Pinna Legal, nouvelle boutique d’arbitrage international et de contentieux

Pinna Legal, nouvelle boutique d’arbitrage international et de contentieux
Andrea Pinna

Chez Darrois Villey Maillot Brochier, Bredin Prat et Foley Hoag, Andrea Pinna s’est construit un savoir-faire pointu en arbitrage. Savoir-faire qui lui permet aujourd’hui de créer sa propre enseigne, Pinna Legal. Le cabinet est né pour accompagner entreprises et États dans leurs procédures d’arbitrage et de contentieux… y compris en Russie.

Internationaliste, Andrea Pinna l’est depuis toujours. Le contraire aurait été étonnant : l’avocat a grandi à Milan dans les années soixante-dix – les années de plomb –, s’est installé à Paris en 1989 et inscrit à la fac de droit d’Assas, où il a obtenu un DEA de droit privé général, puis s’est lancé dans une thèse avec l’idée de "voir comment le droit fonctionne ailleurs". En parallèle, il rejoint un projet européen de droit comparé et échange avec des juristes d’horizons différents. L’expérience lui donne envie de passer à la pratique. En 1999, le voilà qui débute comme consultant, quelques jours par semaine, chez Castaldi Mourre & Partners.

Droit de la défense

Sa rencontre avec Alexis Mourre lui permet de découvrir l’arbitrage. Sa thèse terminée, Andrea Pinna intègre Darrois Villey Maillot Brochier en 2007, Bredin Prat deux ans plus tard, De Gaulle Fleurance & Associés en 2013. À l’époque, le cabinet a quelques dossiers d’arbitrage, mais pas vraiment d’équipe pour s’y pencher. Andrea Pinna crée la pratique, "commence à voler un peu de [ses] propres ailes" et développe sa clientèle. Les mandats importants arrivent vite, surtout en arbitrage d’investissement. L’un d’eux est colossal : c’est le dossier Ioukos. "J'ai découvert un dossier avec des centaines de saisies, des cartons immenses de notifications reçues par le ministère russe des Affaires étrangères". Se noue peu à peu une relation de travail avec la Fédération de Russie. Foley Hoag le débauche en 2018. La firme souhaitait reconstituer la pratique arbitrage à Paris, il en prendra la tête. Puis, en début d’année, endosse le rôle de managing partner du bureau parisien.

"Entreprises et cabinets d’avocats annoncent couper les liens avec la Russie. Andrea Pinna, lui, ne veut pas abandonner ses clients"

La donne change le 24 février, avec l’invasion de l’Ukraine par Vladimir Poutine. Entreprises et cabinets d’avocats annoncent couper les liens avec la Russie. Foley Hoag adopte la même position. Andrea Pinna, lui, ne veut pas abandonner ses clients. "Ma pratique et le cabinet sont devenus incompatibles." La création de Pinna Legal était finalement "la seule façon de continuer une pratique commencée bien avant de rejoindre Foley". L’avocat y pensait déjà depuis longtemps, la conjoncture lui a fait sauter le pas. Gérer son propre cabinet lui apporte "la liberté dont [il] a besoin pour traiter [ses] dossiers". Elle lui permet aussi de continuer à faire ce qui lui importe le plus : défendre. Le droit de la défense est la priorité de l’avocat, qui n’est pas devenu pénaliste "car [il était] avant tout passionné par le droit international et le droit du commerce international".

Ses clients, dont la Fédération de Russie, ont suivi. Pinna Legal assiste États et entreprises françaises et étrangères dans les secteurs industriel, pétrolier, gazier, minier, militaire et spatial. Le cabinet propose trois types d’activité : l’arbitrage (commercial ou d’investissement), le contentieux post-arbitral (recours en annulation, exécution, questions d’immunité souveraine) et contentieux des affaires. Au sein du cabinet, quasi aucun dossier franco-français : tous ont un élément d’extranéité. Il assiste, par exemple, une grande société du CAC40 qui a des procédures judiciaires en cours pour des filiales dans plusieurs pays. Andrea Pinna s’est entouré de Raphaelle Haïk, "la plus grande spécialiste de procédure civile en France", selon lui, et fille de Pierre Haïk. Les deux avocats se connaissent depuis plus de vingt ans. Le duo va s’agrandir : "Pour l’arbitrage, il faut avoir une équipe, car les dossiers sont épais." Une troisième personne arrivera le 1er août, suivie d’une quatrième à la rentrée. D’ici à la fin de l’année, Andrea Pinna vise six à huit avocats au sein de la boutique. Ils auront de quoi faire : Pinna Legal est déjà bien sollicité, indique son fondateur.

Olivia Fuentes

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