Pauline Sauvage (Back Market) : "La solution qui fonctionne aujourd’hui ne sera déjà plus adaptée demain"

Pauline Sauvage (Back Market) : "La solution qui fonctionne aujourd’hui ne sera déjà plus adaptée demain"

Chief Financial Officer de Back Market de 2018 à 2020, puis financial advisor, Pauline Sauvage a su faire avancer son groupe lors de cette année 2020 si particulière. Elle revient sur une année de croissance mais aussi sur l’importante levée de fonds réalisée en mai dernier et sa relation avec son nouveau partenaire, Goldman Sachs.

Décideurs. Dans quel contexte la levée de fonds effectuée en mai 2020 s’est-elle inscrite pour Back Market ? 

Pauline Sauvage. Cette crise nous a apportés de nouvelles opportunités, nous en sommes sortis grandis et plus résilients. Les challenges aident à progresser. Après le choc du premier confinement, beaucoup de fournisseurs, dont notamment les usines chargées de reconditionner les produits, n’ont pas pu poursuivre leur activité. Cette période aura été un grand défi pour nous afin d’éviter les rayons vides. Cependant les besoins engendrés par la situation sanitaire – les entreprises équipaient leurs employés, même chez Back Market – ont généré de nombreuses connexions sur le site en ligne. 

Back Marcket est une société exceptionnelle, qui grandit et avance tous les jours. La dernière levée de fonds en témoigne. Malgré la crise, 2020 a été une excellente année, le travail n’a pas manqué et ce tour de table de 110 millions d’euros, réalisé avec Goldman Sachs, marque le franchissement d’une étape. Il concrétise plusieurs mois de travail. 

Que vous a apporté Goldman Sachs en qualité de nouveau partenaire ? 

Ce partenariat a deux dimensions : l’expertise et la mise en relation. Goldman Sachs possède tous les métiers en interne, nous disposons donc d’experts sur tous les sujets et à un très haut niveau de compétences. Ils répondent à des questions nouvelles notamment en matière de change ou de gestion du cash. Ils nous apportent également un réseau international de clients et connaissent toujours un interlocuteur qui voudrait échanger sur une opportunité. 

De notre côté, nous ne voulons pas décevoir les investisseurs, et ce, d’autant plus qu’il s’agit d’un nom prestigieux. Cela vous tire vers le haut. De plus, un membre de Goldman Sachs est désormais présent au board, impliquant une gouvernance en anglais. Cela nous assure un "tampon de crédibilité" à l’international. Ce nouveau partenariat devrait notamment nous permettre de poursuivre notre stratégie d’expansion internationale, notamment en Asie. 

Ce nouveau tour de table implique-t-il une croissance renforcée à l’avenir pour Back Market ?

Nous ne réfléchissons pas à la solution qui fonctionne aujourd’hui car celle-ci ne sera déjà plus adaptée demain. Le temps de la mettre en place, la situation aura déjà changé pour nous chez Back Market du fait de notre forte croissance. Il est possible d’envisager un développement sans augmenter les effectifs mais dans une optique d’internationalisation et dans la logique de services, il faut des équipes. Nous avons donc quintuplé en deux ans le nombre de collaborateurs, ce qui implique des changements et la nécessité d’une vision à long terme. 

Il en va de même des aspects financiers. Nous partons sur un "Minimum Viable Project", prévoyant d’atteindre au moins 80 % d’un objectif donné, tout en continuant à chercher à aller toujours plus loin. Ce sont les 20 derniers pourcentages qui constituent le cœur de notre travail, les plus durs à atteindre mais aussi les plus gratifiants. Nous continuons de grandir, et c’est le défi, tout en gardant cet ADN et nos valeurs malgré notre croissance.

Quel est le rôle du Chief Financial Officer au sein d’une entreprise en pleine croissance ? 

En tant que financier, mon rôle est de toujours envisager les risques, d’avoir un œil sur le cash, sans pour autant empêcher ou freiner le business. Il m’a fallu créer une équipe cohérente qui a gardé sa substance, c’est aussi un des défis non négligeables du CFO. La finance est le support du business, et l’équipe doit être soudée. Désormais il y a une vraie cohésion ainsi qu’une véritable expertise, tant sur le plan comptable reporting classique que sur l’aspect juridique qui englobe notamment la partie paiements.

Propos recueillis par David Glaser

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