Pierre Callède (avocat associé et président de Vaughan Avocats) : « Start-up en Afrique : la vision continentale »

Au delà de la multiplication d’entreprises innovantes à travers le continent africain, il apparaît que les plus grands succès viendront
de ces nouveaux entrepreneurs capables de se développer sur les marchés internationaux. Cette vision continentale implique
la capacité de construire un réseau de distribution, de financer et de bâtir des partenariats sur une zone (sub)continentale.
C’est ce défi qu’adresse aujourd’hui Vaughan Avocats, et ses partenaires en Afrique.

Au delà de la multiplication d’entreprises innovantes à travers le continent africain, il apparaît que les plus grands succès viendront de ces nouveaux entrepreneurs capables de se développer sur les marchés internationaux. Cette vision continentale implique la capacité de construire un réseau de distribution, de financer et de bâtir des partenariats sur une zone (sub)continentale. C’est ce défi qu’adresse aujourd’hui Vaughan Avocats, et ses partenaires en Afrique.

La montée en puissance de la nouvelle génération d’entrepreneurs africains s’accélère avec la nécessité pour eux de se déployer rapidement à travers le continent et au-delà. Le droit des affaires peut fournir un puissant outil de sécurisation et d’accélération de cette croissance.

Le succès d’un projet innovant (qu’il s’agisse d’un produit technologique ou d’un service nouveau) est en Afrique plus qu’ailleurs un processus complexe requérant de l’entrepreneur des qualités personnelles de vision, détermination, discipline et confiance. La structuration rapide du projet dans son pays d’origine puis son développement international ou continental sont autant de facteurs clefs de succès auxquels les juristes devront contribuer. Cela est d’autant plus pertinent que nous observons dans la zone un temps souvent (trop) long entre l’idée initiale puis la maturation du projet innovant et la création de la structure juridique destinée à lui servir de véhicule.

Ceci peut s’expliquer par différents facteurs tels que la culture locale des affaires, la difficulté d’accéder au financement et la perception que la simple création d’une société est une opération à la fois complexe et coûteuse.

Ainsi, nous avons constaté lors du concours de start-up « Get in The Ring » que des projets innovants souvent assez élaborés, disposant de premiers clients et partenaires potentiels n’avaient pas encore franchi le pas de se constituer en société. Les entrepreneurs se privent ainsi de la possibilité de concrétiser et monétiser une innovation répondant à un véritable besoin du marché.

Sécuriser la croissance par des outils juridiques et numériques

Nous voulons contribuer à lever ces freins au développement en facilitant le choix et l’accès à la structure et aux moyens juridiques appropriés et en accélérant leur mise en place. Le droit des affaires dans la zone OHADA par exemple, offre ainsi une boîte à outils juridiques complète qu’il faut apprendre à mettre au service des entrepreneurs de l’innovation en Afrique.

Pour répondre rapidement aux besoins immenses de toute la nouvelle génération d’entrepreneurs africains, il convient de déployer des outils structurants qui combinent à la fois expertise juridique locale et outils numériques (plate-forme de services, Legaltech, etc…).

Notre cabinet s’est fixé comme ambition d’y contribuer avec ses partenaires juridiques et technologiques en développant l’accès du plus grand nombre d’entrepreneurs au diagnostic gratuit1 en temps réel de leur situation et de leurs actifs (capital humain, gouvernance, actifs incorporels, stratégie internationale…) afin de leur permettre de faire rapidement les choix opérationnels les plus pertinents et de prendre les bonnes options.

Ces outils numériques permettent de mettre en œuvre rapidement les structures et documents juridiques nécessaires au déploiement et au financement du business plan, à la constitution de l’équipe opérationnelle, et à la conquête des premiers clients. Ensuite, une fois la structure juridique établie dans son pays d’origine et les actifs nécessaires à son succès sécurisés (capital humain, technologie,clients…), il sera temps d’envisager un déploiement rapide sur les marchés de la zone continentale.

Bien que les marchés nationaux africains ont chacun leurs spécificités et leurs barrières à l’entrée pour les nouveaux acteurs, il existe de puissants facteurs justifiant une vision régionale ou continentale de la croissance. Ainsi, les institutions régionales telles l’UMOA2 et l’OHADA3 offrent un cadre monétaire et juridique favorable au développement simultané d’une entreprise innovante sur plusieurs marchés de l’Afrique de l’Ouest et au-delà ayant souvent des besoins similaires.

Accélérer la croissance de façon collaborative

L’entrepreneur africain qui souhaite rapidement préempter un marché ou une technologie émergente doit donc créer des partenariats dans plusieurs pays pour sécuriser son avance et atteindre plus rapidement la taille critique. Une démarche collaborative avec les entrepreneurs des pays cibles est la meilleure approche pour bâtir de façon durable cette croissance.

Cette démarche collaborative de type « chasser en meute » permet de multiplier les chances d’accès au marché en réduisant les coûts. En mutualisant les ressources, les moyens, les contacts, les expériences, les porteurs de projet augmentent sensiblement leurs chances de succès. Ce qui vrai sur le marché d’origine, l’est encore plus quand il s’agit de franchir les frontières et il faut savoir jouer collectif.

Dans cette optique, nous lançons avec plusieurs partenaires4 une offre ayant pour objectif de fournir à chaque porteur de projet africain les moyens de son développement sur le continent. Notre approche consiste, dans un premier temps, à réaliser des diagnostics en ligne gratuits pour identifier les besoins et les envies de développement international. Puis, nous mettons en place des camps d’accélération « Africa Business Camps ». Ils ont pour mission de faire travailler ensemble des entrepreneurs africains (et français) avec les mêmes ambitions de territoire et d’identifier dans ces pays cibles des entreprises partenaires qui pourront être les piliers de leur accès à ce marché. L’expérience démontre que ce travail collaboratif de développement international est un puissant vecteur d’accélération.

Les partenariats avec de grands groupes sont autant de facteurs d’accélération du dé- ploiement de l’innovation sur le continent qu’il faut également mettre en œuvre.

Le développement des start-up africaines passe donc par des outils juridiques, numériques et business leur permettant de sécuriser et accélérer à travers le continent le déploiement de leurs projets innovants.

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