Renaud Guillerm (Side Capital) : « Nous sommes un fonds d’entrepreneurs au service d’entrepreneurs »

Lancé début 2016, Side Capital a investi sept millions d’euros dans douze start-up en deux ans. Son fondateur Renaud Guillerm, ancien fiscaliste et cofondateur de Videdressing, explique sa stratégie d’investissement et son cœur de métier : l’accompagnement des entreprises en phase d’amorçage.

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Renaud Guillerm, managing partner, Side Capital

Lancé début 2016, Side Capital a investi sept millions d’euros dans douze start-up en deux ans. Son fondateur Renaud Guillerm, ancien fiscaliste et cofondateur de Videdressing, explique sa stratégie d’investissement et son cœur de métier : l’accompagnement des entreprises en phase d’amorçage.

Décideurs. Quelle est l’approche de Side Capital ?

Renaud Guillerm. Side est un fonds d’investissement et d’accompagnement de jeunes start-up. Nous insistons beaucoup sur l’accompagnement : nous sommes side by side, aux côtés des fondateurs. Nous intervenons en phase d’amorçage, ce qui signifie que nous sommes les premiers investisseurs dans des start-up pleines d’énergie, mais dont les créateurs ont besoin d’être coachés pour se développer mais aussi, demain, être capables de travailler avec des fonds plus classiques.

Pourquoi vous concentrer sur la phase d’amorçage ?

Il s’agit d’une phase sur laquelle peu d’investisseurs sont positionnés, mais aussi d’un moment compliqué pour le fondateur, qui doit apprendre à lever la tête de l’eau pour continuer à avancer. Nous investissons des tickets de 300 000 à 600 000 euros dans des entreprises jeunes mais qui ont déjà un produit, un client et qui réalisent un chiffre d’affaires. C’est à ce moment-là que nous pouvons leur apporter le plus de valeur et donc, en tant que fonds, générer de la valeur pour nos investisseurs. La plupart des fonds classiques n’entrent qu’à partir d’un million d’euros : les start-up dans lesquelles Side investit ne sont donc pas leur cœur de cible. Notre créneau se situe entre le love money [ndlr, « l’argent de l’amour » procuré par les fonds d’épargne des proches] et le fonds classique.

Quel modèle financier avez-vous adopté ?

Nous n’appliquons pas de frais de gestion et ne prélevons qu’un carried interest (i.e. un pourcentage de la plus-value réalisée par l’investisseur). Cela signifie que nous gagnons de l’argent seulement si notre investisseur en gagne aussi. De plus, nous fonctionnons en deal by deal, ce qui veut dire que nos investisseurs peuvent choisir les projets dans lesquels ils investissent. Cela nous semblait important pour conserver la notion de plaisir d’investir. Nous sommes positionnés comme investisseurs de long terme et ne sommes pas contraints par la liquidité de céder nos participations. Nous créons un véhicule d’investissement par deal, sachant que le ticket moyen est de 20 000 à 30 000 euros par investisseur et par start-up. Enfin, nous avons vocation à réinvestir si d’autres tours de table se présentent. C’est ce que nous avons fait avec l’entreprise d’assistance virtuelle Julie Desk, financée en 2016. Puis, en mars 2017, Entrepreneur Ventures est entré au capital et nous avons réinvesti afin de maintenir notre taux de détention.

« Le critère central de sélection sera la relation avec le ou les fondateurs »

Quelle est votre fréquence d’investissement et comment sélectionnez-vous les start-up que vous financez ?

Side investit dans six start-up par an. Nous recevons environ 600 dossiers chaque année et rencontrons 150 équipes pour un premier rendez-vous. Les discussions se poursuivent avec une trentaine d’entre elles, pour finalement réaliser six deals. Les sociétés investies sont toutes françaises et digitales. Au-delà des données financières et du potentiel du business model, le critère central de sélection sera la relation avec le ou les fondateurs. Pour décider de ces investissements, je suis entouré d’une vingtaine d’entrepreneurs du digital comme Frédéric Mazzella, fondateur de Blablacar ou Thierry Petit, fondateur de Showroomprivé. Ils participent à la sélection des dossiers mais aident aussi de manière ponctuelle les entrepreneurs.

Vous étiez un business angel avant de créer Side Capital. Qu’est-ce que cette expérience vous a apporté ?

Je me suis fait la main en investissant pendant cinq ans dans une vingtaine de start-up. Je dois dire qu’il est plus facile d’être investisseur que d’être entrepreneur ! La beauté de ce métier est qu’il me permet de participer à plusieurs projets, et surtout d’être impliqué dans la stratégie des entreprises. Nous sommes un fonds d’entrepreneurs au service d’entrepreneurs. Cette approche est fondamentale, surtout au stade auquel nous intervenons, quand l’entreprise est encore, avant tout le reste, une aventure humaine.

Propos recueillis par Camille Prigent

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