R. Letzelter (Novartis) : "Le télétravail va rester la norme"

Avec la crise sanitaire, de nouvelles façons de travailler ont émergé et s’installent, progressivement, dans nos habitudes. Le télétravail a bouleversé notre façon de penser le travail. Richard Letzelter, DRH de Novartis France, explique comment le groupe a géré cette révolution culturelle et sociétale.

Avec la crise sanitaire, de nouvelles façons de travailler ont émergé et s’installent, progressivement, dans nos habitudes. Le télétravail a bouleversé notre façon de penser le travail. Richard Letzelter, DRH de Novartis France, explique comment le groupe a géré cette révolution culturelle et sociétale.

Décideurs. Avec la crise sanitaire, à quels enjeux le groupe a-t-il été confronté ?  

Richard Letzelter. Nous avions commencé une importante transformation culturelle sur nos façons de travailler. La crise sanitaire a confirmé et accéléré ces changements. Le télétravail s’est imposé et il a fallu déployer beaucoup d’ingéniosité pour que nos collaborateurs parviennent à concilier leur vie personnelle et leur efficience dans le travail.  

Vous avez mené une étude interne sur les nouvelles façons de travailler. Qu’en est-il ressorti ?  

À la lumière de cette étude, il nous a semblé évident que le télétravail facilitait l’organisation entre vie personnelle et vie professionnelle. En effet, près de 50 % de nos collaborateurs sont concernés par la mesure de télétravail et près de la moitié des répondants de l’enquête ont affirmé mettre plus de 45 minutes pour se rendre sur le lieu de travail. Il est clair que travailler depuis leur domicile leur permet une plus grande flexibilité.  

Avez-vous discuté des nouvelles façons de travailler émergentes avec vos collaborateurs ?  

L’élément sur lequel ils ont le plus insisté est la flexibilité dans le travail. Pour ce faire, dans la mise en place de notre programme "Choice with responsibility", nous avons instauré des contrats d’équipe – qui n’ont aucune valeur juridique – mais qui permettent aux différentes équipes d’échanger sur leur façon de s’organiser collectivement tout en intégrant les souhaits individuels par exemple sur le rythme de télétravail. Cela confère une plus grande liberté à nos salariés et une grande responsabilisation des équipes. Toujours dans cette optique, nous avons décidé de ne plus prévoir aucune réunion en présentiel le vendredi, sauf cas de force majeure.  

"Nos collaborateurs décident de leur propre rythme"

 

Dans ce cadre, avez-vous signé un accord ? 

Le programme "Choice with responsability" est, en fait, un accord sur le télétravail, négocié de concert avec nos partenaires sociaux. Il inclut peu de règles car le principe de ce programme réside dans le choix qui est laissé au collaborateur de décider de son propre rythme. En revanche, il devra toujours en discuter en amont avec son équipe, afin que le télétravail soit mis en œuvre dans les meilleures conditions.  

La banalisation du télétravail ne présente-t-elle pas des points négatifs ?  

Il est vrai que travailler de chez soi peut provoquer une confusion entre vie privée et vie professionnelle : la distance entre les deux est amoindrie. Il faut parvenir à instaurer une vraie relation de confiance au sein des équipes. Il ne m’est pas encore arrivé d’exprimer un refus à un collaborateur qui me demanderait s’il peut travailler hors de Paris. Chacun doit trouver son équilibre.  

Peut-on dire que le télétravail s’est définitivement installé dans les mœurs ? 

En ce qui nous concerne, le télétravail va rester la norme. Bien sûr, il sera toujours possible de venir travailler en présentiel : la jauge de retour au siège est actuellement à 30 % de la capacité du site avec les mesures sanitaires en vigueur. Nous espérons pouvoir l’augmenter. Ainsi, nos collaborateurs pourront revenir au bureau pour des moments spécifiques.

Propos recueillis par Roxane Croisier et Clémence Galland

Vous avez apprécié cet article ? Likez Magazine Décideurs sur Facebook !

B. Revcolevschi (Fujitsu) : "Faire revenir les équipes sur site à 100 % n’est pas dans nos projets "

B. Revcolevschi (Fujitsu) : "Faire revenir les équipes sur site à 100 % n’est pas dans nos projets "

Experte en digitalisation des entreprises, l’entreprise Fujitsu a durant la crise repensé la collaboration au sein de ses équipes. Benjamin Revcolevsc...

Deuxième associée pour Daher Avocats

Deuxième associée pour Daher Avocats

Le cabinet de niche en droit social Daher Avocats accueille Louise Thiébaut en qualité d’associée. Il renforce par la même occasion ses compétences de...

É. Ruty (Bodet Software) et L. André (TalentView) : "Mêler expertise, expérience et innovation est toujours une bonne recette"

É. Ruty (Bodet Software) et L. André (TalentView) : "Mêler expertise, expérience et innovation est t...

À l’heure où l'univers du SIRH se trouve en pleine mutation, la nécessité d'innover et de proposer des solutions toujours plus performantes est une év...

Télétravail : le droit du travail lui résistera-t-il ?

Télétravail : le droit du travail lui résistera-t-il ?

La crise sanitaire a mobilisé nombre d’avocats, cabinets de conseil et directeurs juridiques autour du télétravail. La pandémie a sans commune mesure...

A. Paquer (Bearing Point) : "Je souhaite briser le plafond de verre"

A. Paquer (Bearing Point) : "Je souhaite briser le plafond de verre"

Présidente du cabinet de conseil BearingPoint pour la France, Axelle Paquer veut promouvoir l’égalité femmes-hommes. Elle revient, pour Décideurs Maga...

Santé des salariés : au cœur de toutes les attentions

Santé des salariés : au cœur de toutes les attentions

Rentrée, retour sur site, modèle hybride : la crise a mis à mal la santé mentale des collaborateurs. Alors que l’activité reprend son cours, une vigil...

V. Lecerf  (groupe Imerys) :  "Au-delà de l’impact dramatique, la crise sanitaire est un accélérateur de tendance"

V. Lecerf (groupe Imerys) : "Au-delà de l’impact dramatique, la crise sanitaire est un accélérateu...

Leader mondial dans la production et la transformation des minéraux industriels, Imerys est implanté sur cinq continents et génère un chiffre d’affair...

J-E. Rodocanachi (groupe Grandir) : "La petite enfance doit être une cause nationale"

J-E. Rodocanachi (groupe Grandir) : "La petite enfance doit être une cause nationale"

Les Petits Chaperons Rouges (groupe Grandir) gère en France 450 crèches et près de 1400 crèches partenaires. Détenant la première place des crèches pr...

Lire plus d'actualités

Newsletter savoir pour agir

N'avancez plus à l'aveugle

Ne plus afficher ce message

Ce site utilise des cookies. En continuant la navigation, vous acceptez nos conditions d'utilisation des cookies.
Plus d'informations

J'accepte