Puissante Ana Botín

Celle qui a fait ses armes chez JP Morgan à New York a monté les échelons au sein de la banque familiale avant d’en prendre la présidence, à la mort de son père en 2014. Si les défis ont été nombreux durant sa carrière, Ana Botín doit maintenant relever un nouveau challenge, cette fois lié au coronavirus.

Celle qui a fait ses armes chez JP Morgan à New York a monté les échelons au sein de la banque familiale avant d’en prendre la présidence, à la mort de son père en 2014. Si les défis ont été nombreux durant sa carrière, Ana Botín doit maintenant relever un nouveau challenge, cette fois lié au coronavirus.

Très discrète, Ana Botín s’est ouverte pour la première fois il y a quelques mois sur sa vie personnelle. Dans une interview diffusée par la chaîne espagnole Cuatro, la présidente de Banco Santander s’est confiée sur les liens qui l’unissaient à son père Emilio Botín, considéré avant elle comme le banquier le plus puissant d’Europe et à qui elle a succédé après sa mort soudaine en 2014. Pour un premier exercice du genre, la quinquagénaire n’y est pas allée par quatre chemins, racontant comment son prédécesseur l’a congédiée au moment du rapprochement entre Banco Santander et Central Hispano. "Le mieux pour la banque et pour toi, c’est que tu partes, sinon la fusion ne se fera pas. Tu prends tes affaires demain et tu t’en vas", lui a-t-il lâché par téléphone un dimanche soir. Et de commenter : "Il avait raison, l'important c'est la banque, mais il faut aussi une certaine sensibilité qui lui a parfois manqué."

Bien plus qu’une « fille de »

Si Ana Botín précise que sa relation avec lui en tant que père était "excellente", son message est clair : la vie professionnelle n’est pas toujours une sinécure même (surtout ?) lorsque l’on est la quatrième génération à tenir le gouvernail d’une banque fondée en 1857. Mais Ana Botín est bien plus qu’une "fille de". Celle qui a étudié au Bryn Mawr College (Pennsylvanie) ainsi qu’à Harvard parle quatre langues. En 1980, elle intègre JP Morgan à New York où elle fera ses armes pendant huit ans.

Elle rejoint ensuite Santander. De 1992 à 1998, Ana Botín prend en charge le développement de la banque en Amérique latine avant de devenir présidente exécutive de Banco Español de Credito (absorbé par Santander en 1994). Sous sa coupe, l’établissement sera désigné trois ans d’affilée Meilleure banque espagnole par Euromoney. En 2010, Ana Botín est promue CEO de Santander UK, qu’elle contribuera à hisser parmi les institutions financières les plus innovantes du pays.

"Depuis 2014, elle mène la transformation culturelle, commerciale et technologique du groupe, axée sur le renforcement de la confiance et de la fidélité des clients"

"Depuis 2014, elle mène la transformation culturelle, commerciale et technologique du groupe, axée sur le renforcement de la confiance et de la fidélité des clients, est-il expliqué dans sa biographie sur le site de Banco Santander. Elle a établi un objectif clair : aider les personnes et les entreprises à prospérer d’une manière simple, personnelle et équitable." L’an dernier, par exemple, le groupe annonçait se réorganiser et investir 20 milliards d’euros afin de devenir leader en banque digitale et séduire pas moins de 50 millions de clients numériques.

Nouveaux challenges

Celle qui est également membre du conseil d’administration de Coca-Cola et dont les amis disent qu’elle "mange, respire et dort pour la finance" fait ainsi partie du cercle, bien trop ténu, des femmes CEO en Europe mais, plus encore, de celui des femmes à la tête d’une banque. Bien que qualifiée de bourreau de travail, Ana Botín se nourrit aussi d’autres sphères. Fille de la pianiste Paloma O'Shea, elle cultive son goût pour la musique ; tout comme celui pour le golf, qu’elle pratiquait avec son défunt beau-frère, le champion Seve Ballesteros.

Elle "mange, respire et dort pour la finance

Ana Botín va devoir s’appuyer sur ses forces afin de répondre aux défis posés par la crise du coronavirus. Au deuxième trimestre de cette année, la banque accuse une perte nette record de 11,1 milliards d’euros en raison d’un provisionnement massif lié à la pandémie. L’établissement, deuxième capitalisation boursière du secteur en Europe, précise néanmoins que les dépréciations n’auront pas d’impact sur sa génération de trésorerie et le niveau des capitaux. Le challenge n’en reste pas moins de taille.

Olivia Vignaud

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