Régionales. Résultats, déclarations : ce qu’il faut retenir du premier tour

Un RN au plus bas, des sortants qui améliorent tous leurs scores, des "présidentiables potentiels" LR aux résultats satisfaisants, une majorité qui ne devrait pas remporter une seule région... Voici ce qu'il faut retenir du premier tour.

Un RN au plus bas, des sortants qui améliorent tous leurs scores, des "présidentiables potentiels" LR aux résultats satisfaisants, une majorité qui ne devrait pas remporter une seule région... Voici ce qu'il faut retenir du premier tour.

Ile de France

Dans la région la plus riche et la plus peuplée de l’Hexagone, Valérie Pécresse vire en tête avec un score de 36,9%, contre 30,5% en 2015. Le Rassemblement national de Jordan Bardella se place sur la seconde marche du podium (13,7%). Du côté de la gauche, c’est Julien Bayou qui est le mieux classé. Il conduira donc la liste d’union au second tour grâce à son score de 12,1% (EELV progresse puisqu’en 2015, les écolos avaient récolté 8%). Pour le PS mené par Audrey Pulvar, le terme d’accident industriel n’est pas de trop : 11% contre 25,2% au premier tour en 2015 ! Clémentine Autain, de son côté, est à 10%. Les marcheurs sont à 12,2%, soit la fourchette moyenne que les sondages accordaient à Laurent Saint-Martin.

NB : Les scores de cette région sont ceux de 23h. Les résultats définitifs devraient être connus lundi matin. L'ordre ne devrait pas bouger.

Dans la région, la bataille du second tour a déjà commencé. Julien Bayou et de nombreux élus de gauche appellent au rassemblement et jugent la victoire "possible" ou "à portée de main". Valérie Pécresse, de son côté, appelle tous les électeurs modérés à se joindre à elle pour faire barrage à une "coalition de gauche radicale" qui aurait "perdu sa boussole républicaine".

Hauts-de-France

Xavier Bertrand peut avoir le sourire puisqu’avec 43% des suffrages, (contre 25% en 2015), il vire largement en tête. De son côté, le Rassemblement national ne récolte que 24% des voix contre 40% en 2015. Une véritable Bérézina pour l’extrême droite menée par Sébastien Chenu et Marine Le Pen qui souhaitaient transformer la région en laboratoire. Comme le dit Xavier Bertrand : "les mâchoires du Rassemblement national sont brisées".

Du côté de la gauche, unie autour de Karima Delli, c’est la soupe à la grimace. La liste EELV-PS-LFI-PCF-Générations est à 18%, soit le score du PS seul il y’a 6 ans. La République en Marche, malgré l’engagement de plusieurs poids lourds du gouvernement tels que Gérald Darmanin ou Eric Dupont-Moretti, ne passe pas le premier tour (9%). La victoire du RN semblant hypothétique, la gauche, contrairement aux dernières régionales, se maintient. LREM appelle à voter Xavier Bertrand.

Provence Alpes Côte d’Azur (Région Sud)

Jusqu’au soir du 1er tour, le Rassemblement national, mené par l’ancien ministre sarkozyste Thierry Mariani, faisait figure de grandissime favori. À tel point que certains s’imaginaient que le score de 40,5% de Marion Maréchal Le Pen serait dépassé. Il n’en est rien. Avec 35,6%, l’extrême droite distance de peu Renaud Muselier (32,5%) qui aborde le second tour avec une épine dans le pied : Jean-Laurent Felizia annonce qu'il ne se retirera pas au second tour, malgré l'avis d'Olivier Faure et Yannick Jadot.

Auvergne Rhône Alpes (Région Aura)

Après de cataclysmiques élections européennes, Laurent Wauquiez est retourné dans son fief. Mal-aimé à Paris, l'ancien chef de LR est plébiscité dans sa région. Avec 45,8% des suffrages, il vire largement en tête, loin devant EELV (14,3%) et le PS pourtant mené par un "poids lourd", Najat Vallaud-Belkacem (10,9%). Grosse déception pour le RN mené par l'ancien Insoumis Andréa Kotarac (12,5%).

Nouvelle Aquitaine

Prime au sortant également dans la région où l'ancien président PS Alain Rousset est crédité de 28,3%. Loin derrière, en deça de ce que prévoyaient les sondages, le RN et sa tête de liste Edwige Diaz sont à 17,9%. La liste LREM-Modem s'en tire mieux qu'ailleurs et se qualifie au second tour (15,6%). En revanche la droite dirigée par Nicolas Florian qui avait perdu la mairie de Bordeaux déçoit : 11,4%.

Bourgogne Franche-Comté

Comme dans bien d’autres régions, la présidente sortante, en l’occurrence Marie-Guite Dufay (PS), termine en tête 26,2%. Et comme dans bien d’autres régions, le RN déçoit puisque la liste dirigée par Julien Odoul atteint 23,7%, soit moins que ce que prévoyaient les sondages. Gilles Platret (LR) est à 21%. Le candidat LREM, avec 11,7% se place au second tour pour une potentielle quadrangulaire.

Grand Est

Comme ailleurs, pas de dégagisme dans la région Grand Est puisque le président sortant Jean Rottner termine sur la plus haute place du podium (30,2%). Annoncé en première position (malgré la candidature de Florian Philippot), le RN contre-performe (20,6%). La droite n’aura peut-être pas besoin de l’appui de Brigitte Klinkert (pourtant ex LR) et des Marcheurs qui sont crédités de 11,5%. Côté gauche, la liste EELV-PS-PCG est à 14% et devrait enregistrer l’appui de la liste d’Aurélie Filippetti. L’ancienne ministre de François Hollonde, à 8%, n’accède pas au second tour.

Centre Val de Loire

C’était l’une des rares régions "gagnables" pour la majorité présidentielle qui présentait Marc Fesneau, très ancré localement. Même si le député du Loir-et-Cher réalise l’un des meilleurs scores des marcheurs (16,4%), il termine en quatrième position. Le RN est second (22,5%), un petit peu derrière le président PS sortant François Bonneau (25,3%). Le LR Nicolas Forissier est à 19,5%. Les Verts devraient soutenir le président sortant qui fait figure de favori.

Bretagne

Contrairement à d’autres régions, impossible de donner une prime au sortant. Le "duc de Bretagne", Jean-Yves Le Drian, qui régnait sur la région ne se représentait pas. Deux listes se réclamant de son héritage se faisaient face : l’une d’union de la gauche menée par Loïc Chesnais-Girard (21%) l’autre revendiquée « majorité présidentielle » dirigée par Thierry Burlot qui se classe seconde (16%). Chesnais-Girard devrait remporter la région grâce au soutien des écologistes qui devraient renoncer au second tour malgré un solide 14%. LR est à 16% et le RN à 14%.

Normandie

Le président sortant, le centriste Hervé Morin, améliore de 8 points son score de 2015 et atteint 35%. Il termine loin devant le RN de Nicolas Bay qui, avec 20,4% perd pour sa part 7 points. Une vraie douche froide. La liste d’union de la gauche PS-EELV-Générations n’est qu’à 18% et subit la concurrence de la liste PCF-LFI qui, avec 9,8%, échoue de peu à la porte du second tour qu’atteint LREM avec 11,6%

Occitanie

Fief de gauche, l’Occitanie le restera. La sortante Carole Delga dépasse 40% des voix et devance très largement le RN (23,11%) et LR. Le parti de droite mené par le député du Lot Aurélien Pradié (premier dans son département) obtient 12,24%. Carole Delga, qui aborde le second tour en position de force refuse même le soutien des Insoumis.

Pays de la Loire

C’est une région qui peut basculer à gauche. Certes, la présidente sortante de centre-droit Christelle Morançais vire en tête avec 36%. Mais le député écologiste (ex LREM) Matthieu Orphelin et ses 16% pourra compter sur le renfort du socialiste Guillaume Garot arrivé de très peu derrière (15,78%). Les électeurs macronistes représentés par François de Rugy (11,25%) joueront le rôle de faiseur de roi. A noter le faible score du RN (13,78%) traditionnellement à la peine dans le grand Ouest.

Lucas Jakubowicz

NB : les résultats de l'article sont ceux de 23h30. Les résultats définitifs seront publiés lundi matin par le ministère de l'Intérieur

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