Pétrole : au pays de l'or, l'incertitude reste reine

L'or noir a retrouvé des couleurs. La remontée récente des cours de l'hydrocarbure, en stagnation depuis près de deux ans, laisse entrevoir aux majors du pétrole un horizon plus dégagé.

L'or noir a retrouvé des couleurs. La remontée récente des cours de l'hydrocarbure, en stagnation depuis près de deux ans, laisse entrevoir aux majors du pétrole un horizon plus dégagé.

Après avoir atteint un point bas à 30 dollars début 2016, le Brent est reparti à la hausse à l'hiver 2017 pour se stabiliser autour de 60 dollars, avec un pic au dessus des 70 dollars en mars 2018.

 

Une production mondiale sous contrôle

Cette hausse des cours tient à l'agrégation de plusieurs facteurs, au premier rang desquels l'accord de réduction des quotas mis en place en 2016 par l'Opep et ses partenaires, dont la Russie, et prolongé fin 2017. Dans le prolongement de ce système de quotas, instauré pour soutenir les cours, Moscou et Riyad seraient même sur le point de signer un accord de long terme. Cette alliance des plus improbables aurait pour but de mieux contrôler l'offre mondiale de pétrole et ainsi de limiter le risque d'un nouveau contre-choc pétrolier. Le contexte géopolitique houleux au Moyen-Orient, en particulier le regain des tensions avec l'Iran, ainsi que les velléités de protectionnisme outre-Atlantique viennent également nourrir cette tendance haussière.

 

Le schiste américain : régulateur des cours

Cependant, et malgré ce regain de dynamisme inespéré il y a encore un an, le contexte, notamment du côté des USA, incite à la prudence quant au maintien des cours. En 2018, la production américaine de pétrole de schiste a dépassé les 10 millions de barils par jour, dépassant ainsi l'Arabie saoudite. En fin d'année, elle devrait même dépasser les 11 millions, propulsant l'oncle Sam au rang de premier producteur mondial devant la Russie, et agissant dès lors comme un véritable régulateur des cours, de par sa grande souplesse.

 

Les pétroliers restent prudents

Face à ces incertitudes et malgré la remontée du cours, les pétroliers, qui ont pour la plupart restauré leurs profits en 2017, font montre d'une grande prudence et maintiennent leurs plans de réduction des coûts engagés il y a maintenant deux ans. Patrick Pouyanné, P-DG de Total, rappelle que la « volatilité » règne toujours sur ce marché, alors que les analystes d'ING allaient jusqu'à affirmer, en janvier dernier, que « les fondamentaux du marché restent baissiers ».  Globalement, les établissements anticipent en moyenne un brent à 58,98 dollars en 2018 et à 61,44 dollars en 2019, selon le consensus de Bloomberg. Quant à la demande mondiale de pétrole, celle-ci devrait continuer de croître jusqu'en 2023, selon les prévisions de l'Agence internationale de l'énergie, portée par la reprise de l'industrie pétrochimique américaine et les besoins énergétiques chinois.

 

Boris Beltran

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