Pierre Dréossi (Paris FC) : « Nous avons besoin d’équipes de haut niveau pour attirer des partenaires de haut niveau »

Petit bouleversement dans le monde du football avec une fusion entre Juvisy et Paris FC qui n’est pas passée inaperçue. Pierre Dréossi, manager général du Paris FC, revient sur les raisons de ce rapprochement.

Petit bouleversement dans le monde du football avec une fusion entre Juvisy et Paris FC qui n’est pas passée inaperçue. Pierre Dréossi, manager général du Paris FC, revient sur les raisons de ce rapprochement.

Décideurs. Quels ont été pour vous les enjeux d’un tel rapprochement entre le Paris FC et Juvisy ?

 

Pierre Dréossi. Je pense que l’enjeu est global. Nous avons pour ambition de créer un grand club parisien. Pour cela, nous avons besoin d’une équipe de haut niveau et de notoriété, à l’instar de Juvisy. En effet, il s’agit de l’un des meilleurs clubs français chez les féminines derrière le Paris Saint-Germain et l’Olympique Lyonnais, quatre fois champion de France, mais c’est avant tout un club du bassin parisien. Cela nous offre une avance au niveau du football féminin. Si on regarde les structures professionnelles, la majeure partie d’entre elles dispose d’une section féminine. On ne pouvait que s’associer malgré un modèle économique qui n’est pas encore viable contrairement au football masculin.

 

Selon vous, un grand club de football doit-il obligatoirement avoir une équipe féminine ?

 

Un grand club de foot peut très bien fonctionner sans une structure féminine. Nous voulions dans notre projet obtenir une base dans le sud de Paris et de haut niveau. Il était essentiel d’avoir une certaine attache afin de répondre à nos objectifs sur le long terme.

 

Qu’en est-il des infrastructures ?

 

L’important était d’avoir une présence forte dans le football de haut niveau et un solide ancrage régional, principalement dans l’Essonne. Deux points que réunit Juvisy. Toujours dans l’idée de constituer un club du Grand Paris et pas uniquement dans l’est de Paris comme le Paris Football Club.  

 

Cela va-t-il se traduire par une hausse de vos supporters ?

 

Je pense que les retombées ne vont pas se manifester tout de suite. À terme, nous comptons nous appuyer sur notre base dans l’est de Paris, avec Déjerine (stade situé à la Porte de Montreuil). Mais aussi nous implanter dans l’ouest de Paris, on avait évoqué le Racing mais rien n’est encore fait. Enfin, dans le sud de Paris avec une équipe locale. Tout cela afin de mailler l’ensemble du territoire parisien. 

 

Comment se sont déroulées les négociations ? Avez-vous été en présence de blocages ?

 

Non, je pense qu’il avait une volonté commune avec Juvisy, qui en tant que club amateur arrive au bout de son système et s’est rendu compte de l’intérêt de s’inscrire dans un projet plus global. Il a fallu également convaincre les politiques de la ville et de Paris pour leur faire comprendre l’opportunité d’un tel élargissement. Je dois dire que l’ensemble de ces négociations se sont déroulées dans un esprit d’ouverture. Ce qui n'est pas étonnant dans la mesure où on était dans un partenariat gagnant-gagnant.

 

La fusion s'opérera aussi au niveau organisationnel. Êtes-vous actuellement en mesure de dire que les emplois seront garantis ?

 

Cela est encore trop tôt pour l’affirmer. Il y aura obligatoirement une mutualisation. Cependant, étant donné que Juvisy est une équipe amateur et dispose de très peu de salariés, nous allons tenter de trouver une solution afin de préserver les emplois. L’objectif est d’allier nos forces sans en perdre. Et c’est là tout la difficulté dans ce genre d’opération. Il s’agit de faire en sorte que chacun apporte son savoir et sa compétence en préservant l’âme de Juvisy.

 

On sait que cette fusion revêt un fort enjeu marketing, est-ce que vous avez des pistes concernant le futur nom du club ? 

 

Oui, on a bien sûr des idées. Aujourd’hui, tout a été défini mais on ne peut pas encore communiquer dessus. Nous avons quelques obstacles juridiques à passer.

 

Ce projet va-t-il attirer de nouveaux investisseurs ou sponsors ?

 

Dans un premier temps, la réputation d’un club comme Juvisy est un atout pour aller chercher de gros investisseurs. En effet, nous avons besoin d’équipes de haut niveau pour amener des partenaires de haut niveau. Pour l’instant, le Paris FC est en National. Nous espérons qu’il sera le plus rapidement possible en Ligue 2, voire plus haut.

 

Pour le moment, nous devons faire face à une année de transition. C’est un long chemin qui a commencé il y a plus de six mois. Nous ne sommes pas encore prêts. La saison prochaine va nous permettre de consolider les bases de cette nouvelle organisation. Une fois que l’ensemble du projet sera communiqué, expliqué et partagé, je pense qu’il sera plus facile d’attirer les investisseurs. Pour l’heure, il nous reste encore du travail.

« Avant tout, on veut donner des infrastructures à ce club, qui n’est aujourd’hui chez lui nulle part et qui doit à un moment prendre racine »

 

 

On a vu avec l’échec de la fusion entre le Stade français et le Racing Métro 92 que la communication était importante ? Comment gérez-vous cela avec vos supporters ?

 

Ce sont, selon moi, deux opérations différentes. Il s’agit deux équipes du TOP 14. Quant à nous, on s’allie avec une équipe féminine. Il n’y a pas de similitudes.

 

C’est donc dans le sens de continuité que vous communiquez aux joueurs pour les rassurer ?

 

Oui, mais je ne sais pas s’il s’agit de les « rassurer ». En tout cas, il était important que les joueurs restent au sein de leur « foyer ». De notre côté, on va s’atteler à continuer le double projet qui est un élément déterminant de la philosophie des deux clubs. En effet, Paris FC dispose d’une académie très performante dans la formation des jeunes. Avec Juvisy, nous comptons être une grande équipe de Paris avec des ambitions naissantes aussi bien chez les garçons que les filles. 

 

Quels sont vos objectifs pour le long terme ?

 

Nous allons tout d’abord chercher à pérenniser le club. D’un point de vue sportif, l’objectif sera de monter, bien entendu, et le plus vite possible. Avant tout, on veut donner des infrastructures à ce club, qui n’est aujourd’hui chez lui nulle part et qui doit à un moment prendre racine. C’est très important pour une structure qui a déjà cinquante ans.

 

Existe-t-il des investissements dans ce sens en termes d’infrastructures ?

 

Il y a un projet en cours. Mais encore une fois, nous ne pouvons pas encore communiquer dessus. Le plus important, avant le stade, c’est un lieu d’entraînement qui permette au Paris FC de s’installer. La section professionnelle s’entraîne à Choisy-le-Roi, tandis que l’académie travaille au stade Déjerine qui devrait être bientôt en travaux. On en a besoin si on veut créer notre centre de formation, base de notre projet compte tenu du potentiel du vivier parisien, de trouver des solutions adéquates. En tout cas, nous allons chercher à nous élargir.

 

« Nous voulons mettre au point un vrai club parisien, basé sur la formation »

 

Sur ces sujets-là, travaillez-vous avec les collectivités locales ?

 

Oui, j’espère d’ailleurs que les choses vont se finaliser rapidement.   

 

Vous parliez justement du potentiel du bassin parisien. Pensez-vous qu’en termes de supporters, ce bassin peut supporter deux grands clubs ?

 

À mon avis, il peut supporter même plus de deux grandes équipes. Mais avant de parler de cela, il faut avant tout créer un club mais de façon différente. Nous voulons mettre au point un vrai club parisien, basé sur la formation 

 

Propos recueillis par Vincent Paes et Gatien Pierre-Charles 

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