Qui sont les expatriés français ?

Publié par la Banque Transatlantique à la fin du mois de juin, le premier "Observatoire de l’expatriation", mené en partenariat avec Opinionway et l’UFE, livre une analyse poussée sur les Français qui choisissent de s’installer hors de l’Hexagone. Retour sur quelques enseignements clés d’une étude d’ampleur.

Publié par la Banque Transatlantique à la fin du mois de juin, le premier "Observatoire de l’expatriation", mené en partenariat avec Opinionway et l’UFE, livre une analyse poussée sur les Français qui choisissent de s’installer hors de l’Hexagone. Retour sur quelques enseignements clés d’une étude d’ampleur.

Ils sont plus de 2 millions à avoir choisi de s’établir hors de France. Regroupés sous le terme générique "d’expatriés", leurs situations et leurs profils demeurent assez méconnus.  C’est pour y voir plus clair que la Banque Transatlantique, en partenariat avec Opinionway et l’Union des Français à l’Étranger (UFE) ont invité 200 000 personnes à participer à une consultation. Les réponses validées par 5 382 individus permettent de dresser le portrait-robot de l’expatrié français. 

Plus diplômés et plus actifs que la moyenne nationale

Le premier constat marquant concerne le niveau d’études des Français de l’étranger. Ils sont en effet 55 % à disposer d’un diplôme au moins égal à un Bac + 5, contre 13 % des Français habitant l’Hexagone. De même, les expatriés ne sont que 10 % à avoir un niveau inférieur au baccalauréat, une proportion qui s’élève à 26 % pour les résidents français. Plus diplômés, les expatriés sont aussi plus actifs que la moyenne nationale : 68 % d’entre eux occupent un emploi, ce qui n’est le cas que de 57 % des Français âgés de plus de dix-huit ans. D’ailleurs, la part de chefs d’entreprises, d’indépendants, de commerçants et de professions libérales est beaucoup plus importante chez les expatriés (17 %, contre 5 %).

Une majorité de « serial expatriés »

Les Français de l’étranger semblent prendre goût à l’expatriation. En effet, plus de la moitié d’entre eux (56 %) a été expatriée dans plusieurs pays différents et près d’un tiers (30 %) l’a été dans au moins trois États. Les jeunes sont d’ailleurs plus concernés que leurs aînés par ce phénomène. Plutôt contre-intuitive de prime abord, cette donnée "semble correspondre à une nouvelle forme de mobilité, facilitée notamment par l’expansion de multinationales implantées sur l’ensemble du globe et les cursus scolaires internationaux", avance l’Observatoire. Dans tous les cas, la composition de la structure familiale n’a pas ou très peu d’impact sur le nombre de pays dans lesquels les personnes s’expatrient. "La part de personnes s’étant expatriées dans plusieurs pays est très proche chez les personnes célibataires (54 %) et les personnes en couple (56 %) et elle n’est que légèrement supérieure chez les personnes avec des enfants scolarisés (58 %) que chez les parents sans enfants scolarisés (54 %)."

Le Vieux continent a la cote

Concernant les destinations les plus prisées, l’Europe tire son épingle du jeu et attire la moitié des répondants. Sur le Vieux continent, le Royaume-Uni constitue la premier pays d’accueil pour les expatriés français (11 %) et est très populaire chez les jeunes âgés de moins de 35 ans. Viennent notamment ensuite, la Suisse et l’Allemagne (9 %), l’Espagne (7 %), la Belgique (5 %) ou l’Italie (3 %). En dehors du sol européen, l’Amérique du Nord exerce une réelle attraction. Les États-Unis (10 %) et le Canada (9 %) sont respectivement les deuxième et troisième pays d’accueil les plus cités. L’Océanie et l’Amérique centrale sont les territoires les moins élus, regroupant chacun 3 % de la population expatriée hexagonale. À noter : près de la moitié des répondants dispose d’une double-nationalité.

Pour le boulot … ou par amour

Lorsqu’il s’agit de connaître les raisons qui les ont poussés à sauter le pas, le premier motif évoqué est celui du travail. En effet, 39 % des répondants affirment s’être expatriés pour saisir une opportunité professionnelle alors que le désir de progresser professionnellement et/ou socialement était cité par 20 % des sondés. Mais la sphère professionnelle n’est pas la seule raison expliquant les départs : 25 % invoque l’amour pour expliquer leur départ. "Cette proportion s’élève même à 34% dans l’Union Européenne, ce qui fait écho au million de « bébés Erasmus » revendiqués par la Commission Européenne en 2014 ", note l’étude.

Fierté d’être Français

Avec 85 % de répondants se disant fiers d’être Français, l’adage "loin des yeux, loin du cœur", n’aura jamais semblé aussi erroné. Ce chiffre est quasiment identique à celui concernant les Français installés en France (86 %). Six sondés sur dix se considèrent même comme des ambassadeurs de la France dans leur pays d’accueil. Au rang des raisons avancées expliquant cette fierté d’être français figurent la culture de la France (63 %), son patrimoine historique (59 %), sa gastronomie (59 %), sa beauté (57 %) et son art de vivre (46 %). "Loin des stéréotypes, cet Observatoire dresse le portrait d’expatriés heureux et fiers d’être français. Grâce à leur expérience dans leurs pays d’accueil, ils ont pu à la fois relativiser, mais aussi prendre la mesure de ce qui fait la valeur et le rayonnement de la France dans le monde", déclare Bruno Julien Laferrière, président du directoire de la Banque Transatlantique. Parmi les atouts de la France sur les autres pays mis en avant par les sondés figurent la protection sociale, l’éducation ou le système de retraite. En revanche, les sondés estiment que leur pays d’accueil est plus adapté pour le travail et l’économie, pour devenir propriétaire de sa résidence principale ou pour y vivre en famille.

Les expatriés sont donc Français heureux et fiers de leurs origines. La preuve ? 93 % des répondants se déclarant satisfaits de leur expatriation. Cette satisfaction transparaît notamment dans l’écart entre la durée d’expatriation initialement prévue et la durée d’expatriation effective. "Les répondants déclarent qu’ils prévoyaient de rester sept ans en moyenne dans leur pays d’accueil, mais au moment de l’enquête, ils y sont déjà depuis 20 ans en moyenne", remarque l’Observatoire. La crise sanitaire pourrait cependant rebattre les cartes durablement. "Globalement, la pandémie aura un impact très fort sur l’expatriation ", confirme Marc Boudin, délégué général de l’UFE. Il faudra attendre la prochaine édition de l’Observatoire pour le mesurer précisément.

S.V.

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