Pourquoi les investisseurs étrangers s'éloignent du CAC 40

Avec une progression de 10 % en 2017, le CAC 40 a affiché l’une de ses meilleures performances. Cela n’a pourtant pas empêché les investisseurs internationaux de se détourner de la Bourse de Paris. Ils ne représentent plus que 42,7 % des actionnaires, contre 47,8 % en 2013. Une tendance qui devrait se poursuivre cette année.

Avec une progression de 10 % en 2017, le CAC 40 a affiché l’une de ses meilleures performances. Cela n’a pourtant pas empêché les investisseurs internationaux de se détourner de la Bourse de Paris. Ils ne représentent plus que 42,7 % des actionnaires, contre 47,8 % en 2013. Une tendance qui devrait se poursuivre cette année.

Selon une étude de la Banque de France, les investisseurs étrangers détenaient, fin 2017, 42,7 % du capital du CAC 40, contre 47,8 % en 2013. Un chiffre en baisse pour la quatrième année consécutive. Néanmoins, dix sociétés restent encore majoritairement détenues par des actionnaires étrangers. Plus surprenant, pour la première fois depuis 2012, le flux net est négatif : entre le 1er janvier et le 31 décembre 2017, les non-résidents ont vendu pour 9,1 milliards d’euros d’actions du CAC 40 l’an dernier. En comparaison, ils avaient acheté 5,2 milliards d’euros nets en 2016. Comment expliquer un tel désamour ?

1- Une question de périmètres

La Banque de France précise qu’une partie de cette évolution est due à des facteurs structurels de l’indice boursier. Le premier est sa composition. Entre l’entrée d’Atos à la place de Klépierre et la fusion TechnipFMC dont le siège est désormais à l’étranger, le poids des investisseurs étrangers est réduit de 0,5 point. Le deuxième est son évolution : les sociétés ayant connu les plus fortes progressions sont celles qui étaient le moins détenues par des étrangers. Ce qui expliquerait pour 1,7 point de recul.

2- Les marchés américains plus séduisants

La bonne santé de l’économie américaine et la réforme fiscale mise en place par Donald Trump ont incité les investisseurs à miser sur Wall Street au détriment de l’Europe. Fin 2017, les États-Unis représentaient la moitié des grands indices boursiers mondiaux. Un record. Ainsi, la France n’est pas le seul pays à subir cette tendance. Selon les chiffres de Bank of America Merrill Lynch, les fonds investis sur la zone euro ont subi 27 semaines de sorties nettes de capitaux au cours des 28 dernières semaines. Résultat, la part des actionnaires américains dans le CAC 40 est en forte baisse. Entre 2012 et 2017, elle a diminué de 1,4 point alors que dans le même temps la zone euro a augmenté de 3,6 points.

3- Le retour des actionnaires individuels tricolores

Dans le même temps, les investisseurs français – individuels et institutionnels – ont montré une appétence plus forte pour les sociétés tricolores. En 2017, ces derniers ont acquis pour 19,4 milliards d’euros d’actions étiquetées CAC 40. Les incitations à réorienter une partie de l’assurance-vie vers les placements en actions via les unités de compte et les bonnes performances ont permis de réorienter l’épargne des Français. Une étude de l’Autorité des marchés financiers (AMF) indique que le nombre d’actionnaires individuels a augmenté de 22 % pour atteindre 3,67 millions en mars 2017. Il faut dire que le CAC 40 s’est envolé de près de 10 % en 2017. Et depuis le début de l’année, il a déjà progressé d’environ 4 %.

Pour autant, il n’y a pas de quoi se réjouir. Ces hausses s’inscrivent en effet dans une conjoncture économique favorable. Au niveau mondial, l’indice boursier parisien affiche ainsi une augmentation en dessous de la moyenne. Le S&P 500 américain a décollé de 19,9 % et le nikkei japonais de 19,1. Seul l’EuroStoxx 50 a fait moins bien avec 6,6 %. Plus inquiétant pour le marché français, sur l’ensemble des sociétés cotées, le taux de détention par les étrangers n’est que de 37 %, contre 63 % au Royaume-Uni, 55 % en Allemagne et 50 % en Espagne et en Italie.

Vincent Paes

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