Plan B, le discours de la méthode

Attendue lundi 21 janvier sur la présentation de son Plan B au Parlement, Theresa May s’est contentée de s’engager à revoir sa méthode de négociation et à reprendre les pourparlers avec Bruxelles dans le but d’obtenir une révision du « backstop ».

Attendue lundi 21 janvier sur la présentation de son Plan B au Parlement, Theresa May s’est contentée de s’engager à revoir sa méthode de négociation et à reprendre les pourparlers avec Bruxelles dans le but d’obtenir une révision du « backstop ».

Contrainte de réviser sa copie six jours après avoir vu son projet d’accord brutalement recalé par une majorité écrasante de députés (432 sur 634), Theresa May avait jusqu’au lundi 21 janvier pour présenter son Plan B à la Chambre des Communes. Dès le départ, l’exercice promettait de relever de la mission impossible pour la Première ministre qui, après avoir essuyé ce que le leader travailliste, Jeremy Corbyn, avait qualifié de « pire raclée parlementaire depuis quasi un siècle », s’était vue soumise à une motion de censure à laquelle elle avait survécu de justesse. Immédiatement après le vote, Theresa May avait annoncé vouloir entamer des discussions « constructives » avec l’ensemble des responsables de l’opposition dans l’objectif de parvenir à un consensus politique. Une main tendue que Jeremy Corbyn avait immédiatement repoussée tant que la Première ministre ne s’engagerait pas à écarter définitivement l’option redoutée par tous d’une sortie sans accord. Ce à quoi celle-ci s’est refusée, se faisant taxer d’« intransigeance » par des députés désormais déterminés à la court-circuiter en déposant des amendements à son nouveau projet d’accord.

 Promesse

Celui-ci se sera résumé à un relatif mea culpa sur la forme « l’approche du gouvernement doit changer et elle a changé », a ainsi déclaré la Première ministre en s’engageant à être à l’avenir plus à l’écoute du Parlement –, assorti d’une promesse. Celle de retourner à Bruxelles négocier l’épineuse question de la frontière irlandaise et notamment celle du « backstop », ce « filet de sécurité » qui, faute de mieux, entrera en vigueur au terme de la période de transition pour maintenir temporairement l’ensemble du Royaume-Uni dans l’union douanière européenne et éviter le retour d’une frontière physique entre Irlande du Nord et République d’Irlande après le Brexit. « Je vais continuer à m’entretenir avec mes collègues cette semaine, dont le DUP (parti unioniste démocrate nord-irlandais) sur la manière de faire évoluer le backstop qui pourrait avoir le plus large soutien au Parlement », déclarait-elle il y a quelques heures. Une promesse aussi vague que peu crédible, Bruxelles lui ayant déjà fait savoir que l’accord obtenu en novembre demeurait « le meilleur possible » et n’était pas re-négociable.

Caroline Castets

Vous avez apprécié cet article ? Likez Magazine Décideurs sur Facebook !

Stéphane Le Foll, le poil à gratter du PS

Stéphane Le Foll, le poil à gratter du PS

Lors de la primaire du PS, qui s’est volontairement déroulée en catimini, l’ancien ministre de François Hollande a réalisé un score plus qu’honorable...

Anne Méaux, la femme qui murmure à l'oreille des puissants

Anne Méaux, la femme qui murmure à l'oreille des puissants

Le plafond de verre ? Anne Méaux l’a crevé dès l’âge de 20 ans à une époque où les femmes influentes se comptaient pratiquement sur les doigts d’une m...

Enquête. Syndicats : où sont les femmes ?

Enquête. Syndicats : où sont les femmes ?

Les entreprises déploient de nombreux dispositifs afin de réduire les inégalités hommes-femmes. Pourtant, certains secteurs restent hermétiques à cett...

Comment les dirigeants politiques nous manipulent… avec des animaux !

Comment les dirigeants politiques nous manipulent… avec des animaux !

Quel est le point commun entre Emmanuel Macron, Kim Jong-un, Vladimir Poutine ou Joe Biden ? Tous utilisent une puissante technique de manipulation de...

LGBT, un vote convoité

LGBT, un vote convoité

Une gauche qui reste dominante mais déclinante, une droite classique à la peine. Et une extrême droite en pleine ascension qui surfe sur les agression...

30 milliards d’euros pour la France de 2030

30 milliards d’euros pour la France de 2030

Mardi 12 octobre, Emmanuel Macron présentait un programme de dix objectifs pour garantir à la France une croissance pérenne et gagner en souveraineté....

Les journalistes Dmitry Muratov et Maria Ressa remportent le prix Nobel de la paix

Les journalistes Dmitry Muratov et Maria Ressa remportent le prix Nobel de la paix

Ces deux défenseurs de la liberté d’expression succèdent au programme alimentaire mondial (PAM). Un sacre qui déjoue les pronostics.

Qui vote Éric Zemmour ? Ce que révèlent les sondages

Qui vote Éric Zemmour ? Ce que révèlent les sondages

Le presque candidat se rêve en représentant de la jeunesse et des catégories populaires. Pour le moment, son électorat est plutôt âgé, masculin et ais...

Lire plus d'actualités

Newsletter savoir pour agir

N'avancez plus à l'aveugle

Ne plus afficher ce message

Ce site utilise des cookies. En continuant la navigation, vous acceptez nos conditions d'utilisation des cookies.
Plus d'informations

J'accepte