Pony Ma, l'omniprésent

Alors que les États-Unis se posent la question du démantèlement des géants de la tech, la Chine n’en prend pas le chemin. Dans ce pays, ces derniers deviennent de plus en plus puissants. Et leurs dirigeants de plus en plus riches. C’est le cas de Pony Ma.

Alors que les États-Unis se posent la question du démantèlement des géants de la tech, la Chine n’en prend pas le chemin. Dans ce pays, ces derniers deviennent de plus en plus puissants. Et leurs dirigeants de plus en plus riches. C’est le cas de Pony Ma.

L’état civil du pays le plus peuplé du monde l’identifie sous son nom officiel : Ma Huateng. Mais pour le monde entier, celui qui est désormais le 19e homme le plus riche du monde est connu sous son pseudonyme plus "international" : Pony Ma (en mandarin son nom signifie cheval).

De plagiaire à révolutionnaire

Comme beaucoup de piliers de la tech chinoise, Pony Ma commence sa carrière en copiant. L’ingénieur de formation, passé par China Motion Telecom, se fait la main en plagiant la messagerie ICQ qu’il lance en Chine sous le nom de QQ. Selon la légende, c’est d’ailleurs sur celle-ci qu’il rencontre Wan Dan Ting qui deviendra sa femme.

Puis il décide de structurer son entreprise qui prend le nom de Tencent en 1998. La croissance est rapide dans un pays en pleine révolution digitale. C’est donc logiquement que le groupe s’introduit à la Bourse de Hongkong en 2004. Et entre de plein pied dans le monde des disrupteurs en multipliant les innovations : système de paiement sur mobile (TenPay), plateforme de microblogging (Weibo), application de discussion en ligne (WeChat). En somme, l’entreprise est une fusion de Facebook, Whatsapp, Apple Pay et Spotify. Tous les produits sont connectés entre eux, ce qui permet au groupe désormais installé dans un siège futuriste à Shenzen d’être incontournable dans la vie des Chinois. Si les espèces sonnantes et trébuchantes sont de moins en moins utilisées dans le pays, c’est en partie grâce au travail mené par Pony Ma et ses équipes.

À la conquête du monde

Pour le moment, les produits conçus par Tencent restent globalement cantonnés à la Chine. La guerre commerciale ouverte par Donald Trump pourrait freiner le développement international du groupe. Mais, pour partir à la conquête du monde, Pony Ma développe d’autres stratégies. Il prend peu à peu des parts dans les grands groupes américains. En plus de posséder 5% de Tesla, il annonce en novembre 2017 acheter 12,5% des actions de Snapchat ou encore 40% de l’éditeur américain de jeux vidéo Epic Games.

Manager à poigne

Pour accélérer le dépôt de brevets et les innovations de rupture, Pony Ma recrute les meilleurs profils du pays. En interne, l’ambiance n’est, selon les témoignages, pas à la bienveillance. Les équipes sont mises en concurrence les unes avec les autres, rivalisent de travail et d’ingéniosité pour proposer leurs dernières trouvailles au « patron » qui n’hésite pas à faire transpirer son comité de direction en l’emmenant en trek dans le désert de Gobi. Idéal pour faire le tri entre les plus endurants… et les autres. Avec cette stratégie, Pony Ma amasse une fortune de 33 milliards d’euros, ce qui lui permet de talonner Jack Ma, emblématique fondateur d’Alibaba qui a quitté son poste.

Prince rouge

Désormais, WeChat compte 960 millions d’utilisateurs, soit 70% de la population chinoise. Une telle force de frappe entre les mains d’un seul groupe géré d’une main de fer par une seule personne pourrait potentiellement inquiéter le pouvoir. L’entrepreneur en est conscient. Aussi adopte-t-il une attitude plus « rouge que rouge ». Siégeant depuis 2013 à l’Assemblée nationale populaire de Chine, il est également vice-président d’une fédération de 300 acteurs du Web s’engageant à « soutenir les valeurs centrales du socialisme ». Idéologie ou opportunisme ? Impossible de le savoir. Une seule certitude : Tencent est soutenu par le régime, ce qui ouvre des perspectives de développement à Pony Ma.

Lucas Jakubowicz

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