Emmanuel Macron promet d'aller au bout du réarmement juridique

Que ferait le président s’il était réélu ? Il privilégierait les amendes forfaitaires pour les délits du quotidien, continuerait de construire des places de prison, recruterait 8 500 magistrats et personnels de justice.

Que ferait le président s’il était réélu ? Il privilégierait les amendes forfaitaires pour les délits du quotidien, continuerait de construire des places de prison, recruterait 8 500 magistrats et personnels de justice.

“Le budget de la justice a augmenté comme jamais depuis vingt ans.” “La construction de 15 000 places de prison a été lancée.” Le bilan Justice dressé par Emmanuel Macron dans son programme présenté le 17 mars est, d’après lui, satisfaisant. Ses adversaires, eux, n’ont pourtant pas manqué de l’attaquer sur le faible nombre de places de prison effectivement construites – 2 000 en cinq ans –, et sur la façon dont ce budget, certes important, a été réparti.

"Les États généraux de la Justice pourraient être l’occasion de prendre de nouvelles décisions pour les législatives"

Ses projets pour un second quinquennat ? Des sanctions efficaces et rapides qui passeraient par des amendes forfaitaires pour les “délits qui empoisonnent le quotidien”, prélevées directement sur les revenus ; la possibilité, pour certains délits, de déposer plainte en ligne et d’éviter un passage au commissariat ; et la privation de droits civiques “pour ceux qui s’en prennent aux dépositaires de l’autorité publique”. Le président-candidat promet également 8 500 magistrats et personnels de justice supplémentaires d’ici à 2027. L’ancienne ministre de la Justice Élisabeth Guigou, invitée par l’Association française des juristes d’entreprise à représenter Emmanuel Macron lors d’une table ronde, voyait pourtant dans les promesses des autres candidats favorables à une hausse massive des recrutements de la “surenchère démagogique” : “Pourra-t-on recruter 2 500 magistrats sans baisser leur niveau et leur qualité ?” 

Rétablir l'ordre

En matière de sécurité, Emmanuel Macron entend rester sur la lancée des 10 000 policiers et gendarmes recrutés pendant son quinquennat, donc “achever le doublement” de la présence des forces de l’ordre sur la voie publique et le déploiement de 200 nouvelles brigades en campagne. Il veut renforcer les offensives contre les points de trafic de drogue, mais aussi continuer à faire reculer l’islam radical avec la fermeture d’associations et de mosquées radicales et celle d’écoles clandestines, et intensifier le contrôle des financements étrangers. Dans les quartiers en crise, il constituerait une “force d’action républicaine“, composée de forces de sécurité, de magistrats et d’équipes éducatives, pour y rétablir l’ordre “en urgence”. Dernier point du programme : cibler la cybercriminalité, “grande menace de notre temps”. Ce qui passerait, notamment, par la mise en place de filtres anti-arnaques sur Internet et le recrutement de 1 500 cyberpatrouilleurs.

Voilà de quoi, assure le président, “aller au bout de ce réarmement, juridique et matériel, pour faire respecter nos lois et nos valeurs par tous”. En attendant la sortie du rapport sur les États généraux de la Justice, initialement prévue en février, et reportée à la fin avril ? La consultation nationale lancée par Emmanuel Macron, qui a permis d’entendre près de 50 000 personnes et de formuler des propositions concrètes, pourrait être l’occasion de prendre de nouvelles décisions pour les législatives, de l’avis d’Élisabeth Guigou.

Olivia Fuentes

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