Private equity : conséquences de la crise sanitaire sur les prix d’acquisition

Le volume des transactions LBO accuse le coup depuis plusieurs semaines. Tandis que certains dossiers trouvent tout de même preneurs, notamment dans l’industrie de la santé. Les business plans s'adaptent et subissent de nombreuses corrections qui affecteront les négociations. La question de la valorisation des actifs se retrouve au cœur des débats.

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Guillaume Martinez, managing director au sein du Transaction Advisory Group d'Alvarez & Marsal

Le volume des transactions LBO accuse le coup depuis plusieurs semaines. Tandis que certains dossiers trouvent tout de même preneurs, notamment dans l’industrie de la santé. Les business plans s'adaptent et subissent de nombreuses corrections qui affecteront les négociations. La question de la valorisation des actifs se retrouve au cœur des débats.

Historiquement, les valorisations sur les marchés boursiers et les opérations de capital-investissement tendent à converger, et se situaient à leur plus haut niveau avant la pandémie du coronavirus. On peut donc se demander si la chute des bourses, due à l’éclatement de la crise sanitaire, suffit à fournir une indication sur les valorisations à venir pour les opérations de private equity.

Les valorisations du non-coté ne devraient pas chuter

À ce stade, et nous ne sommes qu’au début de la crise, nous ne voyons pas se profiler de chute des valorisations dans les transactions LBO. Et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, là où les équipes ont pu continuer à travailler et voir certains dossiers aboutir, les deals les plus compliqués ou fragiles se sont simplement arrêtés.

Ensuite, peu de vendeurs, sponsors comme stratégiques, se trouvent dans une situation qui les obligent à vendre à court terme et à n'importe quel prix. En effet, comme cette classe d’actifs s'est montrée attractive sur la dernière décennie, beaucoup de sociétés de gestion ont levé des sommes importantes au cours des vingt-quatre derniers mois. Les portefeuilles sont donc encore jeunes et les actifs pourront être travaillés avant d'être cédés sous de meilleures auspices.

Par ailleurs, cela fait déjà un certain temps que les fonds choisissent des actifs résilients, en prévision d'une crise attendue par le marché à plus ou moins brève échéance. À tel point que nous accompagnons peu de fonds de retournement, et principalement des fonds "mainstream" qui souhaitent acquérir des actifs dont la valeur à long terme n’est pas matériellement affectée par la crise, voire qui en bénéficient.

De nouveaux mécanismes s’appliquent

Les conditions autour de l’expression du prix sont néanmoins affectées. Ainsi, nous ne voyons plus de "locked box", du fait de la grande difficulté à établir des prévisions à court terme. Dans les cas où la valeur d’entreprise s’appuie encore sur une vue long terme de l’actif, les négociations sont désormais plus fréquentes en vue de partager le risque sur les différents scénarios de retour "à la normale", au travers de mécanismes comme l’earn-out.

Guillaume Martinez, managing director au sein du Transaction Advisory Group d'Alvarez & Marsal

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