R. Bouakel (Fortia) : "Le défi de l’IA est de la rendre accessible au plus grand nombre"

Co-fondateur de l’une des Regtech les plus performantes de France, Reda Bouakel présente son nouvel outil appelé 2OS qui permet de construire des applications logicielles sans aucune ligne de code. Il revient également sur les ambitions de son groupe.

Co-fondateur de l’une des Regtech les plus performantes de France, Reda Bouakel présente son nouvel outil appelé 2OS qui permet de construire des applications logicielles sans aucune ligne de code. Il revient également sur les ambitions de son groupe.

Décideurs. Parlez-nous de votre parcours, comment avez-vous décidé de vous lancer dans cette aventure ?

Reda Bouakel. L'année 2012 a été marquée par des évolutions majeures dans la recherche fondamentale en intelligence artificielle, avec l'arrivée des nouveaux types de réseaux de neurones. Appelées parfois « la révolution de l'apprentissage profond », ces avancées ont ouvert la voie à des champs d’applications très vastes, en particulier dans le natural language processing et la computer vision.  C’est dans ce contexte que j’ai fondé Fortia, dans le but d’utiliser ces nouvelles technologies pour aider les entreprises à automatiser leurs processus métiers.

Vous êtes à la pointe en matière d’intelligence artificielle (IA) et de traitement automatique des données. En quoi consiste le nouveau service que vous développez activement et qui sortira en septembre prochain ?

Reda Bouakel. Le natural language processing est la spécialité de Fortia. Nous avons à notre actif, dans ce domaine, le développement de nombreux algorithmes propriétaires et ayant fait l’objet du dépôt de plusieurs brevets. La nouvelle offre de Fortia, appelée « 2OS », est une plateforme technologique no-code qui permet à nos clients de construire, de manière totalement autonome, des applications logicielles, mêmes sophistiquées, sans aucune ligne de code. Cette plateforme donne également accès à des algorithmes d’IA d’une très grande efficacité. L’utilisation et l’entraînement de ces algorithmes sont également à la main de l’utilisateur et ne nécessitent aucune compétence technique.

"Les technologies no-code et l’IA conduiront l’économie de demain"

À qui s’adresse cet outil ?

Reda Bouakel. Il vise toutes les entreprises, quel que soit leur secteur d’activité et leur taille. Les petites entreprises ne trouvent parfois pas sur le marché de logiciels pour répondre à des besoins spécifiques comme par exemple automatiser des processus métiers complexes et chronophages incluant de l’extraction via l’IA de données dans des documents, leur traitement, leur analyse etc. En quelques jours, 2OS peut répondre à ce type de besoin. De leur côté, les ETI et les grandes entreprises souhaitent accélérer leur réactivité face aux demandes de développement d’applications de leurs équipes métiers tout en réduisant leurs coûts et leurs risques. 2OS a également été conçue pour répondre à ce type d’exigence. Les application no-code seront à l’avenir un levier incontournable de gain de productivité et d’efficacité.

Et en quoi est-il révolutionnaire ?

Reda Bouakel. Auparavant, plus de deux années étaient nécessaires pour développer une solution logicielle sophistiquée. Grâce à 2OS, elles pourra être créée en seulement quelques semaines, voire quelques jours ! Il s’agit une solution révolutionnaire car elle ne se limite pas à la construction de logiciels simples mais autorise la création d’applications très sophistiquées très rapidement et sans code, ce qui est inédit. Ceci a été rendu possible grâce à des technologies disruptives de génie logiciel et à la maîtrise de la chaîne de traitement des données (intégration, transformation, versionning, linéage, gouvernance, substitution…)  C’est un changement très important de paradigme et les entreprises en bénéficieront de manière très importante. Notre plateforme est également très disruptive car elle donne réellement la possibilité aux utilisateurs d’adapter nos algorithmes à leurs propres besoins et ce sans aucune ligne de code et aucune compétence particulière. 

De quelle façon Fortia se distingue-t-elle sur ce marché encore restreint ? 

Reda Bouakel. Depuis sa création, Fortia a toujours fait face à des demandes très sophistiquées de la part de ses clients. Notre défi a toujours été le même : comment répondre simplement et rapidement à des problématiques techniques et fonctionnelles très complexes ? La première plateforme Innova développée par Fortia a déjà répondu à ce type de besoins mais dans un domaine très précis, à savoir l’automatisation des contrôles de conformité. Avec 2OS, nous ambitionnons de répondre à toutes les problématiques métiers complexes et à tous les secteurs d’activités. L’autre particularité de Fortia est de proposer des algorithmes d’IA propriétaires. Les clients ne se retrouvent donc pas dans l'obligation de dévoiler leurs données pour bénéficier de ce type de technologie, ce qui écarte tout problème de confidentialité.

"Notre outil permet de créer en seulement quelques semaines une solution logicielle sophistiquée"

Selon vous, quels sont les prochains grands défis en matière d'intelligence artificielle ? 

Reda Bouakel. L’IA est aujourd’hui un métier de spécialistes et le défi est de la rendre accessible au plus grand nombre. Notre pôle R&D travaille également sur de futurs algorithmes qui rendront l’IA encore plus accessible et encore plus puissante en particulier en révolutionnant ses capacités d’auto-apprentissage. Le rapport de McKinsey de 2019 estime que la richesse créée par l’IA en 2030 représentera 22 000 milliards de dollars ! Je suis convaincu que les technologies no-code et l’IA conduiront l’économie de demain. Les entreprises françaises doivent s’y intéresser dès à présent au risque de perdre en compétitivité face à leurs concurrents étrangers qui investissent beaucoup dans ce domaine.

Que pensez-vous de la réglementation croissante des nouvelles technologies ?

Reda Bouakel. La réglementation de l’IA se justifie totalement lorsque son utilisation est contraire à l’éthique ou au respect des droits humains. À titre d’exemple, on parle beaucoup de « robots tueurs » et ces derniers peuvent très rapidement devenir une réalité du fait d’une technologie mature pour ce type d’application. Une réglementation pour endiguer ce type d’utilisation de l’IA est naturellement souhaitable et elle devrait s’appliquer au niveau global. En revanche, dans des domaines d’utilisations classiques, une réglementation surtout décidée au niveau locale, comme en France par exemple, serait très néfaste pour l’innovation et la compétitivité de notre pays.

Que pouvons-nous vous souhaiter pour la suite ?

Reda Bouakel. De devenir un acteur majeur dans le no-code et figurer parmi les cinq plus grands acteurs mondiaux à court terme. 

Propos recueillis par Clémentine Locastro

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