PORTRAIT : Herve Pisani prend les rênes

Succédant il y a quelques mois à Elie Kleiman à la tête du bureau parisien de Freshfields, Hervé Pisani a commencé sa carrière comme fiscaliste. Quelques années plus tard, il fait évoluer sa pratique vers le M&A et les contentieux complexes. Portrait d’un de ceux qui comptent dans le barreau d’affaires français.

Succédant il y a quelques mois à Elie Kleiman à la tête du bureau parisien de Freshfields, Hervé Pisani a commencé sa carrière comme fiscaliste. Quelques années plus tard, il fait évoluer sa pratique vers le M&A et les contentieux complexes. Portrait d’un de ceux qui comptent dans le barreau d’affaires français.

« La retraite n’est pas une préoccupation immédiate », sourit Hervé Pisani.L’homme est devenu au printemps dernier le nouveau managing partner du bureau de Freshfields à Paris. En quelques mois, Hervé Pisani a déjà imprimé sa marque. « Je suis un adepte du changement et de l’interrogation perpétuelle. Il faut régulièrement adapter les organisations et les méthodes », explique-t-il. Il cite, en exemple, la célèbre réplique du film Le Guépard : « Il faut que tout change pour que rien ne change. » Dans ses nouvelles fonctions, l’une de ses premières actions a été de travailler pour assurer la collégialité des associés de Freshfields Paris. « Un cabinet d’avocats n’est pas une entreprise comme les autres », justifie Hervé Pisani. Selon lui, on ne peut le diriger qu’au consensus. Il a donc réfléchi à la meilleure manière de prendre des décisions collégiales en instituant, notamment, un « dîner des associés ». Hervé Pisani décrit cet événement comme « un moment convivial, qui permet de se voir en dehors des urgences toutes les six semaines ». En parallèle, il a souhaité créer des comités dédiés à des sujets spécifiques pour « déléguer », toujours dans l’esprit d’assurer un maximum de collégialité et de favoriser la collaboration au sein du cabinet. Mais cette méthode de travail résulte également d’une autre volonté : celle de pouvoir continuer à consacrer 70 % de son temps à son métier, celui d’avocat spécialisé notamment en M&A, mais pas seulement.

Un métier, deux pratiques

L’homme a développé, en complément, un certain goût pour le contentieux des affaires, notamment les contentieux complexes. Une double pratique dont Hervé Pisani n’aimerait pas se défaire, qu’il juge « très utile quand on conseille un client » et qu’il a su mettre à profit. De nombreuses et belles opérations ont jalonné la carrière de ce Marseillais d’origine. Citons, par exemple, la fusion de GDF et de Suez : « Une opération compliquée, longue, parsemée d’embûches avec des aléas politiques », se souvient Hervé Pisani. Ou encore, la bataille boursière entre Sacyr et Eiffage dans laquelle il s’est investi aux côtés de l’un de ses mentors, Jean-Michel Darrois. « C’est quelqu’un qui a marqué ma carrière », confie Hervé Pisani. Il a un instinct extraordinaire et la qualité du silence. J’ai appris avec lui que cela ne servait à rien de parler tout le temps en réunion. » Il évoque également un autre avocat, décédé, et dont il garde « un souvenir ému » : Thierry Vassogne. Tous les deux se sont rencontrés chez Gide où Hervé Pisani a fait ses armes. Encore aujourd’hui, il pense régulièrement à ces figures du barreau parisien afin de se confronter à leurs idées dans l’exercice de sa fonction et de son métier.

Un cavalier passionne

Le rythme quotidien d’Hervé Pisani varie significativement au gré des réunions avec les clients, des affaires internes du cabinet ou encore de l’avancée des opérations. « Je déteste la routine », lance-t-il bien qu’il admette avoir une habitude : celle de rendre visite tous les deux jours à son cheval en pension à l’étrier de Paris. Cavalier avéré, il monte tous les week-ends dès 7h du matin. Mais ce n’est pas là sa seule passion. Hervé Pisani est également ce que l’on appelle un avgeek, c’est-à-dire un passionné d’aviation. Son appareil préféré ? « L’A380 », répond-il sans hésiter. Jeune, il rêvait d’ailleurs de devenir pilote d’avion de chasse. « Mais je n’étais pas assez bon en mathématiques », regrette Hervé Pisani avant de nuancer : « J’ai donc fait un baccalauréat série B et j’ai découvert en classe terminale la philosophie du droit, une matière qui m’a séduite par son raisonnement et sa richesse. » De là, est née cette envie d’intégrer l’univers économico-juridique alors qu’il n’y « avait aucun avocat ou juriste dans ma famille. Je suis le premier », dit-il avec le sourire. Mais plutôt que de se limiter au droit des affaires « classique », Hervé Pisani s’est intéressé à une matière peu en vogue à l’époque : la fiscalité. Il y a été sensibilisé par Édouard Didier, un ancien associé de chez Gide qui était également son chargé de travaux dirigés à la fac. Un DESS de fiscalité de l’entreprise plus tard, il intègre Gide en 1989 où commence alors une carrière riche en succès, évolutions et belles opérations.

Mathieu Marcinkiewicz

 

Une carrière, trois cabinets

1989-2001  Gide

2001-2011 Darrois Villey Maillot Brochier

2012 à aujourd’hui Freshfields Bruckhaus Deringer

 

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