Familial et international, le groupe Castel a su allier la gestion des marques, du savoir-faire industriel et de la grande distribution pour devenir le numéro trois mondial des vins. La famille représente aujourd’hui une fortune estimée à 12,5 milliards d’euros, la positionnant ainsi au huitième rang des milliardaires français.

Une success story entre la France et l’Afrique

Pierre Jesus Sebastian Castel est le fils de parents immigrés espagnols ayant quitté leur pays au début de la Première Guerre mondiale pour s’installer dans la région de Bordeaux. Il évolue dès son plus jeune âge dans le monde de la vigne où son père travaille comme ouvrier agricole au château Roc de Cambes.

L’aventure de la famille Castel commence en 1949 lorsque les neuf frères et sœurs créent une entreprise de négoce de vin en vrac.

La bonne idée à l’origine de la fortune familiale, c’est la création d’unités d’embouteillage. L’entreprise s’étend dans les années soixante par croissance externe avec le rachat de vignobles, de sociétés régionales puis nationales. Cette expansion permet notamment au groupe de devenir propriétaire en 1988 de Nicolas, la plus grande chaîne de cavistes spécialistes du vin avec ses quelque 550 enseignes en Europe. Castel n’en reste pas là et rachète, en 1992, son principal concurrent, la Société des vins de France, propriété du groupe Pernod Ricard.

Très vite, le groupe Castel, et déploie son activité sur les cinq continents. La terre de prédilection de Pierre Castel restera cependant l’Afrique, qui marque le tournant dans l’histoire de la société. Selon la légende, 1967, sa rencontre avec Albert Bernard Bongo, qui va devenir l’un de ses amis les plus proches sur le continent, lui aurait permis de prendre contact avec des chefs d’État africains. Grâce à la confiance que ces derniers lui accordent, l’entreprise s’impose sur le marché local, puis à l’échelle nationale. Le rachat, en 1990, des Brasseries et Glacières Internationales positionne le groupe Castel comme un acteur majeur dans le secteur de la bière et des boissons gazeuses. La société y possède désormais plusieurs dizaines de brasseries et un partenariat avec le numéro deux mondial SABMiller.

Après l’acquisition dès 1973 d’une trentaine de sources et de marques parmi les plus connues en France telle que Cristaline, Pierre Castel revend, en 2008, l’activité pour 860 millions d’euros. Souhaitant se recentrer sur son core business, Castel cède sa participation, évaluée à 60 % dans Cristaline à son associé Pierre Papillaud ainsi qu’au groupe pharmaceutique japonais Otsuka.

Un avenir prometteur

Le chef de famille âgé aujourd’hui de 92 ans, résident suisse depuis 1981, garde toujours une main – de fer - sur le groupe Castel. Ce géant du vin, non coté en Bourse, reste mystérieux sur sa succession et fait simplement savoir « que tout est organisé ».

Défenseur de la consommation mass-market de vin, le groupe a de multiples projets, allant de la production d’huile d’olive au Maroc, en passant par le développement de l’activité en Arménie, jusqu’à la conquête du marché russe et chinois.

En 2016, le groupe Castel procède au plus important investissement de son histoire dépassant les 100 millions d’euro, avec l’achat d’un terrain de 18,5 hectares à Blanquefort en Gironde, qui va accueillir son nouveau siège ainsi que de la plus grande usine d’embouteillage au monde. Ce nouveau bâtiment va faire passer la capacité de production de l’entreprise de 800 à 1,3 million d’hectolitres.Organisés, discrets, visionnaires, l’avenir est en marche du coté des Castel.

Tiphanie Cliche

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