances du service culturel de l’ambassade de France à New York. Parmi ses réalisations, le lancement de Oui Design, "un programme de promotion du design français à New York et des festivals pour le jeune public". De quoi se faire remarquer par l’Élysée qui la rapatrie, la teste et la fait désormais monter en première ligne. Une trajectoire comparable à celle de Clément Beaune, passé par le palais présidentiel avant d’entrer au gouvernement. Ou d’un certain Emmanuel Macron.

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