Prophesee, la vision de l’avenir

Créée en 2014 à la suite d’un spin-off de l'Institut de la vision, la start-up parisienne vient de lever 19 millions de dollars. Objectif : accélérer le développement de son nouveau produit phare, un boîtier plug-and-play qui va permettre aux machines de voir. Le potentiel de croissance se chiffre en centaines de millions d’euros.

Créée en 2014 à la suite d’un spin-off de l'Institut de la vision, la start-up parisienne vient de lever 19 millions de dollars. Objectif : accélérer le développement de son nouveau produit phare, un boîtier plug-and-play qui va permettre aux machines de voir. Le potentiel de croissance se chiffre en centaines de millions d’euros.

Fin avril, la start-up française Prophesee (ex-Chronocam) faisait sensation en dévoilant son premier boîtier « plug-and-play » qui ouvre l’ère de la vision artificielle pour toutes les machines. Une véritable ­consécration pour cette deep tech lancée à Paris en 2014 à ­partir d’un « spin-off » de ­l'Institut de la vision, un centre de recherche dirigé conjointement par le CNRS, l’université Pierre et Marie Curie et ­l’Inserm. Sa technologie de rupture se fonde sur des travaux consacrés au fonctionnement de la rétine humaine et à la façon dont notre cerveau traite l'information.

Industrialisation

Baptisé Onboard, son produit ambitionne de ­révolutionner la robotique industrielle. ­Grâce au kit de développement logiciel fourni, les clients peuvent personnaliser eux-mêmes leurs applications. La productivité des machines est améliorée par un comptage plus rapide et plus précis.
« L'utilisation d'un processeur mobile nous permet de nous démarquer de la concurrence, précise Luca Verre, le P-DG. Nous sommes le seul système capable de fonctionner à une fréquence de plusieurs centaines d'images par seconde, avec une analyse en temps réel et une faible consommation énergétique. »

Pour Prophesee, ce lancement ­inaugure une révolution de son modèle économique. Jusqu’à présent, la jeune pousse ne fonctionnait que par projet, ce qui l’obligeait à se développer selon des cycles de vente longs (entre cinq et sept ans) et donc très coûteux. Pour autant, la société reste encore discrète sur le prix de commercialisation qui devrait varier en fonction de chaque client. En proposant un produit clés en main, la start-up élargit ­considérablement ses débouchés. Alors qu’elle ne compte actuellement qu’une vingtaine de clients issus des secteurs de l’automobile, des objets connectés et de la robotique industrielle, elle espère dépasser la centaine avant la fin
de l’année.

Pour l’aider dans ce développement, l'entreprise pourra compter sur sa dernière levée de fonds réalisée en février dernier. D’un montant de 19 millions de ­dollars, l’augmentation de ­capital a été abondée par un géant mondial de l’électronique qui préfère rester anonyme et les actionnaires historiques de la start-up : 360 Capital Partners, Supernova Invest, iBionext, Intel Capital, Renault et Robert Bosch Venture Capital. Au total, depuis sa création en 2014, la deep tech a récolté 40 millions de dollars. L’argent levé lui permettra de recruter des ­salariés pour ­commercialiser le produit. Car la jeune pousse, qui emploie déjà 60 personnes, consacre encore 90 % de son effectif à la R&D.

Internationalisation

La start-up a également profité de l’opération pour se choisir un nom plus anglo-saxon afin d’accélérer son internationalisation. Prophesee réalise déjà 73 % de son chiffre d’affaires à l’étranger, majoritairement aux États-Unis et en Asie. Elle compte ainsi ouvrir un bureau dans la Silicon Valley et à Tokyo d’ici à la fin de l’année. Pour son P-DG, cette nouvelle dénomination vise surtout à marquer un changement de positionnement : « Chronocam était associé à une caméra rapide. Aujourd'hui, notre ambition est de fournir des solutions d'intelligence ­artificielle qui combinent notre ­technologie de caméra et nos algorithmes. Nous voulions un nom qui apporte cette dimension plus software. » Futur axe de développement : construire un écosystème de partenaires pour permettre à sa technologie de se développer dans d'autres domaines. Si elle y ­parvient, elle s’adressera à un marché qui
se chiffre en centaines de millions d’euros.

Vincent Paes

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