Qui sont les candidats investis par En Marche ? (6)

Pierre-Alain Raphan, aussi réfléchi que passionné, est le candidat de La République en marche dans la 10e circonscription de l’Essonne. Le portrait de l’un de ces nouveaux visages qui pourraient participer au profond renouvellement de l’Assemblée nationale. Il a d'ailleurs viré en tête à l’issue du premier tour avec 26,68 % des voix.

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Pierre-Alain Raphan veut utiliser les moyens de l’Assemblée nationale, ses ressources humaines et financières pour souder territoires et nation.

Pierre-Alain Raphan, aussi réfléchi que passionné, est le candidat de La République en marche dans la 10e circonscription de l’Essonne. Le portrait de l’un de ces nouveaux visages qui pourraient participer au profond renouvellement de l’Assemblée nationale. Il a d'ailleurs viré en tête à l’issue du premier tour avec 26,68 % des voix.

Un passionné. Pierre Alain Raphan, qui n’en est pas moins réflechi, se définit avec justesse dans ces termes : « Je suis un passionné, de plein de choses : de sport, de musique, d’engagements humains, de numérique… »

 

Des passions

De sa passion du sport, dix-neuf ans de pratique intense, mais aussi de ses rôles d’arbitre et de président de la ligue de Taekwondo, il retire la détermination, la combativité, le respect des règles, l’importance de mener des combats pour les autres, notamment comme président d’association. Cet engagement lui a donné un solide mental, l’a obligé à se dépasser, à ne jamais lâcher : « Il faut savoir combattre les blocages, les privilèges. Il faut du mental pour apprendre à échouer, à persévérer. La persévérance, c’est l’art de réussir. » 

Sa passion de la musique est encore plus ancienne. À 5 ans, il fabrique déjà ses propres instruments de musique, à la maison, en bricolant. Ses parents canalisent cette énergie musicale dans des cours, où il apprendra la guitare principalement, mais aussi la batterie, la basse, le piano. Puis Pierre-Alain découvre le plaisir de jouer en groupe, d’être au contact avec les autres, de retrouver les gens sur des valeurs et des projets communs, de se construire en étant réunis sur des passions partagées, sans s’arrêter aux origines sociales ou académiques. Il joue toujours, dans un groupe de vingt musiciens unis autour de la soul music, de Franck Sinatra ou de Ray Charles… Cette passion le conduit à rêver d’être ingénieur du son. L’électronique aidant, le projet prend le virage du numérique. Le voilà embauché chez le leader mondial du digital, Accenture. La charge de travail est intense, les projets de transformations digitales multiples, les soirées aux bureaux nombreuses. Mais le succès est au rendez-vous : il passe manager, devient pilote d’un grand compte, la banque Barclays. L’expérience lui plaît, il travaillera près de huit ans dans ce cadre exigeant. Mais petit à petit, la maturité aidant, l’humain reprend le dessus. Les modes de management lui paraissent améliorables ? Il quitte le confort du grand groupe pour monter son cabinet de conseil, tout en poursuivant une thèse… « J’ai dédié mon cabinet aux innovations managériales. Ma thèse est ainsi centrée sur la passion au travail, sur l’engagement des salariés, qu’on ne peut plus mesurer par de simples questionnaires… »

 

Du travail

Les travaux du chercheur Henri Savall le marquent d’ailleurs profondément : les systèmes de management vieillots, mal conçus, apparaissent comme une plaie coûteuse, pour les personnes comme pour les entreprises. Fort d’une étude de quarante ans portant sur 2000 entreprises, ce chercheur a mis en lumière le « virus TSW » dont sont atteintes tant d’entreprises : 
T, comme Taylorisme avec un spécialisation sclérosante. 
F comme Fayol avec le triste cloisonnement entre dirigeants (la « tête ») et forces vives (le « corps »), ravalées au rang d’exécutants. 
W comme Weber, avec la tentation de dépersonnaliser les actions. 

Quand il prend conscience du coût économique et social énorme de ce « virus TSW », Pierre-Alain s’attelle à inventer les antidotes, et pour accélérer la diffusion du diagnostic comme du médicament, il écrit en 2016 à quatre personnes politiques : François Hollande, Manuel Valls, Myriam El Khomri et Emmanuel Macron. Seul le dernier lui répondra pour organiser une rencontre au ministère, avec un conseil économique. Tiens, un homme politique à l’écoute… Peu de temps après, pour remettre l’humain au centre du jeu, sa décision est prise : il accepte de devenir référent d’En Marche !, dans le 12e arrondissement de Paris, où il travaille. Viendra un un second défi, devenir député d’En Marche ! dans son département : l’Essonne…

Ses convictions : « Tout le monde a du potentiel, mais la tentation est grande de s’autolimiter, s’autocensurer. Il faut faire, agir et construire des solutions ensemble, d’abord au niveau local, puis remonter ses solutions au niveau national. De chaque problème ou blocage, il faut trouver les causes profondes, mener bataille après bataille, et communiquer sur ces solutions et ces victoires remportées pour redonner de l’énergie positive. Ces énergies partagées deviennent synergie. »

 

Et des convictions

Comment voit-il la députation?  Pierre-Alain veut, de façon assumée, révolutionner la relation citoyen/député. Emmanuel Macron propose que les députés rendent des comptes mensuellement ? Lui va plus loin : son cheval de bataille est que de nouveaux outils numériques permettent de rendre compte de la vie publique en temps réel entre citoyens et députés. 

Pierre-Alain a vu comment En Marche ! s’est construit, sur une adhésion progressive, subtile et numérique ; comment la technologie a donné un cadre pour les échanges et le partage d’informations. Aussi, veut-il utiliser les moyens de l’Assemblée nationale, ses ressources humaines (députés, assistants parlementaires) et financières (réserve parlementaire) pour souder territoires et nation, remonter du champ local les solutions aux blocages et les transformer en succès nationaux. Les députés ont aussi pour lui le devoir d’utiliser leur expertise pour canaliser les fonds structurels européens non utilisés vers les territoires dont ils ont la charge et de multiplier les « mini-Grenelle », transversaux, pour impliquer citoyens, élus, entreprises et associations.

« Les attachés parlementaires, jusqu’à cinq par député, doivent être la cheville ouvrière de ce combat pour écouter et être dans le diagnostic “permanentˮ. Ils doivent sonder les gens en profondeur ; coordonner des projets locaux, aux services des habitants ; faire émerger les solutions, donner la parole à ceux qui font, pas à ceux qui parlent fort ; enfin, être, avec un rôle réel de chef de projet, la courroie d’un véritable enracinement local. »

Finalement, sa philosophie, il la résume par deux belles maximes. Celle d’Einstein, qui disait : « La folie, c’est de faire toujours la même chose en pensant atteindre un résultat différent. » Un clin d’œil à la « disruption Macron » sur les partis traditionnels. La seconde, du dalaï-lama, s’insurgeant contre l’inaction : « Il n’y a que deux jours dans une année où l’on ne peut rien faire. Ils s’appellent hier et demain. »

 

DM

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