Remaniement : au cœur de Bercy, la relance

Bruno Le Maire conserve son poste de ministre de l’Économie et des Finances, dénomination à laquelle vient désormais s’adjoindre le terme de "relance". À ses côtés, un nouvel entrant, Alain Griset, jusque-là président de l’U2P, qui se concentrera sur les PME.

Bruno Le Maire conserve son poste de ministre de l’Économie et des Finances, dénomination à laquelle vient désormais s’adjoindre le terme de "relance". À ses côtés, un nouvel entrant, Alain Griset, jusque-là président de l’U2P, qui se concentrera sur les PME.

Depuis le début de la crise, Bruno Le Maire se montre à la hauteur. Le ministre de l’Économie et des Finances présentait dès mars les mesures d’urgence permettant d’aider les entreprises à faire face à la tempête. Rien d’étonnant donc à ce que cet homme d’État, venu des rangs de la droite, soit reconduit dans ses fonctions dans le cadre du remaniement gouvernemental annoncé le lundi 6 juillet. Bruno Le Maire se voit même adjoindre une nouvelle dénomination à son poste puisqu’il devient, dans le détail, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance. En effet, les divers plans de soutien annoncés ces dernières semaines par le locataire de Bercy doivent être renforcés. Des concertations sont prévues pour cet été en vue de l’annonce à la rentrée d’un plan de relance global.

L’industrie et les Comptes publics

À ses côtés pour mener à bien sa mission, Agnès Pannier-Runacher. Nommée en 2018 secrétaire d’État en charge de la reconquête industrielle (plus précisément de l’industrie, des entreprises en difficulté, du commerce, de l’artisanat, de la consommation ainsi que de l’innovation), son travail était reconnu par les milieux concernés. C’est durant la crise que cette diplômée de l’ENA et d’HEC est sortie de l’ombre puisqu’elle est chargée de veiller à l’approvisionnement et à la distribution des masques, l’une des armes majeures pour lutter, au moins dans un premier temps, contre la Covid-19.

Agnès Pannier-Runacher continuera, au sein du nouveau gouvernement, à servir l’industrie mais cette fois en tant que ministre déléguée. Tandis que l’ex-PS Olivier Dussopt qui œuvrait jusque-là auprès de Gérald Darmanin (nouveau ministre de l’Intérieur) en tant que secrétaire d’État, prend la suite de ce dernier au poste de ministre délégué aux Comptes publics.

Les PME à l’honneur, avec Alain Griset

La véritable nouveauté au sein de Bercy tient surtout à l’entrée d’Alain Griset au gouvernement, en qualité de ministre délégué en charge des PME. Deux ans après avoir raté "brillamment" son bac (comme il le confiait lui-même dans les colonnes de Ouest France en 2012), ce fils d'ouvrier métallurgiste passe son permis et, très vite, monte sa propre société de taxi. Il a travaillé à Lille, Maubeuge, Tourcoing et Douai. Il a également été cogérant d’une entreprise d’esthétique. De nature engagée, il préside la Chambre de métiers et de l'artisanat de région du Nord-Pas-de-Calais puis l’Assemblée permanente des chambres des métiers et de l’artisanat (APCMA) de 2000 à 2016. Il est ensuite désigné président de l’Union des entreprises de proximité (U2P), qui représente 2,8 millions d’entreprises. "Comme des centaines de milliers de gens, j'aime participer à la vie collective, m'occuper des autres. Mais toujours en allant jusqu'au bout des choses", ajoutait-il également dans Ouest France.

"Comme des centaines de milliers de gens, j'aime participer à la vie collective, m'occuper des autres. Mais toujours en allant jusqu'au bout des choses"

Depuis le début de la crise, ce sexagénaire venu des Hauts-de-France défend son secteur notamment en demandant au gouvernement de prendre des mesures de soutien. S’il s’est félicité du travail accompli jusque-là, il œuvre pour que les sociétés s’emparent des différents dispositifs et afin de résoudre les difficultés d’application. À son nouveau poste, sa force de frappe devrait être démultipliée. Et la création de son portefeuille montre la volonté du gouvernement Castex de ne pas négliger les PME. Si elles s’avèrent pourvoyeuses d’emplois, les mettre à l’honneur est aussi une manière de réaffirmer qu’il n’y en a pas que pour le CAC 40. Un jalon nécessaire pour tenter de prévenir une éventuelle crise sociale.

Olivia Vignaud

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